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Les fruits et légumes, pas une panacée

legumes-fruits
Radio-Canada

Une étude publiée par le National Cancer Institute conclut que le lien entre la consommation de fruits et de légumes et la prévention du cancer est très faible.

Une nouvelle étude publiée sur le site Internet du journal du National Cancer Institute conclut que le lien entre la consommation de fruits et de légumes et la prévention du cancer n'est que très faible, et ce, dans le meilleur des cas.

Des chercheurs de l'école de médecine Mount Sinaï de New York se sont penchés sur les données de l'étude EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition). Cette étude a été menée sur 478 000 personnes de 10 pays européens de 1992 à 2000. 30 000 des personnes suivies dans le cadre de l'EPIC ont développé un cancer.

Depuis 1990, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) soutient que la consommation quotidienne de 5 portions de fruits et légumes aide à prévenir le cancer. La plus récente mouture du Guide alimentaire canadien préconise même 7 à 10 portions.

Selon les chercheurs, le risque de contracter un cancer est en fait réduit d'environ 3 % pour chaque augmentation de 200 grammes de la quantité de fruits et légumes consommés par jour, ce qui équivaut à 2 portions supplémentaires. Une plus grande consommation de légumes seulement réduit le risque de cancer de 2 %, mais seulement chez les femmes.

Le bénéfice d'une absorption accrue de fruits et légumes est surtout notable chez ceux qui consomment beaucoup d'alcool, mais seulement pour les cancers reliés à la consommation d'alcool ou au tabagisme, comme ceux du poumon, de la gorge, de la bouche ou de l'oesophage.

Les chercheurs insistent néanmoins sur le fait que la consommation de fruits et légumes demeure bonne pour la santé, et qu'il n'y a pas lieu de modifier les recommandations d'en consommer.

Les auteurs de l'étude ont pris en compte d'autres facteurs essentiels du mode de vie des personnes ayant participé à l'étude, comme le tabagisme, la consommation d'alcool, l'obésité et la propension à faire de l'activité physique.

Selon les chercheurs, il est possible que la faible réduction du risque de contracter un cancer chez les gens qui consomment plus de fruits et légumes soit attribuable à un mode de vie plus sain de manière générale.

Dans un éditorial qui accompagne l'étude, le professeur Walter Willet de l'Université Harvard soutient que cette recherche tend à démontrer que « tout lien entre la consommation de fruits et légumes et la prévention du cancer est faible, dans le meilleur des cas ».

Il soutient que de futures recherches devraient plutôt se concentrer sur les bienfaits de certains aliments en particulier. Par exemple, des preuves scientifiques montrent déjà que le lycopène, présent dans les tomates, aide à prévenir entre autres le cancer de la prostate.

Le professeur Willet ajoute qu'une bonne consommation de fruits et légumes diminue les risques de maladies cardiovasculaires, sans compter le bénéfice, aussi faible soit-il, en matière de prévention du cancer.

Avec les informations de Agence France-Presse, BBC, et The Guardian