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Vidéo embarrassante pour l'armée américaine

Extrait de la vidéo diffusée sur WikiLeaks.com

Extrait de la vidéo diffusée sur WikiLeaks.com

Photo : La Presse canadienne / WikiLeaks

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le site Internet WikiLeaks, spécialisé dans la divulgation d'informations, a diffusé lundi soir une vidéo montrant une opération de l'armée américaine dans laquelle une douzaine de personnes, dont deux employés de l'agence de presse Reuters, ont été tuées à Bagdad le 12 juillet 2007.

La vidéo, d'une durée de 17 minutes, permet de vivre la scène depuis l'hélicoptère Apache qui a ouvert le feu sur le groupe de personnes, identifiées comme étant des insurgés, qui pourtant ne montrent aucun signe d'agressivité. On peut également entendre la bande sonore des conversations entre les militaires et leur base.

WikiLeaks dit avoir obtenu une version encodée de cette vidéo grâce à des dénonciateurs de l'armée américaine. Le site indique l'avoir décodée et avoir mené sa propre enquête avant de la diffuser sur le site Internet collateralmurder.com en deux versions, de 17 et 39 minutes.

La vidéo, jugée authentique par une source militaire de Reuters, débute alors que l'hélicoptère survole une rue de Bagdad. On y voit un groupe d'hommes, dont deux sont clairement identifiés en surimpression : le photographe Namir Noor-Eldeen, 22 ans, et son assistant, Saeed Chmagh.

L'équipage annonce avoir repéré une vingtaine d'hommes, dont « cinq ou six » qui portent des AK-47. Les deux employés de Reuters, caméras en bandoulière, sont notamment considérés comme armés. D'autres hommes portent bel et bien des armes, cependant.

Les militaires demandent la permission d'ouvrir le feu, permission qu'ils obtiennent rapidement. Un groupe de neuf personnes est alors pris pour cible. La vidéo montre Namir Noor-Elden qui tente de s'enfuir avant de tomber sous les balles. Plus loin, l'autre employé de Reuters est vu en train d'agoniser après s'être effondré.

La vidéo montre ensuite celui qu'elle identifie comme étant Saeed Chmagh, qui rampe avec difficulté au sol. Pendant qu'il se trouve dans le viseur de l'armée, on entend alors un des militaires déclarer : « Allez! Tout ce que tu as à faire, c'est de ramasser une arme », en laissant entendre qu'il le tuerait sur le champ le cas échéant.

Une fourgonnette arrive ensuite sur les lieux et les occupants tentent de porter secours à Saeed Chmagh. L'équipage, disant que les Irakiens vont récupérer les corps et des armes, pourtant invisibles sur la vidéo, demande alors la permission d'ouvrir le feu une fois de plus et se montre impatient en attendant la réponse de la tour de contrôle.

La permission est finalement accordée, ce qui donne lieu à une nouvelle fusillade. La fourgonnette est alors prise pour cible et reçoit un feu nourri. WikiLeaks affirme que les deux enfants qui ont été officiellement blessés dans cette affaire se trouvaient sur la banquette avant du véhicule.

La vidéo montre ensuite des militaires américains qui arrivent sur les lieux et qui transportent les enfants blessés. L'un d'eux affirme que l'enfant qu'il transporte sera envoyé dans un hôpital militaire américain. On l'informe ensuite que les enfants doivent plutôt être laissés dans un hôpital irakien.

« C'est leur faute s'ils amènent leurs enfants sur le champ de bataille », commente un des membres de l'équipage.

Un porte-parole de l'armée américaine, le major Shawn Turner, soutient qu'une enquête menée après la fusillade a révélé que les militaires croyaient faire feu sur des insurgés et ne savaient pas que des membres de la presse se trouvaient parmi eux. Il confirme notamment qu'une caméra a été considérée par erreur comme un lance-roquettes.

Le rédacteur en chef de Reuters, David Schlesinger, soutient que la vidéo constitue « une preuve tangible des dangers du journalisme de guerre et des tragédies qui peuvent en résulter ».

Reuters avait déjà demandé à l'armée d'ouvrir une enquête sur les circonstances de la mort de ses employés. Elle dit que l'armée américaine lui avait déjà présenté deux vidéos et des photographies de la scène le 25 juillet 2007.

WikiLeaks soutient que l'armée a déjà fait savoir que les agissements des militaires respectaient les règles d'engagement. Un porte-parole du site Internet rétorque que si cela est bel et bien le cas, ces règles devraient tout simplement être changées.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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