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Le pays reprend possession de ses bases militaires

Des militaires français participent à la parade du cinquantenaire de l'indépendance du Sénégal, le 4 avril 2010.

Des militaires français participent à la parade du cinquantenaire de l'indépendance du Sénégal.

Photo : AFP / SEYLLOU

Radio-Canada

Il y a 50 ans, aujourd'hui, le Sénégal obtenait son indépendance. Pour l'occasion, le pays se réapproprie les bases militaires françaises à Dakar, tandis qu'une statue construite au coût de 31 M$ continue de semer la controverse.

Le Sénégal profite des célébrations du 50e anniversaire de son indépendance, dimanche, pour se réapproprier officiellement les bases militaires françaises, toujours présentes dans le pays.

Le président Abdoulaye Wade en a fait l'annonce lors d'un discours à la nation, samedi. Selon lui, le fait de conserver ces installations « a paru de plus en plus incongru et a été souvent ressenti comme une indépendance inachevée », après 350 ans de présence française.

Le président Abdoulaye Wade assiste aux célébrations du cinquantenaire de l'indépendance du Sénégal, le 4 avril 2010.

Le président Abdoulaye Wade assiste aux célébrations du cinquantenaire de l'indépendance du Sénégal, le 4 avril.

Photo : AFP / AP Photo/Rebecca Blackwell

« Je déclare solennellement que le Sénégal reprend à partir de ce jour, 4 avril, toutes les bases détenues par la France et entend y exercer sa souveraineté », a dit Wade.

Cette déclaration est plus symbolique que coercitive, puisque les deux capitales s'étaient déjà entendues en février pour fermer ces installations.

Le président français Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention de retirer 900 de ses 1200 militaires à Dakar, mais il n'avait avancé aucune date. Certains analystes se demandent si les propos de Wade pourraient bousculer les choses.

Selon le ministère français de la Défense, les discussions se poursuivent avec le Sénégal. L'Hexagone souhaiterait créer un « pôle de coopération militaire à vocation régionale », selon l'AFP.

Des militaires sénégalais, accompagnés d'un contingent français, ont défilé dans la capitale dimanche, dans la cadre des célébrations. Selon l'AFP, la foule n'a manifesté aucun sentiment particulier lors du passage des troupes françaises.

Toutefois, plusieurs Sénégalais questionnés par l'AFP ont exprimé leur volonté de voir partir les soldats français. « Maintenant que nous sommes indépendants, ils doivent s'en aller. S'ils restent, c'est comme si nous étions toujours colonisés », a notamment affirmé Ass Mbow, un agent de sécurité d'une vingtaine d'années.

Statue controversée

Le constroversé monument de la Renaissance africaine

Le constroversé monument de la Renaissance africaine

Photo : AFP / SEYLLOU

Le président Wade a donné le coup d'envoi aux célébrations samedi, en inaugurant le controversé monument de la Renaissance africaine, à Ouakam. Une vingtaine de chefs d'État africains étaient présents.

Pendant ce temps, un millier d'opposants au régime ont manifesté pour dénoncer le coût exorbitant de cette structure de bronze, plus haute que la statue de la Liberté à New York, et pour demander la démission du président.

Le mastodonte, qui s'élève sur une colline dominant Dakar, a coûté l'équivalent de 31 millions de dollars canadiens à l'État, alors que la moitié de la population du pays vit sous le seuil de la pauvreté.

L'oeuvre, censée symboliser l'émergence du continent africain après cinq siècles d'esclavage et de colonisation, a été commandée par le président à des artistes nord-coréens.

Wade a alimenté la controverse en exigeant que le tiers des revenus attendus du monument, qui comprend notamment un restaurant, lui soient versés personnellement, à titre de concepteur de l'oeuvre.

Des opposants critiquent le gouvernement en place.

Photo : AFP / Seyllou

Il s'est aussi attiré les foudres lorsqu'il a révélé que la statue n'avait pas été payée en argent, mais en terrains cédés par l'État, dont la valeur réelle est évaluée par l'opposition à trois fois son prix.

Certains Sénéglais, plus virulents, vont même jusqu'à avancer que l'oeuvre, montrant un homme qui porte son fils sur son biceps et tient sa femme par la taille, est en fait une représentation du président, de son épouse et de leur fils Karim, qui rêve de succéder à son père.

La statue a aussi été vivement critiquée par les imams sénégalais, qui considère ce mastodonte comme un symbole d'idolâtrie.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Le Parisien