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Le CA se défend d'être à l'origine de la crise

Le site web de Droits et démocratie
Radio-Canada

Les membres du conseil d'administration de Droits et démocratie, qui témoignent devant un comité parlementaire, rejettent toute responsabilité dans la crise interne que traverse l'organisme.

Les membres du conseil d'administration de Droits et démocratie rejettent toute responsabilité dans la crise interne que traverse l'organisme. Ils témoignaient, jeudi, devant le comité parlementaire des Affaires étrangères.

Depuis plusieurs mois, l'organisme est aux prises avec une crise de confiance qui oppose le conseil d'administration au personnel et aux dirigeants. Les membres du CA ne le nient pas, mais renvoient la balle à leurs opposants.

Nous avons découvert les problèmes. Nous ne les avons pas créés.

Aurel Braun, le président du conseil d'administration

Aurel Braun a dit avoir trouvé à son arrivée à la tête du conseil d'administration un organisme imprégné d'une « culture de dogmatisme » et qui rejetait « la reddition de comptes et la transparence ».

Il a également déploré qu'une trop grande part du budget annuel de 11 millions de dollars de l'organisme ait été consacrée à ce qu'il a décrit comme des « organisations qui servent de façade à des groupes terroristes ».

Les membres du CA, qui ont été nommés par les conservateurs, ont par ailleurs nié que leurs actions étaient dirigées par le bureau du premier ministre. « Les allégations suggérant que nous avons reçu des directives pour changer les orientations de Droits et démocratie [...] sont fausses », a affirmé le vice-président du CA, Jacques Gauthier.

Interrogé par les députés, il a par ailleurs admis avoir accordé, sans soumission, des contrats de plus de 10 000 $ durant son intérim à la présidence. Il a temporairement dirigé l'organisme après la mort subite de Rémy Beauregard, en janvier dernier.

Leurs témoignages contredisent ceux entendus par le comité parlementaire plus tôt cette semaine. Trois anciens cadres congédiés récemment ont pour leur part dénoncé un climat « malsain » et « kafkaïen ». Un dirigeant syndical a également indiqué que M. Gauthier avait affirmé que l'organisme pourrait fermer si les critiques ne cessaient pas.

Une de ses collègues a ajouté que la situation était telle que des employés souffraient d'épuisement professionnel. Une des cadres congédiés, Marie-France Cloutier, a d'ailleurs révélé qu'elle avait été licenciée par courrier pendant qu'elle était en congé maladie pour une dépression sévère.

Plus tôt cette année, 46 des 47 employés, dont les trois dirigeants congédiés, ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils disaient ne pas faire confiance au président du conseil d'administration ni à deux autres membres du conseil, notamment en raison de la façon dont ils avaient traité M. Beauregard.

Celui-ci est décédé d'une crise cardique à la suite d'une réunion particulièrement houleuse. Le CA avait notamment désapprouvé l'aide financière accordée à des groupes palestiniens de défense des droits de la personne, jugés anti-israéliens, et envoyé au bureau de Stephen Harper un rapport d'évaluation dévasteur le concernant.

La nomination de son successeur, l'ancien allianciste Gérard Latulippe, a été critiquée par l'opposition et par des organisations non gouvernementales.

Depuis la médiatisation des dysfonctions de l'organisme, le conseil d'administration a dépensé plusieurs milliers de dollars pour gérer la crise, embauchant par exemple une firme d'avocats, une entreprise chargée d'enquêter sur des employés et une autre spécliaisée en relations publiques.