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Investissement massif des pays donateurs

Le président haïtien René Préval (à droite) et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon

Le président haïtien René Préval (à droite) et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon

Photo : AFP / Mario Tama

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les participants à la conférence pour Haïti, au siège de l'ONU à New York, promettent une aide de 5,3 milliards de dollars américains sur deux ans, et de 9 milliards à long terme, pour la reconstruction du pays.

Les participants à la « Conférence internationale des donateurs pour un avenir meilleur pour Haïti », au siège de l'ONU à New York, ont pris des engagements importants pour la reconstruction du pays dévasté par un séisme.

Les pays donateurs ont ainsi promis 5,3 milliards de dollars américains en aide sur deux ans, et 9,9 milliards pour les trois années suivantes. Cette somme dépasse l'objectif de l'ONU, qui était de 4 milliards de dollars.

Tour à tour, les donateurs et les dirigeants haïtiens s'étaient succédé à la tribune de la conférence, présidée par le chef de l'État haïtien René Préval, avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton.

L'Union européenne a promis, pour sa part, une aide de 1,6 milliard de dollars. De leur côté, les États-Unis promettent 1,5 milliard de dollars.

La Banque mondiale a promis 250 millions de dollars supplémentaires d'aide et a annoncé l'annulation de la dette d'Haïti à son égard, qui s'élevait à 39 millions de dollars. L'institution multilatérale a indiqué que le total des montants qu'elle apporterait au pays atteindrait 479 millions de dollars d'ici à juin 2011.

L'annulation de la dette est permise par des dons de 14 pays parmi les premiers actionnaires de la Banque mondiale, dont le Canada, les États-Unis, le Japon et 11 États européens.

Par ailleurs, la Banque mondiale agira comme « receveur budgétaire du Fonds de reconstruction d'Haïti mis en place par le gouvernement du pays et des donateurs ».

Le gouvernement du Canada a promis une aide supplémentaire de 220 millions de dollars aussi bien en liquide qu'en allègement de dette. Cette somme est égale aux dons privés des Canadiens jusqu'à maintenant. Rappelons que le Canada avait déjà versé 85 millions en aide d'urgence à Haïti.

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, ainsi que son homologue du Développement international, Bev Oda, représentaient le Canada à la conférence. La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a assisté à la conférence. Elle y participait à titre d'observatrice, à la demande du premier ministre Stephen Harper.

Changement d'approche réclamé

En annonçant la promesse d'aide américaine, Hillary Clinton a réclamé un changement de méthode pour aider Haïti. Mme Clinton a invité la communauté internationale à soutenir Haïti « de façon plus intelligente ».

Elle a également invité les dirigeants haïtiens à prendre « les décisions difficiles qui mèneront à un rétablissement solide et dans la transparence », et c'est ce qu'ils ont commencé à faire, a-t-elle estimé.

La contribution américaine sera affectée « au plan du gouvernement d'Haïti pour renforcer l'agriculture, l'énergie, la santé, la sécurité et la gouvernance », a précisé Mme Clinton.

Le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, a dévoilé mercredi un « plan d'action pour la reconstruction nationale et le développement », visant à reconstruire le pays sur de meilleures bases qu'avant le séisme.

Gestion collégiale

Une structure baptisée la Commission intérimaire de reconstruction d'Haïti est mise en place pour la gestion des fonds.

L'ancien président Bill Clinton coprésidera avec le premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive cette commission.

Le directoire de la Commission comprendra des membres du gouvernement et du Parlement haïtiens, des représentants de la société civile et du secteur privé, ainsi que des « principaux donateurs », a précisé la Fondation Clinton.

La Commission doit remettre son mandat dans 18 mois à une Autorité pour le développement d'Haïti.

138 participants

Quelque 138 pays, plusieurs organismes internationaux, comme le FMI et la Banque mondiale, ainsi que des ONG et des membres de la diaspora haïtienne, étaient présents à cette conférence.

Le séisme du 12 janvier a détruit une grande partie de la capitale Port-au-Prince, tuant au moins 200 000 personnes et faisant 1,3 million de sans-abri. Les dégâts provoqués par la catastrophe sont estimés à près de 8 milliards de dollars.

Le représentant par intérim de l'ONU en Haïti, Edmond Mulet, a estimé lundi à 4 milliards de dollars les besoins en investissements pour les 18 prochains mois, pour reconstruire hôpitaux, écoles, routes et ports.

Des fonds supplémentaires seront nécessaires après cela, a-t-il ajouté, pour soutenir « le vaste et ambitieux programme pour la reconstruction et le renouveau du pays » du gouvernement haïtien.

Les Haïtiens se méfient

En Haïti, le plan ne fait pas l'unanimité. Préparé par le gouvernement et les organisations internationales, il suscite la méfiance des groupes sociaux, des syndicats et des partis d'opposition qui n'ont pas été consultés.

Ces groupes estiment qu'Haïti risque d'être reconstruite avec les mêmes inégalités. La société civile prépare d'ailleurs un « contreplan » qui sera discuté lors d'un forum prévu pour mai prochain.

Cette démarche s'apparente à celle vécue par la population mexicaine à la suite du séisme de 1985. L'opposition populaire avait réussi à faire modifier le plan élaboré par le gouvernement.

Avec les informations de Agence France-Presse

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