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  • Exclusif
  • Un autre accommodement tourne au vinaigre

    Les policiers ont mis fin à un rite juif à Outremont.
    Les policiers ont mis fin à un rite juif à Outremont.

    Les policiers et les pompiers sont intervenus pour mettre un terme à une cérémonie organisée par des juifs hassidiques sur les terrains de l'arrondissement en raison du chaos qui y régnait.

    Les policiers sont intervenus pour mettre un terme à un rite des juifs hassidiques organisé sur les terrains de l'arrondissement d'Outremont, lundi matin.

    La cérémonie de crémation du pain a débuté calmement dans une cour de voirie. Mais vers 11 h, elle a dégénéré et les feux ont pris de l'ampleur, car ses participants affirmaient devoir tout brûler avant 11 h 40.

    Les autorités de l'arrondissement n'ont pas compris l'empressement des hassidiques, croyant qu'ils avaient en fait jusqu'à 13 h.

    Certains des participants ont perdu patience et un certain chaos s'est installé. Une quinzaine de policiers sont arrivés sur place. Le service des incendies a appelé deux camions de pompiers supplémentaires qui ont rapidement éteint les deux petits feux.

    Les pompiers et les autorités de l'arrondissement d'Outremont attribuent ce geste à l'agitation des juifs et au fait que certains d'entre eux ont brûlé du plastique, ce qui contrevenait à l'entente entre les deux parties.

    Rituel du pain

    Chaque année à Pâques, les juifs hassidiques participent à une cérémonie de crémation du pain. Ce rituel symbolique est surtout pratiqué par les juifs de cette communauté.

    Dans le passé, les juifs hassidiques faisaient la crémation du pain sur des terrains privés. Mais depuis l'an dernier, l'arrondissement l'organise dans sa cour de voirie, car cette pratique présentait des risques au plan de la sécurité.

    Certains non-juifs pensent que, de toute façon, l'arrondissement n'a pas à organiser des cérémonies religieuses. C'est le cas de la conseillère municipale, Céline Forget, qui affirme que l'affaire pose un problème de principe. « Sur le principe c'est une activité privée. [...] Je ne vois pas pourquoi cette activité-là se fait sur un terrain public », dit-elle.

    Mais l'arrondissement rétorque que sa décision était basée sur un avis du contentieux de la ville de Montréal. « L'avis juridique dit : "La pratique de l'arrondissement répond à votre obligation d'accommodement raisonnable et ne cause pas de contrainte excessive" », plaide Marie Cinq-Mars, la mairesse de l'arrondissement d'Outremont.

    Malgré tout, l'arrondissement appuie l'intervention des policiers et des pompiers.

    La majorité des juifs qui étaient sur place étaient furieux. Certains ont affirmé que l'intervention des policiers et des pompiers va à l'encontre de leurs droits religieux. D'autres affirment que les autorités ont ruiné cette fête juive.

    La mairesse Cinq-Mars affirme que les deux partis devront discuter avant que l'arrondissement autorise à nouveau ce genre de fête. « Si c'est juste de venir brûler quelques petites tranches de pain, ça va. Mais s'il y a des débordements, il va falloir qu'on s'assoie avec eux. Un accommodement raisonnable, il ne faut pas que ça dérange les autres », dit-elle.

    Certains juifs hassidiques ont indiqué qu'en raison de la pagaille de cette année ils pourraient, à l'avenir, faire ces feux sur leur propriété privée, ce qui présenterait un risque pour la sécurité publique.

    D'après un reportage de Davide Gentile