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Ottawa nie avoir fermé les yeux

Un détenu afghan arrêté par les Forces canadiennes

Un détenu afghan arrêté par les Forces canadiennes

Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Malgré les nouvelles révélations de l'opposition basées sur les documents remis jeudi par le gouvernement, les conservateurs nient toujours avoir fermé les yeux sur le sort des détenus remis aux autorités afghanes par les Forces canadiennes.

Au lendemain du dépôt de nouveaux documents sur la situation des détenus afghans par le gouvernement Harper, l'opposition a mis au jour vendredi le témoignage d'un soldat soutenant que les autorités afghanes exécutaient régulièrement les prisonniers que les Forces canadiennes leur transféraient.

À partir de ces 2500 pages de documents censurés, les libéraux ont également soulevé un compte rendu faisant mention que des détenus afghans à Kandahar avaient déclaré à des représentants officiels du Canada qu'ils avaient été torturés.

Le gouvernement conservateur nie une fois de plus avoir fermé les yeux sur le sort des prisonniers remis aux autorités afghanes par les soldats canadiens.

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a indiqué que ces allégations avaient été vérifiées et qu'elles n'étaient pas fondées.

Tension parlementaire

La semaine dernière, trois députés de l'opposition ont invoqué des questions de privilège pour forcer les conservateurs à livrer tous les documents sur le traitement des prisonniers afghans, dans leur version non censurée.

Le président de la Chambre, le libéral Peter Milliken, a pris cette question en délibéré, et on s'attendait à ce que le gouvernement présente ses arguments jeudi matin. En lieu et place, les conservateurs ont plutôt déposé les nouveaux documents, censurés. Ils affirmaient ainsi se conformer à la motion adoptée par l'opposition en décembre dernier.

Le président de la Chambre n'a toujours pas entendu la version des faits des ministres concernés, soit ceux de la Défense nationale, Peter MacKay, des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, et de la Justice, Rob Nicholson. Ces derniers ne semblaient pas pressés de lui parler, vendredi. « Le ministre de la Justice a la responsabilité de répondre à ces questions-là. Je ne suis pas au courant de son agenda », a répondu Lawrence Cannon aux journalistes.

Si la question de privilège était retenue, l'opposition pourrait faire adopter une motion demandant la comparution des ministres visés.

Le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, a souhaité que Peter Milliken tranche d'ici le congé de Pâques, la semaine prochaine. Sinon, il a averti les conservateurs que le Bloc envisagerait de faire « des pressions sur le gouvernement pour retarder les travaux, les affaires gouvernementales ».

De leur côté, les libéraux tapent du pied. « Il va falloir que le président de la Chambre mette son pied à terre et qu'il rende une décision. On ne peut pas attendre éternellement », a déclaré le député Marcel Proulx.

Si les questions de privilège étaient retenues, le gouvernement pourrait cependant faire du vote subséquent une question de confiance et ainsi mettre sa survie en jeu, puisque les conservateurs sont minoritaires à la Chambre des communes. Des élections printanières ne seraient donc pas à exclure, si le processus allait jusqu'au bout.

Une controverse qui perdure

Les députés de l'opposition tentent depuis des mois d'obtenir des documents non censurés sur les conditions de détention des prisonniers afghans afin de voir si certains passages évoquent le risque de torture pour les détenus transférés aux autorités afghanes par les militaires canadiens.

En novembre dernier, le diplomate Richard Colvin a livré un témoignage explosif devant le comité spécial sur la mission en Afghanistan, affirmant que plusieurs responsables gouvernementaux savaient depuis longtemps que des prisonniers remis aux autorités afghanes par les Forces canadiennes étaient torturés.

Le gouvernement a toujours refusé de rendre publics les documents demandés par l'opposition, évoquant des enjeux de sécurité nationale. Les partis d'opposition ont dit qu'ils feraient attention de ne pas dévoiler le contenu délicat des documents au public.

Au début du mois, le ministre de la Justice a annoncé que le gouvernement confiait à l'ancien juge de la Cour suprême Frank Iacobucci la tâche de déterminer s'il convient ou non de remettre aux parlementaires une version non censurée des documents au sujet des détenus afghans.

Les dossiers remis jeudi ne seraient pas liés au mandat du juge Frank Iacobucci, que l'opposition juge trop restreint.

Avec les informations de La Presse canadienne

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