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Ministre accommodante, lettres compromettantes

Une école primaire privée juive

Des documents obtenus par Radio-Canada suggèrent que la réforme du calendrier scolaire a été taillée sur mesure pour répondre aux revendications d'écoles juives orthodoxes qui étaient en situation d'illégalité.

La réforme du calendrier scolaire annoncée le mois dernier reflète le contenu de lettres envoyées quelques mois plus tôt par des écoles juives privées au gouvernement Charest.

Obtenues par Radio-Canada et La Presse canadienne en vertu de la Loi d'accès à l'information, deux lettres datées du 28 juillet et du 29 septembre 2009 font état de rencontres ayant réuni les deux parties au cours de l'été. Signées par les directions de sept écoles juives orthodoxes, qui offrent des cours illégalement depuis plusieurs années, elles sont adressées à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne.

Les documents suggèrent que la réforme a été taillée sur mesure pour répondre à leurs revendications. Les comptes rendus des entretiens font largement état des « exigences » religieuses des écoles juives, reliées au calendrier scolaire.

Extrait d'une des lettres envoyées par les directions des écoles juivesExrtait d'une des lettres envoyées par les directions des écoles juives

« Compte tenu des exigences imposées par la religion des personnes fréquentant nos établissements », les matières obligatoires seront enseignées le dimanche ou au cours de l'été « tel que discuté » lors de notre rencontre, écrivent les directeurs d'écoles.

Lorsque le calendrier scolaire sera modifié en tenant compte du fait que « les fêtes juives ne correspondent pas aux fêtes séculières », il ne constituera plus un obstacle au respect du régime pédagogique, poursuivent-ils.

Ils se disent également prêts à respecter le « cadre légal » s'appliquant aux écoles privées « dans un délai maximum de deux ans ».

Rappelons que le nouveau règlement autorisera l'enseignement le week-end, les jours fériés et l'été. La réforme viendra donc légaliser les ententes conclues avec ces écoles, qui, à l'époque de leur signature, étaient interdites par le Régime pédagogique en vigueur.

Radio-Canada n'a cependant pas pu obtenir les réponses de la ministre Courchesne, ni les ententes conclues.

Une réforme annoncée en catimini

Mme Courchesne a fait publier, en février, dans la Gazette officielle un projet de modification majeure au calendrier scolaire sans consultation ni annonce publique préalables. Cela avait suscité la surprise et les inquiétudes du milieu de l'éducation, en plus de provoquer les foudres de l'opposition.

La ministre avait alors nié que le changement visait à accommoder la communauté juive orthodoxe, affirmant que son seul objectif était de lutter contre le décrochage scolaire. Par la suite, elle avait fini par admettre que le changement aurait pour conséquence de régler le litige avec ces écoles, tout en soutenant que ce n'était pas le but recherché.

Bon nombre d'enseignants et de directions d'écoles estiment que la réforme est un accommodement raisonnable. Une pétition réclamant le retrait du projet de règlement, signée par 25 000 enseignants, a d'ailleurs été déposée mardi à l'Assemblée nationale.

Le péquiste Pierre Curzi affirme de son côté que personne dans le milieu de l'éducation n'a acheté l'explication donnée par la ministre.

Quand le gouvernement a présenté son plan pour contrer le décrochage scolaire, en septembre dernier, il n'a jamais été question de modifier le calendrier scolaire.

D'après un reportage de Martine Biron

Avec les informations de La Presse canadienne