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Un régime presque universel, d'ici 2019

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.



Après une année de dures négociations sur une réforme du système de santé des États-Unis, le président Barack Obama a finalement signé la loi sur des soins de santé abordables, le 22 mars 2010. La bataille n'est toutefois pas terminée. La Chambre des représentants doit en effet reprendre le vote, pour des raisons de procédures. Le Sénat doit également examiner une série d'amendements, et plusieurs États menacent de contester la constitutionnalité du projet.

La réforme sera mise en oeuvre progressivement, d'ici à 2019. Les premières mesures entreront en vigueur trois mois après la ratification.

À terme, 95 % des Américains auront une assurance médicale. Cette proportion inclura 32 millions de personnes actuellement sans assurance, soit parce qu'elles n'en ont pas les moyens, soit parce qu'elles sont refusées par les assureurs en raison de leur état de santé. Il restera toutefois 23 millions de personnes exclues du système, dont le tiers sont des immigrants illégaux.

Un train de mesures

D'ici 2019, la majorité des Américains auront l'obligation d'avoir une assurance maladie; certains recevront des subventions pour le faire. De leur côté, la majorité des employeurs seront tenus offrir une assurance à leur personnel, avec l'aide de mesures fiscales dans certains cas. L'accès au régime public Medicaid sera élargi. Un marché des assurances sera mis sur pied et administré par les États pour permettre aux individus et aux petites entreprises de contracter des assurances qui correspondent aux standards gouvernementaux.

Par ailleurs, les assureurs ne pourront plus refuser d'assurer quelqu'un en raison de son état de santé. De plus, les enfants dépendants pourront être couverts par les assurances de leurs parents jusqu'à l'âge de 26 ans.

Questions de sous

Le financement de la réforme constitue un des principaux éléments du débat. Selon le président Obama, la réforme devrait s'autofinancer et même permettre au gouvernement de faire des économies. Le Congressional budget office, un comité non partisan, estime que la réforme entraînera une réduction du déficit fédéral de 143 milliards de dollars entre 2010 et 2019.

Parmi les mesures prévues à cette fin, on compte :

  • l'augmentation des impôts et de la contribution au régime Medicare des familles dont les revenus sont supérieurs à 250 000 $;
  • la taxation des régimes d'assurance les plus coûteux;
  • la mise sur pied de mesures pour combattre le gaspillage, la fraude et les abus des régimes publics.

Un système complexe

Le système de santé américain combine des programmes publics et des régimes privés d'assurance. La réforme de Barack Obama maintient cette dualité, mais elle fait en sorte de réduire la précarité de la couverture médicale pour un grand nombre d'Américains.

Actuellement, la majorité des Américains bénéficient d'un régime d'assurance offert par leur employeur, mais ils perdent cette protection s'ils changent d'emploi ou se retrouvent au chômage.

Seules les personnes de 65 ans et plus et certaines personnes handicapées ont une protection garantie, par le programme public Medicare créé en 1965 par le président Johnson. Un autre programme public, Medicaid, est administré conjointement par le fédéral et les États. Il fournit une certaine couverture aux personnes démunies, selon des critères déterminés par chaque État.

De plus, les frais médicaux sont responsables de plus de la moitié des faillites personnelles aux États-Unis, selon une étude publiée en juin 2009 dans The American Journal of Medicine.

Autre problème : le système de santé américain coûte cher pour des résultats décevants, comme le montre la comparaison avec d'autres pays comme le Canada et le Japon. Le président Obama considère qu'il faut réduire ces coûts pour améliorer la compétitivité de l'économie des États-Unis et pour permettre au gouvernement de s'attaquer à ses autres priorités.

Avec les informations de Congressional budget office, et New York Times

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