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La contraception sera considérée

Démonstration sur l'utilisation du condom dans un bidonville de Nairobi.

Démonstration sur l'utilisation du condom dans un bidonville de Nairobi.

Photo : AFP / Tony Karumba

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement Harper n'excluera pas la contraception dans l'élaboration du plan visant à diminuer la mortalité des femmes et des enfants dans les pays pauvres. Une volte-face qui ne convainc pas tout à fait l'opposition.

Le gouvernement Harper fait marche arrière dans le dossier de l'aide au développement qui est à l'ordre du jour du prochain sommet du G8, en juin, en Ontario.

Jeudi, le premier ministre Stephen Harper a indiqué que la contraception fera bel et bien partie des discussions sur l'élaboration du plan visant à diminuer la mortalité des femmes et des enfants dans les régions les plus pauvres du monde.

« On ne ferme pas les portes sur les options, y compris la contraception », a déclaré le premier ministre lors de la période des questions. « Mais on ne veut pas de débat, ici comme ailleurs, sur l'avortement », a-t-il cependant ajouté.

Le gouvernement Harper subissait beaucoup de pression de l'opposition à la Chambre des communes, qui craignait que la question de la contraception soit écartée du plan d'aide aux femmes et aux enfants démunis.

Dans les pays en développement, une femme meurt chaque minute à cause de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement.

Le changement de position du premier ministre Harper n'a pas semblé convaincre l'opposition, même si les libéraux y ont vu un certain progrès. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a relevé une ambiguïté dans les réponses de M. Harper.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, était pour sa part loin d'être convaincu. « C'est cette mentalité arriérée, de ne pas accepter que la contraception existe », a-t-il lancé, qualifiant les conservateurs de « preachers déguisés en politiciens ».

Des commentaires inquiétants pour l'opposition

Des commentaires du ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon et le mutisme de sa collègue au Développement international, Bev Oda, faisaient craindre le pire.

Mardi, le ministre Cannon a déclaré que l'initiative ne comprendrait « aucune mesure de planification familiale ». L'objectif, a-t-il ajouté, est de « sauver des vies ».

Les partis d'opposition ont vu dans ces propos la preuve que le gouvernement entendait suivre la voie tracée par l'ex-président américain George W. Bush, qui a ordonné la fin du financement public de tout organisme se livrant à de la planification familiale. Cette politique a été infirmée dès l'arrivée au pouvoir du président Barack Obama.

Interrogée à ce sujet mercredi à la Chambre des communes, la ministre Bev Oda a répété que le gouvernement Harper voulait « sauver la vie des mères et des enfants », mais sans donner de détails. Un demi-million de femmes, a-t-elle dit, meurent pendant leur grossesse ou à l'accouchement chaque année.

Ces propos n'avaient pas calmé les ardeurs de la députée libérale Carolyn Bennett. Forte de sa propre expérience de médecin ayant aidé des milliers de femmes à mettre des enfants au monde, Mme Bennett accusait le gouvernement d'ignorer délibérément que 215 millions de femmes n'ont pas accès à des moyens de contraception, et que 1,5 million d'entre elles en meurent chaque année.

Plusieurs députées libérales soulignaient que de nombreuses femmes meurent parce que leurs grossesses sont trop rapprochées et qu'elles ne peuvent réduire la taille de leur famille.

Les experts s'entendent également pour dire qu'une baisse du taux de fertilité dans les pays pauvres se traduit par une hausse de la qualité de vie générale de la population.

« L'investissement dans la planification familiale, c'est un est investissement parce que ça paie, parce que ça va sauve des vies, parce que ça va coûter moins au système de santé public », a fait valoir Line Holguin, d'Oxfam Québec.

Le Canada s'est engagé à faire de la santé des mères et des enfants sa priorité au sommet du G8.

Avec les informations de La Presse canadienne

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