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Exclusif

Gérard Bouchard s'en prend au PQ

Gérard Bouchard
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'historien et sociologue, qui a coprésidé la Commission Bouchard-Taylor, critique le Parti québécois sur sa proposition d'interdire le port des signes religieux dans l'ensemble de la fonction publique.

L'historien et sociologue Gérard Bouchard, qui a coprésidé la Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, critique le Parti québécois, qui propose d'interdire le port des signes religieux dans l'ensemble de la fonction publique et parapublique.

Les infirmiers, les enseignants et les fonctionnaires seraient donc visés par cette proscription que recommande le PQ.

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, M. Bouchard, qui s'affiche ouvertement comme souverainiste, estime qu'une loi qui statuerait en ce sens irait à l'encontre de la Charte canadienne des droits et libertés et des traités internationaux. « On aurait tous les tribunaux à dos, pas seulement la Cour suprême », croit-il. Le Québec serait pointé du doigt partout. »

Selon lui, une telle mesure aurait en outre de graves conséquences.

Ça ferait sauter l'ordre social, ça! Il y aurait de la désobéissance civile. Le Québec se retrouverait avec une crise énorme à l'intérieur, en plus d'un problème considérable à l'échelle internationale.

Une citation de :Gérard Bouchard

Le PQ renvoie M. Bouchard à son propre rapport, qui recommandait l'interdiction des signes religieux, mais seulement chez certains représentants de l'État : les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison.

Aux yeux de la députée péquiste Louise Beaudoin, une interdiction qui viserait une partie des employés de l'État susciterait « exactement la même discussion et les mêmes problèmes ».

Mardi, la Commission des droits de la personne a estimé dans un avis que le port de signes religieux par des membres du personnel de la fonction publique n'est pas interdit en vertu du droit actuel.

Un débat qui intéresse et divise les intellectuels

La question est par ailleurs débattue dans les milieux intellectuels.

Le jour où la Commission a émis son avis, une centaine d'intellectuels ont publié une déclaration intitulée Pour un Québec laïque et pluraliste, en faveur d'une « totale neutralité » de l'État et de ses institutions à l'égard des convictions religieuses des citoyens. Les signes religieux sont vus comme « un langage non verbal qui exprime la foi » auquel ne devraient pas être soumis les usagers des services publics.

Parmi les signataires figurent entre autres l'ancien premier ministre péquiste Bernard Landry, le directeur exécutif du CÉRIUM Jean-François Lisée, l'animatrice et productrice Marie-France-Bazzo, et Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre-Coran.

Le mois dernier, une centaine de chercheurs et de professeurs avaient signé le Manifeste pour un Québec pluraliste, prônant au contraire « une vision ouverte, tolérante et pluraliste de la société québécoise ». Selon eux, « le fait qu'un agent de l'État affiche un signe d'appartenance religieuse ne l'empêche nullement d'appliquer les normes laïques de façon impartiale. »

Le politologue Louis Balthazar, l'historien Pierre Anctil, le professeur de philosophie Georges Leroux et la professeure en sciences de l'environnement Louise Vandelac font partie des signataires.

À ce jour, les deux textes ont respectivement recueilli 1600 et 900 signatures.

Les deux groupes ont chacun un site web sur lequel on peut lire la version intégrale des textes et la liste des signataires. Les internautes peuvent par ailleurs exprimer, en ligne, leur adhésion à l'un ou l'autre de ces courants de pensée.

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