•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Merkel refuse de blâmer l'Église seule

La chancelière allemande Angela Merkel, dans un discours au Bundestag

La chancelière allemande Angela Merkel, dans un discours au Bundestag, l'assemblée parlementaire du pays

Photo : AFP / Michael Gottschalk

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Commentant pour la première fois les cas de pédophilie au sein de l'Église catholique, la chancelière allemande juge qu'il est absurde de limiter les enquêtes aux institutions religieuses. À son avis, il s'agit d'un problème de société.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a commenté pour la première fois mercredi les nombreux cas d'agressions sexuelles commises sur des enfants par des prêtres catholiques, qui ont fait les manchettes ces derniers mois.

Dans un discours devant le Parlement, elle a exigé « vérité et clarté » sur ces actes. Elle a toutefois déclaré qu'il était absurde de limiter les enquêtes aux institutions religieuses. Elle a ainsi repris à son compte la position des évêques allemands.

Même si les premiers cas sont apparus dans l'Église catholique, cela ne fait aucun sens de viser un seul groupe. Ce problème s'est répété dans de nombreux secteurs de la société. [...] Évitons les simplifications extrêmes. Tout ceci est un test pour la société entière.

Une citation de :Angela Merkel

Depuis la fin janvier, il y a une multiplication de révélations en Allemagne sur des cas d'agressions sexuelles et de maltraitance commis par des membres du clergé dans des institutions catholiques. D'autres cas ont aussi été dénoncés dans des établissements protestants et laïcs.

Au total, environ 300 cas de pédophilie ont été rapportés par les médias.

Angela Merkel a apporté son soutien au projet de table ronde sur les mesures de préventions contre la pédophilie, qui réunira victimes, familles, experts et religieux. La première rencontre doit avoir lieu le 23 avril prochain.

La ministre allemande de la Justice, Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, avait précédemment choqué les participants à la conférence des évêques catholiques en voulant imposer une table ronde limitée à la pédophilie dans l'Église.

Le pape muet

Le sujet est extrêmement sensible pour Benoît XVI, originaire de la Bavière.

Son frère, Mgr Georg Ratzinger, est indirectement lié à des cas de sévices sexuels. Il a dirigé durant 30 ans le choeur des petits chanteurs de Ratisbonne, où des cas de sévices sexuels ont été rapportés.

Benoît XVI lui-même a été éclaboussé. Lorsqu'il était archevêque de Munich, il a fait accueillir un prêtre pédophile présumé dans son archevêché pour qu'il y suive une thérapie, en toute connaissance de cause.

La population attend avec de plus en plus d'impatience que le pape évoque la situation dans son pays natal, comme il l'a fait pour l'Irlande, où de nombreux cas de pédophilie ont été rapportés.

Une commission d'enquête a conclu en novembre que l'archevêché de Dublin avait camouflé des agressions sexuelles commises par des prêtres sur des enfants pendant quatre décennies, et que le gouvernement s'en était fait complice.

Mercredi, le souverain pontife, qui a déjà offert ses excuses, a dit espérer que le courrier qu'il s'apprête à envoyer aux catholiques d'Irlande aiderait au « repentir, à la guérison et au renouvellement ». Il n'a jamais mentionné l'Allemagne.

La semaine dernière, l'archevêque Robert Zollitsch, président de la Conférence des évêques allemands, a offert des excuses aux victimes de sévices sexuels commis par des prêtres.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !