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Marc Bellemare contredit le premier ministre

Marc Bellemare, alors qu'il faisait campagne sous la bannière libérale, en 2003, avec à ses côtés de Jean Charest

Marc Bellemare, alors qu'il faisait campagne sous la bannière libérale, en 2003, aux côtés de Jean Charest

Photo : La Presse canadienne / Clement Allard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Jean Charest était au courant des liens financiers entre son parti et l'industrie de la construction, affirme catégoriquement l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare.

Le premier ministre Jean Charest était au courant des liens financiers entre son parti et l'industrie de la construction, a affirmé catégoriquement l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare, mercredi.

Au cours d'une entrevue téléphonique accordée à La Presse canadienne, il a ainsi contredit la version des faits donnée par le premier ministre le matin même.

Jean Charest s'était dit surpris des propos de son ancien collaborateur, qui a affirmé récemment que le Parti libéral du Québec profitait de la générosité des entrepreneurs en construction. Marc Bellemare ne l'a jamais informé de quelque irrégularité que ce soit, a-t-il assuré.

« Jamais, jamais, jamais n'a-t-il soufflé un mot là-dessus », a déclaré le dirigeant libéral en réponse aux questions de la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois.

Invité à commenter l'affirmation de M. Charest, Me Bellemare a tout simplement répondu : « c'est faux! » Lorsque le journaliste lui a demandé s'il avait « déjà informé le premier ministre Charest d'irrégularités dans le financement du parti venues à [sa] connaissance? », il a répondu : « oui » ».

Il a cependant refusé de dire à quel moment il avait communiqué ces informations au premier ministre ou quelle avait été sa réaction.

Dans des entrevues accordées à des médias de Québec, Marc Bellemare, qui a quitté la politique en 2004 après avoir été élu l'année précédente, a affirmé au cours des derniers jours que toute l'industrie de la construction cotisait à la caisse du Parti libéral.

Les propos de l'ancien ministre Bellemare

« C'est certain que s'il y a une commission d'enquête publique et que je suis appelé à témoigner, bien j'aurais des choses à dire, mais ce n'est pas des choses qui se disent sur les ondes. Mais il y a des choses, évidemment, qui pourraient être connues et qui pourraient embarrasser le gouvernement et qui ne sont peut-être pas de nature à l'intéresser dans le contexte d'une commission vaste de type Gomery qui pourrait forcer des gens à témoigner et à donner des noms. »

Le DGE intéressé

Le bureau du Directeur général des élections (DGE), qui dit prendre « au sérieux » les allégations de Me Bellemare, entend d'ailleurs le contacter au cours des prochains jours pour l'inviter à dévoiler ce qu'il sait. Le PQ avait réclamé son intervention. Quant au Parti libéral, il a de son côté invité l'ex-ministre à collaborer avec le DGE.

Me Bellemare a toutefois déclaré en entrevue qu'il ne répondrait pas à l'invitation qui lui est lancée. Il a cependant indiqué qu'il accepterait volontiers de faire des révélations s'il comparaissait devant une éventuelle commission d'enquête sur l'industrie de la construction, dont il dit souhaiter la tenue.

Une telle commission a le pouvoir d'enquêter « en long et en large », contrairement à un organisme public, comme le DGE, qui « décide de façon très précise, très sectorielle d'enquêter » sur des dossiers, a-t-il expliqué mercredi.

Si j'étais assigné [devant une commission d'enquête], il y aurait des choses qui seraient dites.

Marc Bellemare

La veille, ses propos ont d'ailleurs alimenté les salves du PQ, qui a de nouveau réclamé la tenue d'une enquête publique sur l'industrie de la construction lors de la période de questions à l'Assemblée nationale. La formation soutient que cet exercice pourrait offrir à l'ex-ministre libéral la protection nécessaire pour qu'il puisse faire des révélations.

Devant le refus répété du premier ministre Charest à instituer une commission d'enquête, Pauline Marois a affirmé qu'il avait choisi le clan « du silence et de l'indifférence ». Elle a une fois de plus attribué ce refus au fait « qu'il a trop de liens avec cette industrie de la construction, qui le finance ».

Le leader du gouvernement en chambre, Jacques Dupuis, a répliqué que M. Bellemare devrait communiquer avec la police s'il avait des révélations à faire.

Le porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, entend par ailleurs déposer une motion pour demander au DGE « d'instituer une enquête sur le financement des partis politiques provinciaux afin de faire la lumière sur les allégations de pratiques douteuses liées au financement des partis ». Il en a fait la demande directement au DGE.

La Loi électorale du Québec interdit les contributions électorales provenant d'entreprises depuis 1977. Les entreprises ne peuvent pas davantage rembourser des employés qui cotisent à une caisse électorale, puisque cela ne constitue qu'un moyen de contourner la loi.

Rappelons qur le bureau du DGE effectue actuellement des vérifications auprès de trois ministres du gouvernement Charest, soit Julie Boulet, Michelle Courchesne et Norman McMillan, qui ont laissé entendre au cours des derniers mois que les entreprises pouvaient participer au financement des partis politiques.

Au début du mois, un reportage de Radio-Canada révélait en outre que la vice-première ministre Nathalie Normandeau avait réussi à amasser 43 000 $ en contributions politiques lors d'un cocktail organisé par le dirigeant d'une filiale d'un cabinet de génie-conseil, peu avant l'élection de décembre 2008.

Le DGE a par ailleurs amorcé des vérifications pour s'assurer que l'organisateur de la soirée disposait du permis obligatoire pour solliciter financièrement des participants au cocktail.

La FTQ entre dans la danse

Le secrétaire général de la FTQ, René Roy, enjoint le gouvernement de s'attaquer aux entreprises privées qui financent illégalement les partis politiques.

La décennie « s'achève dans un climat de suspicion généralisée à l'ensemble de la classe politique en raison de liens douteux entre des entreprises, des élus municipaux et du Parti libéral du Québec », affirme la FTQ dans un mémoire présenté mercredi devant la commission parlementaire des institutions. La commission mène présentement des consultations sur le projet de loi 78, qui vise à modifier la loi électorale.

La semaine dernière, le vice-président de la CSN-Construction, Pierre Brassard, estimait que le bras financier de la FTQ, le Fonds de solidarité, investissait dans des entreprises qui contribuaient par la suite au PLQ.

Avec les informations de La Presse canadienne

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