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Jean-Claude Rochefort devant le juge

Jean-Claude Rochefort
Jean-Claude Rochefort (archives)

Jean-Claude Rochefort, l'auteur d'un blogue antiféministe, doit subir mardi son enquête préliminaire au palais de justice de Montréal. L'homme de 61 ans est accusé d'avoir proféré des menaces de mort à l'endroit des femmes.

En novembre dernier, Radio-Canada.ca révélait l'existence de trois sites Internet faisant l'apologie de Marc Lépine, l'auteur de la fusillade qui a fauché la vie de 14 femmes le 6 décembre 1989, à l'École polytechnique de Montréal. Jean-Claude Rochefort est le principal animateur de ces sites.

Depuis leur ouverture, au printemps dernier, l'activiste masculiniste a fait l'objet de plusieurs plaintes auprès des autorités policières. L'une d'elles a déjà mené à une accusation de possession illégale d'arme à feu.

Jean-Claude Rochefort a finalement été arrêté le 4 décembre, deux jours avant les commémorations du 20e anniversaire de la tuerie de Polytechnique. Il a été accusé d'avoir proféré des menaces de mort à l'endroit des femmes, sur une période allant d'avril à décembre 2009.

Depuis son arrestation, il est incarcéré de manière préventive à l'Institut Pinel, où il a dû subir un examen psychiatrique. Au terme de leur expertise, les médecins l'ont jugé sain d'esprit et, par conséquent, apte à subir un procès.

En février, l'avocat de Jean-Claude Rochefort, Me Langlois, a demandé sa remise en liberté. Mais le juge Claude Leblond, de la Cour du Québec, a refusé de la lui accorder. Le magistrat a fait valoir que l'accusé était « une bombe à retardement » et a dit craindre qu'il utilise sa remise en liberté pour consacrer son temps à écrire sur Internet.

Sur ses sites, Jean-Claude Rochefort écrit de longs textes argumentaires dans lesquels il pourfend radicalement l'idéologie féministe. Il illustre sa prose masculiniste de montages graphiques faisant usage de la seule photo publique connue du « vrai » Marc Lépine. Ce personnage, présenté comme un héros sorti d'une bande dessinée, figure presque toujours avec une arme à la main.

Par exemple, dans l'un de ces photomontages, on peut voir un policier disant à Marc Lépine: « STP Marc, rends-nous service : tue toutes ces salopes ». Dans un autre, l'auteur du blogue décrète que le 6 décembre est le jour de la Saint-Marc « pour le souvenir de la première contre-attaque contre les féminazies [sic] dans la guerre contre les hommes ».

Jean-Claude Rochefort s'est défendu de verser dans l'apologie de Marc Lépine, affirmant faire plutôt de l'« humour ». De son point de vue, ce sont plutôt les féministes qui ont fait un héros de l'auteur de la tuerie de Polytechnique. « C'est un fait divers qu'on a récupéré pour en faire un monument. Est-ce qu'on va fêter Marc Lépine encore dans 50 ans? Arrêtez, c'est ridicule! », avait-il alors déclaré à Radio-Canada.ca.