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Charge syndicale contre un «festival de clowns»

Richard Goyette

Richard Goyette (archives)

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le DG de la FTQ-Construction, Richard Goyette, dit attendre le résultat des enquêtes concernant l'intimidation sur des chantiers de la Côte-Nord. Il accuse les journalistes et la CSN de salir injustement son syndicat.

Le directeur général de la FTQ-Construction, Richard Goyette, s'est livré lundi à une charge à fond de train contre les journalistes du Québec, la CSN, le Parti québécois et des commentateurs de la scène politique, lundi, dans le cadre d'une conférence de presse.

M. Goyette avait convoqué une conférence pour commenter les révélations faites la semaine dernière par l'émission Enquête, selon lesquelles des membres de son syndicat se livrent à de l'intimidation et de l'extorsion sur des chantiers de construction sur la Côte-Nord.

Le chef syndical a cependant été peu bavard à ce sujet, se contentant de répéter, à l'instar du président de la FTQ, Michel Arsenault, que du personnel de la FTQ se livrait actuellement à des vérifications.

M. Goyette a démenti avec véhémence le fait que la FTQ-Construction utilise ces tactiques pour contrôler l'embauche sur les chantiers de construction de la Côte-Nord. « Il faut être inculte et barbare pour répandre de telles rumeurs », a-t-il lancé.

M. Goyette a expliqué que les chantiers de construction sont issus de contrats donnés par les gouvernements ou des entrepreneurs privés, qui font faire des plans d'ingénieurs, avant d'aller en soumission pour embaucher un maître d'oeuvre. Ce maître d'oeuvre embauche des employeurs, qui embauchent à leur tour des employés. Prétendre que la FTQ-Construction contrôle tout sur les chantiers est donc farfelu, a-t-il dit en substance.

Il a dit avoir confiance que les enquêtes de la Commission de la construction du Québec et la Sûreté du Québec permettront de faire la lumière sur cette affaire.

Attaque tous azimuts

Outre ses commentaires sur les allégations faites par Enquête donnés rapidement en toute fin de conférence de presse, M. Goyette a essentiellement posé son syndicat comme une victime d'une campagne de salissage menée par ce qu'il a appelé « un festival de clowns ».

Dans son discours à l'emporte-pièce d'une demi-heure empreint de sarcasmes, d'ironie et d'insultes à peine voilées, M. Goyette a tour à tour montré d'un doigt accusateur :

  • l'ex-ministre du Travail devenu commentateur politique Jean Cournoyer;
  • l'économiste et commentateur Pierre Fortin;
  • la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau;
  • un employeur de la Côte-Nord cité par Enquête, Jean-Yves Lepage;
  • l'éditorialiste Gilbert Lavoie, du quotidien Le Soleil;
  • le Parti québécois.

Le directeur général de FTQ-Construction a été piqué par le fait que Jean Cournoyer ait affirmé que la FTQ-Construction ait le pouvoir de faire fermer des chantiers de construction. Il l'a mis au défi de prouver ces allégations.

M. Goyette a également accusé l'économiste Pierre Fortin, qu'il a traité de « fieffé coquin et de fieffé menteur » de « jeter de la marde » sur l'industrie de la construction. Il lui reproche d'avoir écrit qu'il faut huit corps de métiers différents pour construire une salle de bain.

La présidente la CSN, Claudette Carbonneau, est pour sa part passée dans le tordeur pour avoir souligné le fait que la FTQ exerce une trop grande influence dans le milieu de la construction. Il a affirmé que la proportion de syndiqués de la CSN sur les chantiers de construction d'Eastmain-1 et La Romaine est supérieure à leur représentativité dans le secteur.

M. Goyette a énuméré une liste de dix corps de métiers dont les travailleurs sont majoritairement syndiqués par le Conseil provincial des métiers de la construction, dont les calorifugeurs et les mécaniciens d'ascenseurs. « Et on essaie de nous faire accroire qu'on a le contrôle sur les chantiers. [...] Mais de quel cerveau malade ça sort ce genre de déclaration-là? », s'est-il insurgé.

Le directeur général de la FTQ-Construction s'en est aussi pris à M. Lepage, qui a raconté avoir été victime d'une campagne d'intimidation de la part de syndiqués de la FTQ-Construction. Il a cité un rapport de la Commission de la santé et de la sécurité du travail portant sur un accident mortel. Le rapport déplorait la piètre formation des travailleurs sur un chantier qu'il supervisait. « Enquête vient nous dire qu'il [M. Lepage] n'était pas aimé par la FTQ. J'espère! Il y a un gars de mort sur le chantier! ».

M. Goyette a attaqué l'éditorialiste du quotidien Le Soleil Gilbert Lavoie, qui a dénigré, selon lui, le député de Québec solidaire Amir Khadir et la FTQ-Construction, au terme d'une rencontre tenue en fin de semaine. Le chef syndical a démenti des informations contenues dans l'article, selon lesquelles le PQ a refusé de participer à une campagne de lobbying menée par la FTQ-Construction. Il a brandi de vieux courriels du député péquiste François Rebello dans lequel ce dernier écrivait vouloir rencontrer M. Goyette et même obtenir certains documents déposés en commission parlementaire.

Il a aussi défendu vivement le fait qu'un chantier dans une région donnée embauche des travailleurs de cette région. Il soutient d'ailleurs que la manifestation de lundi sur la Côte-Nord est une démonstration d'appui envers la politique d'embauche régionale de la FTQ.

Richard Goyette maintient qu'une enquête publique sur l'industrie de la construction ne constituerait qu'un spectacle. « Si vous voulez jouer au clown, on va jouer au clown », a-t-il lancé en guise de bravade aux journalistes présents à la conférence de presse.

Au sujet de Jocelyn Dupuis

M. Goyette a été invité à commenter le cas de l'ex-directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, qui doit répondre de trois chefs d'accusation, notamment pour fraude à l'endroit de son employeur.

Le chef syndical s'est fait demander si le syndicat avait réussi à vérifier l'ensemble des factures déposées par M. Dupuis au fil de ses 11 ans au syndicat.

M. Goyette a cité des propos ténus qu'il a attribués à Alain Gravel, lors d'un passage à l'émission Tout le monde en parle. L'animateur d'Enquête a alors déclaré que Ken Pereira [ex-président du syndicat des mécaniciens industriels] s'était présenté à lui avec un sac de hockey rempli de factures.

« Nous autres, ce qu'on a eu, c'est une enveloppe qu'on a remis à maître Laurin. Le sac de hockey n'est pas revenu. Alors faudrait demander à Ken Pereira ce qu'il a fait avec le sac de hockey de factures. La dernière fois qu'il a été vu, c'est à Radio-Canada à l'émission Enquête », a-t-il laissé tomber.

Mises en demeure envoyées

Deuxième à prendre la parole, l'avocat de la FTQ-Construction, Robert Laurin, a confirmé que des mises en demeure avaient déjà été envoyées, et que d'autres suivraient. Me Laurin a indiqué que des poursuites étaient déjà prévues en lien avec diverses informations ayant circulé au cours de la dernière semaine.

« Il est trop facile de dire à peu près n'importe quoi sans être pénalisé. »

— Une citation de  Me Robert Laurin, avocat de la FTQ-Construction

L'avocat de la FTQ-Construction a aussi affirmé qu'un recours sérieux serait intenté auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Me Laurin a soutenu que les informations diffusées avaient donné lieu à une « foire totale ».

Avocat de la FTQ-Construction dans le dossier de la papetière Gaspesia, Robert Laurin est aussi revenu sur cet épisode auxquels les récents événements ont été comparés. Me Laurin a soutenu qu'il y avait de nombreuses différences, et a surtout rappelé, dans ses explications, les problèmes autres que ceux concernant la main-d'oeuvre qui avaient miné ce chantier.

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