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Manifestation contre la FTQ-Construction

Rivière Romaine

Rivière Romaine

Photo : Hydro-Québec

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des travailleurs de Havre-Saint-Pierre bloquent l'accès au chantier de La Romaine pour protester contre la mainmise de la FTQ-Construction sur l'embauche et l'intimidation dont seraient victimes certains d'entre eux.

Près d'une centaine de travailleurs de Havre-Saint-Pierre, membres de diverses associations syndicales, ont bloqué lundi l'accès au chantier de La Romaine.

Il ont dénoncé la mainmise de la FTQ-Construction sur l'embauche dans ce vaste projet d'Hydro-Québec sur la Côte-Nord, un investissement de 6,5 milliards de dollars pour un complexe qui devrait produire 1500 MW d'électricité. Ils ont réclamé plus d'emplois pour les travailleurs locaux, dont ceux de Havre-Saint-Pierre, située à une vingtaine de kilomètres de La Romaine.

L'organisateur du mouvement de protestation, Richard Petitpas, opérateur de machinerie lourde depuis 25 ans, dénonce depuis la semaine dernière l'intimidation dont seraient victimes des travailleurs qui ne sont pas membres de la FTQ-Construction, qui les empêche de travailler sur le chantier de La Romaine.

Selon M. Petitpas, l'agent d'affaires du local 791 des opérateurs de machinerie lourde de la FTQ, Bernard Gauthier, intimide les travailleurs des autres syndicats et doit partir. M. Gauthier doit donner sa version des faits lors d'une conférence de presse, mardi matin.

Sur les 300 travailleurs embauchés au chantier de La Romaine, 62 % sont originaires de la Côte-Nord.

Par ailleurs, le président de la FTQ-Construction, Yves Mercure, et le directeur général, Richard Goyette, ont fait le point lundi matin sur les allégations rapportées ces derniers jours dans les médias sur l'intimidation dans les chantiers de construction. Ils étaient accompagnés de l'avocat de leur organisation, maître Robert Laurin.

Pressé de répondre à diverses questions concernant la gestion des chantiers de construction sur la Côte-Nord, à la suite d'un reportage de l'émission Enquête, le DG de la FTQ-Construction s'est livré à une charge à fond de train contre les journalistes du Québec, la CSN, le Parti québécois et des commentateurs de la scène politique.

De plus, M. Goyette a dit attendre le résultat des enquêtes concernant l'intimidation sur des chantiers de la Côte-Nord.

Quant à Hydro-Québec, la société d'État a affirmé que l'embauche à La Romaine relevait des entrepreneurs et des syndicats.

Des révélations troublantes

Les révélations de l'émission Enquête auront suscité une multitude de réactions qui ont trouvé écho à la fois dans les hautes sphères syndicales et politiques.

Vendredi dernier, le président de la FTQ, Michel Arsenault, a déclaré qu'il n'avait eu connaissance d'aucune intimidation sur les chantiers de construction. Il s'est porté à la défense des membres de son syndicat et de ceux de la FTQ-Construction. Il a dit avoir envoyé une équipe inspecter les chantiers la semaine dernière et que rien ne lui permettait de croire que de telles situations se produisaient.

C'est en parcourant la Côte-Nord qu'une équipe de l'émission Enquête de Radio-Canada en est venue à la conclusion que la violence dans le secteur de la construction est encore bien présente sur les chantiers où la FTQ-Construction contrôle l'embauche.

Elle a rencontré des dizaines de travailleurs qui se disent victimes de discrimination, d'intimidation et de menaces par la FTQ-Construction.

D'ailleurs, le refus du gouvernement du Québec de déclencher une commission d'enquête publique sur le milieu de la construction suscite des réactions de plus en plus vives et des questionnements de plus en plus pointus.

Le maire de Sept-Îles, Serge Lévesque, a déclaré lundi qu'il souhaitait une enquête transparente, qu'elle soit policière ou autre.

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