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Le PQ montre la porte au SPQ libre

La chef péquiste Pauline Marois au colloque du parti sur l'économie, à Lévis.

La chef péquiste Pauline Marois au colloque du parti sur l'économie, à Lévis.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

La direction du parti expulse son club politique de gauche lors du colloque des péquistes à Lévis, mais invite ses membres à rester comme simples militants. Québec solidaire y voit la fin du PQ progressiste.

La direction du Parti québécois a décidé d'exclure de ses rangs le SPQ libre, un club politique de gauche.

La décision a été prise samedi soir lors d'une réunion de l'exécutif national à Lévis, où le PQ tenait un colloque sur la création de la richesse. Elle a ensuite été entérinée, dimanche matin, par l'assemblée des présidents du parti.

Aux yeux de plusieurs membres et députés du PQ, le SPQ libre, toujours prompt à contester les positions de la chef Pauline Marois, est devenu un boulet pour le parti.

Le président du parti, Jonathan Valois, a expliqué la décision de l'exécutif en soulignant que le SPQ libre passait la majorité de son temps à critiquer plutôt qu'à faire avancer les idées du parti. « Des ennemis, il y a en partout autour de nous. C'est déjà assez ! », a-t-il lancé.

Le SPQ libre a d'ailleurs été bien seul, cette fin de semaine, à ne pas apprécier le nouveau discours de la chef péquiste.

Pauline Marois a proposé aux militants réunis de moderniser la vision sociale-démocrate du parti, en misant davantage sur la création de la richesse individuelle.

« C'est sûr que si on avait été des béni-oui-oui, on aurait continué à être reconnu comme club politique, ce qui n'est pas le cas. On est des syndicalistes pour ça », a affirmé le président du SPQ libre et ancien dirigeant de la CSN, Marc Laviolette, après la nouvelle de son exclusion.

La chef Pauline Marois a plutôt souligné que les militants ne se reconnaissaient plus dans le SPQ libre. « Ils avaient l'impression de se faire tasser », a-t-elle plaidé, en clôture du colloque.

Elle rappelle qu'à l'origine de la création de ce club, il était entendu que d'autres clubs du genre verraient le jour, représentant différents courants de pensée. Désormais, conclut-elle, « il n'y aura plus de clubs politiques au Parti québécois. Les membres du SPQ libre sont cependant invités à rester à titre individuel, comme simples militants.

Virage à droite

Pour M. Laviolette, l'expulsion du club de gauche ne fait que confirmer le virage à droite entrepris par le PQ.

« C'est une continuité. Il y a eu la déclaration [de Pauline Marois] comme quoi les demandes du secteur public étaient un peu élevées. On s'est réuni ici pour voir comment on enrichissait les individus au Québec. Et maintenant, on ne veut plus de formes organisées de syndicalistes et de progressistes au sein du parti. »

Ce club politique de gauche avait été créé en 2004 avec l'aval de l'ancien chef péquiste Bernard Landry, qui jugeait alors qu'il était préférable d'inclure les voix discordantes du mouvement souverainiste dans le PQ. Il a ouvert le parti à des clubs politiques, un peu sur le modèle des partis politiques français, mais aucun autre club n'avait vu le jour.

Le SPQ libre, qui regroupe environ 350 membres, s'est fait le défenseur des politiques sociales, et surtout du syndicalisme.

Les ténors du SPQ libre ont indiqué qu'ils demanderaient un vote explicite sur leur exclusion lors du prochain conseil national du PQ, en 2011. En attendant, ils ont l'intention de continuer de s'exprimer aussi librement qu'avant, ont-ils affirmé en point de presse.

Québec solidaire proclame la fin du PQ progressiste

Le député de Québec solidaire, Amir KhadirAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir

Québec solidaire a réagi par voie de communiqué pour commenter l'expulsion du SPQ libre. La formation politique de gauche estime que le PQ se range ainsi définitivement à droite sur l'échiquier politique.

Le député Amir Khadir juge cette expulsion symbolique de ce virage, d'autant plus qu'il survient lors d'un colloque organisé pour « célébrer les vertus de l'enrichissement personnel.

Françoise David, présidente du parti, estime pour sa part que cette décision consacre la fin du « préjugé favorable du PQ envers les salariés ».

L'expulsion du SPQ libre a aussi fait réagir le directeur québécois du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile.

Jean-Pierre Fortin, qui est aussi vice-président de la FTQ, dénonce ce virage à droite du PQ qui, estime-t-il, risque de priver le parti « de ses éléments parmi les plus dynamiques et les plus mobilisateurs ».

Il rappelle d'ailleurs, en guise d'avertissement, qu'il fut le seul vice-président de la FTQ à défendre l'appui au PQ lors des dernières élections provinciales.

Avec les informations de La Presse canadienne, et La Presse

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