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Mes plus beaux Jeux!

Radio-Canada

Bonjour à tous,

Déjà les Jeux olympiques sont terminés. Mais quels Jeux! Les plus beaux de mes quatre JO.

Une ambiance survoltée. À toute heure du jour ou de la nuit, on entendait des « Go Canada Go ». Tellement que ça nous manque depuis notre retour. Pas seulement à nous les athlètes. Tous les membres de ma famille (mon copain, mon père, ma belle-mère, mon frère) qui y ont assisté vivent aussi un petit blues olympique.

Tout était parfait. Le transport, la nourriture, l'hébergement. Difficile de se plaindre quand on vit dans un condo qui va se vendre 3,5 millions de dollars! De plus, Marianne et moi avions la plus belle chambre... avec douche et bain. Ce qui a fait dire à ma jeune coéquipière qu'il y avait des privilèges de partager la chambre de la plus vieille de l'équipe!

Marianne St-Gelais

Marianne St-Gelais

Photo : La Presse canadienne / Robert Skinner

J'ai eu tellement de plaisir avec Marianne. Beaucoup de rires et de longues discussions avant de s'endormir. Sa médaille d'argent ne l'a pas changée pour un sou. Elle est toujours aussi calme, oui ça lui arrive, et humble.

J'étais ravie de sa victoire. Mais en tant que doyenne, il faut bien jouer son rôle parfois. Je lui ai fait comprendre de l'apprécier parce qu'il y a plusieurs athlètes qui travaillent autant qu'elle et qui n'auront jamais de médaille.

Ça m'horripile d'entendre des gens dire : « Ils ont craqué sous la pression. » Ça peut arriver, oui, mais ce n'est pas toujours ta journée. Pour gagner une médaille, ça prend une forme physique, une forme mentale... et un peu de chance.

Un choix déchirant, mais justifié

Personnellement, côté performance, mon plus beau moment a été ma finale au 1500 m. C'était la première fois de ma carrière que je disputais une finale aux JO.

Évidemment, je suis contente d'avoir décroché une médaille d'argent au relais. En fait, le bronze nous satisfaisait amplement. On savait les Chinoises et les Sud-Coréennes supérieures. Nous, on a tout donné et on a battu le record canadien.

Certains journalistes ont déploré nos célébrations sur la glace. On ne célébrait pas la disqualification de la Corée du Sud, qui selon moi était justifiée, mais la couleur de la médaille (l'argent est vraiment plus beau que le bronze) et les 5000 $ de plus associés à une médaille d'argent. Je ne le vous cache pas, 15 000 $ au lieu de 10 000 $, ça fait une différence pour nous.

Kalyna Roberge, Valérie Maltais (réserviste), Marianne St-Gelais, Tania Vicent et Jessica Gregg

Kalyna Roberge, Valérie Mltais (réserviste), Marianne St-Gelais, Tania Vicent et Jessica Gregg

Photo : La Presse canadienne / AP Photo/David J. Phillip

Seule déception à cette médaille d'argent, c'est de l'avoir gagnée à quatre et non à cinq. Valérie (Maltais) n'a pas pris part à la demi-finale ni à la finale. Mais les entraîneurs ont pris la bonne décision. Valérie n'a que 19 ans, elle est moins forte et moins constante dans ses relais.

En demi-finales, nous affrontions la Chine, le Japon et la Hongrie. Tout le monde connaît la suprématie de la Chine, donc il fallait terminer derrière elle. Sauf que deux fois cette année en Coupe du monde, les Japonaises nous avaient battues. Donc, il n'y avait aucune chance à prendre, même si on avait le coeur déchiré. Il fallait présenter la meilleure équipe, c'est le seul moyen de gagner.

Mon dernier voyage!

La fièvre olympique s'estompe à peine, que déjà je dois me remettre en mode compétition. Presque pas le temps de poser mes valises. En effet, samedi, je m'envole vers la Bulgarie afin d'y disputer les Championnats du monde.

Dans mon cas, je dirais que c'est une bonne chose. Je préfère ne pas avoir le temps de respirer parce que ce voyage est mon dernier en tant qu'athlète.

Par contre, je suis un peu déçue de ne pas avoir été l'une des trois patineuses retenues pour les distances individuelles. Je devrai me contenter du relais.

Avant les JO, les entraîneurs avaient décrété qu'une médaille individuelle à Vancouver ouvrait automatiquement la porte pour les distances individuelles. Le cas de Marianne était donc réglé. Ensuite, la sélection de Kalyna (Roberge) ne faisait aucun doute en raison de ses résultats en Coupe du monde.

Donc, la dernière place disponible se jouait entre Jessica (Gregg) et moi. Les entraîneurs se sont-ils basés sur les résultats du 1000 m aux JO? Je ne le sais. Jessica a atteint la finale B, tandis que moi, j'ai été disqualifiée.

Tania Vicent

Tania Vicent

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Ils m'ont dit qu'ils pensaient davantage au futur. Comme ma carrière tire à sa fin, il faut croire que la vieille doit laisser sa place. Ça me frustre un peu. La compétitrice en moi aurait aimé patiner. Je ne suis pas du genre à dire : je te donne ma place. Mais bon, je vais être prête physiquement au cas où et je vais être là pour encourager l'équipe.

Cependant, je suis contente de ne pas conclure ma carrière en Bulgarie. Je déteste ce pays. Le temps toujours maussade, les gens à l'air triste, les terrains abandonnés, rien de bien gai. Depuis la chute du communisme, le gouvernement ne s'occupe plus de rien.

De plus, il y a beaucoup de chiens errants dans les rues, mal nourris. Moi, ça me crève le coeur. J'adore les chiens. J'en ai un. Alors, je les nourris. L'an dernier, il y avait une portée de chiots à l'aréna et ils avaient tous un handicap. Sauf que là-bas, l'euthanasie n'est pas une option.

Ironiquement la semaine suivante, les Championnats du monde par équipe se déroulent à Bormio, l'un de mes endroits favoris.

Je vous reviens donc dans deux semaines, de l'Italie... entre un petit verre de rouge et un chocolat chaud!

À bientôt!