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Québec vient en aide aux femmes

Le ventre d'une femme enceinte
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Trois cycles de fécondation assistée seront bientôt offerts gratuitement aux couples et aux femmes qui peinent à concevoir un enfant.

Les couples et les femmes seules du Québec qui n'arrivent pas à concevoir des enfants de manière naturelle auront accès gratuitement à trois cycles de fécondation assistée dès la fin du printemps. La gratuité sera assurée autant pour les médicaments que pour les activités médicales.

La nouvelle a été confirmée jeudi par le ministre de la Santé, Yves Bolduc, lors d'un point de presse tenu à l'Hôpital Royal-Victoria à Montréal, auquel est rattaché le Centre de reproduction McGill.

Les gestes posés par notre gouvernement placent le Québec à l'avant-garde. Nous sommes les premiers en Amérique du Nord à offrir une telle couverture.

Une citation de :Le ministre Yves Bolduc

« Même à l'échelle internationale, peu de sociétés sont aussi avancées que la nôtre dans la couverture de ces services par le régime public », a poursuivi le ministre Bolduc.

Le Conseil des ministres avait adopté la veille deux règlements reliés à la procréation assistée. Le premier incorpore la fécondation assistée au panier de services de la Régie de l'assurance maladie du Québec; le deuxième encadre les activités cliniques, comme le nombre d'embryons implantés.

Afin de limiter les grossesses multiples, un médecin pourra décider d'implanter un maximum de deux embryons à une femme âgée d'au plus 36 ans et de trois à une femme de 37 ans ou plus.

En outre, en vertu des règlements, un diagnostic génétique préimplantatoire ne pourra être effectué sur des embryons que pour détecter des maladies graves et des anomalies chromosomiques.

Les règlements abordent aussi des questions comme le consentement éclairé, l'éthique, l'information sur les procédures et leurs taux de succès et les normes relatives aux activités cliniques.

Le ministre a indiqué que les services de base seront graduellement étendus aux régions. Les services plus spécialisés seront toutefois concentrés dans les cliniques de procréation et dans les centres hospitaliers universitaires.

Les règlements en question entreront officiellement en vigueur 45 jours après leur publication dans la Gazette officielle.

Le ministre a par ailleurs profité de sa présence à l'Hôpital Royal-Victoria pour annoncer un investissement de 2 millions de dollars à son centre de reproduction pour financer ses rénovations ainsi que l'ajout de nouveaux locaux et de nouveaux équipements.

Des coûts sous-estimés?

La nouvelle réjouira sans contredit les parents qui souhaitent avoir accès à ces services. Chaque cycle de fécondation coûte de 12 000 à 15 000 $.

Le ministère de la Santé croit que le nombre de fécondations in vitro pourrait passer de 2500 par année à 10 000 en 2013.

Le ministre Bolduc a évalué le coût des nouvelles mesures à 32 millions de dollars pour la première année et à 80 millions de dollars « à terme ». Il s'est défendu d'en sous-estimer les coûts, faisant valoir que la restriction du nombre d'embryons implantés et la diminution du nombre de grossesses multiples actuellement provoquées par ces techniques permettraient de faire des économies.

Présentement, 30 % des grossesses obtenues en procréation assistée sont des grossesses multiples, a-t-il expliqué. De telles grossesses entraînent des coûts de santé et des coûts sociaux, puisque les enfants peuvent avoir de sérieux problèmes de santé, a-t-il argué.

Pas de « droit à l'enfant »

L'ajout de services de procréation assistée dans la liste des services de santé offerts gratuitement ne plaît cependant pas à la Commission de l'éthique de la science et de la technologie (CEST). Dans une lettre d'opinion publiée lundi, l'organisme déplore que le gouvernement Charest ait fait ce choix.

« Ces nouveaux services augmenteront la pression financière sur le budget du MSSS qui, pour l'année 2009-2010, monopolise 44,8 % du budget total du Québec », indique la CEST.

Mandatée par le gouvernement en 2007 pour analyser en profondeur les enjeux éthiques et les valeurs de la société en matière de procréation assistée, la CEST a formulé en décembre dernier 19 recommandations « dont l'esprit va à l'encontre de l'annonce faite par le ministre [Bolduc] en janvier ».

Bien qu'elle reconnaisse la légitimité du désir d'enfant et la douleur réelle des couples infertiles, la CEST soutient qu'il n'existe pas de « droit à l'enfant ». Par conséquent, dit-elle, « l'État n'est pas tenu d'accéder à toutes les demandes des citoyennes et des citoyens en matière de procréation assistée ».

Lorsqu'une personne éprouve des difficultés à procréer de manière naturelle, poursuit la Commission, l'adoption devrait constituer une solution de rechange.

Or, dans un contexte où les ressources budgétaires, matérielles et humaines se font plus rares - on le constate cette semaine encore avec le débordement des urgences de Montréal -, les moyens ne suffiront pas pour combler tous les besoins. Raison de plus pour bien distinguer entre les droits et les désirs.

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