•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec finance l'enseignement religieux

Des enfants dans une garderie

Photo : La Presse canadienne / Ian Barrett

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs garderies subventionnées offrent des programmes éducatifs visant, notamment, à propager l'Islam ou encore à initier au judaïsme, rapporte la Presse canadienne.

Le gouvernement du Québec finance des garderies qui enseignent aux enfants des rites et dogmes religieux, dans certains cas ultra-orthodoxes, rapporte la Presse canadienne.

Par exemple, en 2007 et 2008, le ministère de la Famille, qui est responsable de l'attribution des places en garderies, a accordé 80 places à 7 $ à l'Association islamique des projets charitables, afin d'ouvrir la garderie privée Oasis Bout'chou, à Laval. Au registraire des entreprises, la garderie mentionne que son but est de : « Propager l'enseignement islamique parmi les musulmans et les non-musulmans. »

« Nos enfants vont savoir c'est quoi la croyance d'un musulman, qu'est-ce qu'on fait comme musulman pour prier », avait récemment déclaré le porte-parole de l'Association islamique des projets charitables Bassam Derbas. En plus de la garderie Oasis Bout'Chou, l'Association islamique des projets charitables possède aussi une école à Laval.

Le PLQ accusé de favoritisme

Au cours des dernières semaines, le PQ a accusé le Parti libéral du Québec de favoritisme dans le dossier des projets de garderies privées. Le PQ a notamment révélé que les administrateurs de la garderie Oasis Bout'chou étaient d'importants contributeurs à la caisse du PLQ.

La communauté juive bénéficie aussi de la situation. Il y a une dizaine d'années, le ministère de la Famille a aussi accordé des places en garderies au rabbin ultraorthodoxe Yosef Minkowitz, qui dirige le Centre de la petite enfance (CPE) Beth Rivkah, à Montréal.

Le CPE Beth Rivkah ne cache pas son programme éducatif. Sur son site Internet, on peut lire que : « Apprendre la Torah, c'est vivre la Torah. Toutes nos activités journalières sont pénétrées de l'esprit de Torah et de la tradition juive, exposant ainsi l'enfant vers un riche mélange d'études juives et laïques. »

En 2009, la subvention gouvernementale du CPE Beth Rivkah est passée à 1,3 million de dollars, en hausse de 31 797 $. Ce CPE est le plus important au Québec. Il possède 124 places, soit 44 de plus que le maximum autorisé.

Ce n'est pas le seul exemple où Québec a assoupli ses règles pour accommoder la communauté juive. En 2006, le ministère de la Famille avait aussi contourné ses propres règles pour confier un bureau coordonnateur à l'organisme Gan unifié, qui peut depuis gérer quelque 600 places de garderies à Montréal. La communauté juive a même sa propre association de CPE.

Liberté totale

Ce sont les conseils d'administration des garderies qui établissent les contenus des programmes éducatifs offerts dans les établissements. En l'absence de toute balise, les responsables des services de garde peuvent transmettre en toute liberté les valeurs et croyances correspondant à leur appartenance religieuse.

Autres exemples

Plusieurs autres services de garde misent ouvertement sur leur vocation religieuse pour convaincre les parents d'y inscrire leurs enfants. Ainsi, sur son site Internet, la garderie privée Petite fleur, de l'arrondissement de Saint-Laurent à Montréal, mentionne qu'elle est située« à côté de la mosquée Rawda et Madani », dans un « cadre idéal pour apprendre l'arabe et le Coran ».

La garderie Sindibad, à Montréal, offre des « activités islamiques », tandis que la garderie de l'École de l'excellence, à Québec, dit s'inspirer du « Coran et de la Sunna » et offre « le service de dîner et prière ».

Le ministre de la Famille, Tony Tomassi, n'a pas voulu répondre à la Presse canadienne. Sa porte-parole, Isabelle Mercille, a toutefois affirmé qu'« aucune place n'est attribuée selon l'appartenance religieuse ou selon un motif religieux ». Le cabinet du ministre assimile aussi l'enseignement religieux dispensé dans les garderies à une « couleur locale ».

La porte-parole du Mouvement laïque québécois, la professeure de philosophie Marie-Michèle Poisson, se dit très préoccupée de la situation. Selon elle, les enfants sont ainsi soumis « à l'endoctrinement religieux ou idéologique » et leur « intégrité mentale ou psychique est menacée ».

Pour sa part, l'opposition officielle demande au ministre Tomassi de fixer des balises sur la question. « On s'interroge sérieusement : est-ce que c'est le rôle de l'État de financer des garderies à but lucratif à vocation religieuse? », a commenté le député Nicolas Girard, porte-parole du PQ en matière de famille et de services de garde.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !