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Exclusif

Rejet massif de l'entente avec Québec

Sondage sur Énergie NB
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Néo-Brunswickois s'opposent majoritairement à l'entente conclue avec le Québec pour la vente d'actifs d'Énergie NB et ils souhaitent pouvoir voter sur ce contrat, selon un sondage réalisé pour Radio-Canada.

La majorité des Néo-Brunswickois s'oppose à l'entente conclue avec le Québec pour la vente d'actifs de la société Énergie NB, selon un sondage réalisé par la firme Recherche Omnifacts pour Radio-Canada.

Jusqu'à 76 % des Néo-Brunswickois sont peu ou pas favorables à la nouvelle entente présentée en janvier. La première entente annoncée en novembre dernier est pour sa part rejetée par 83 % des gens. Le sondage révèle aussi que 49 % des répondants confondent les deux ententes.

« La moitié des gens n'étaient pas au courant de la différence entre les deux ententes. Cependant, on constate que les plus âgés sont davantage au courant que les plus jeunes », souligne Maryse Courville, conseillère principale chez Recherche Omnifacts.

Les données du sondage démontrent que les citoyens veulent en savoir plus sur la nouvelle entente et qu'ils souhaitent pouvoir voter sur ce contrat.

Neuf citoyens sur dix croyaient que le contrat devrait être formellement rendu public avant d'être conclu, et neuf citoyens sur dix croyaient aussi que les gens du Nouveau-Brunswick devraient pouvoir voter sur la question.

Maryse Courville, Recherche Omnifacts

Le gel de cinq ans des tarifs résidentiels proposé dans l'entente n'a pas réussi à séduire les Néo-Brunswickois. Jusqu'à 72 % des gens estiment que cette mesure n'est pas avantageuse, contre 22 % qui l'estiment avantageuse.

Les personnes sondées croient que ce sont les grandes entreprises (25 %), Hydro-Québec (19 %) et le Québec (19 %) qui seront les plus grands bénéficiaires de la vente. Seulement 6 % des répondants jugent que la province du Nouveau-Brunswick sera la plus grande bénéficiaire, et 4 % jugent que ce seront les abonnés résidentiels.

L'opinion publique varie selon les régions et la langue. Ainsi, 16 % des francophones et 6 % des anglophones appuient la nouvelle entente de vente, tandis que 62 % des francophones et 81 % des anglophones s'y opposent.

Faible appui accordé au Québec

La majorité des répondants, soit 65 % d'entre eux, croient que le Québec n'est pas un bon partenaire pour conclure une entente sur cette vente.

Les francophones expriment cette opinion dans une proportion de 57 % et les anglophones dans une proportion de 67 %. Seulement 28 % de l'ensemble des répondants estiment que le Québec est un bon partenaire.

La majorité des répondants (78 %) s'opposent à la proposition de garder les lignes de transmission en cédant un droit de passage permanent à Hydro-Québec vers les États-Unis.

La majorité des répondants (43 %) ne savent pas à qui faire confiance pour négocier l'entente. De plus, 10 % d'entre eux ne font confiance à personne à ce sujet et 10 % disent qu'ils ne veulent personne parce qu'ils désapprouvent la vente.

Influence sur l'électorat

Le sondage indique aussi une plus forte opposition à l'entente dans les régions traditionnellement conservatrices. Il n'est donc pas étonnant que 79 % des répondants évaluent de façon négative la gestion de l'entente par le gouvernement libéral de Shawn Graham.

Le politologue Denis Duval souligne qu'il y a à peine un an, le premier ministre libéral Shawn Graham atteignait des sommets de popularité. « Il était à 69 % des gens qui étaient favorables à son bilan. Donc, c'est une grosse diminution en peu de temps », juge M. Duval.

Jusqu'à 67 % des répondants disent que la vente d'actifs d'Énergie NB va influencer leur vote, contre 30 % qui disent qu'elle ne les influencera pas.

Voilà de quoi donner des munitions aux partis d'opposition lors de la prochaine campagne électorale à l'automne. « C'est du bonbon pour l'opposition. Ça lui donne un os pour attaquer le bilan du gouvernement », affirme Denis Duval.

S'il y avait eu des élections provinciales au moment du sondage, en février, 24 % des répondants auraient voté pour le Parti progressiste-conservateur, 19 % auraient voté pour le Parti libéral, 8 % pour le NPD et 2 % pour le Parti vert.

Le taux d'électeurs indécis parmi l'ensemble des répondants s'élève à 37 %. Un répondant sur vingt ne prévoyait pas voter.

Réactions politiques

À la suite de la publication du sondage, le premier ministre Shawn Graham se dit plus que jamais convaincu de la nécessité de conclure cette transaction pour garder les tarifs d'électricité dans la province à un taux raisonnable.

« Si on ne [prend] pas de décision, une chose est claire. Le prix de l'électricité va augmenter très rapidement dans la province du Nouveau-Brunswick, et le plan d'énergie que notre gouvernement a sorti va diminuer le coût de l'électricité pour chaque résident. Ça, c'est la chose la plus importante dans ce débat », affirme Shawn Graham.

Selon le ministre d'Entreprises Nouveau-Brunswick, Victor Boudreau, les citoyens doivent être informés davantage sur les enjeux de l'entente.

« Les gens ne font pas la distinction entre la première entente et la deuxième. Alors, c'est certain qu'on doit continuer à faire plus comme gouvernement pour rendre autant d'information que possible à la disposition de la population afin que la population puisse prendre une décision éclairée », a déclaré Victor Boudreau.

Selon le député progressiste-conservateur Jeannot Volpé, les gens ont eu un message clair à transmettre au gouvernement libéral. « Il y a comme 99 % des gens qui ont été interviewés qui disent qu'ils ont au moins entendu parler de l'entente. C'est très important parce que souvent les gens ne sont même pas au courant du dossier. Donc, si les gens sont au courant et qu'ils s'opposent, c'est un message assez clair pour le premier ministre », juge le député Volpé.

Le sondage

Le sondage réalisé par la firme Recherche Omnifacts compte 1002 répondants, des adultes de toutes les régions de la province. Il a eu lieu du 3 au 25 février 2010. La marge d'erreur globale est de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.

Rappelons qu'Hydro-Québec se portera acquéreur des installations hydroélectriques néo-brunswickoises ainsi que de la centrale nucléaire de Point Lepreau lorsque les travaux de remise à neuf seront terminés. La transaction s'élève à 3,2 milliards de dollars. Le Nouveau-Brunswick conservera son réseau de distribution d'électricité.

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