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Se tuer pour 1500 $

Scène extraite de « On achève bien les chevaux », l'adaptation théâtrale de Marie-Josée Bastien

Scène extraite de On achève bien les chevaux, l'adaptation théâtrale de Marie-Josée Bastien

Photo : Louise Leblanc

Richard Raymond

Le Théâtre de Quat'Sous présente On achève bien les chevaux, une libre adaptation du roman d'Horace McCoy écrite et mise en scène par Marie-Josée Bastien. Entrevue avec une « fille de gang ».

Ils sont jeunes. En chômage. Ils ne font pas exception. Toute la jeunesse des années 30 était au chômage. On achève bien les chevaux traite de la Grande Dépression, qui a refusé sa chance à cette génération.

C'est une période que j'aime beaucoup. Je trouve ça fascinant comme période.[[citation auteur="Marie-Josée Bastien" ]]

En entrevue avec Radio-Canada.ca, Marie-Josée Bastien ne cache pas son faible pour l'histoire, les années 30 en particulier. Cette décennie fascine la metteure en scène pour le bouillonnement dont elle a été le théâtre.

Ce qui a séduit cette femme généreuse dans On achève bien les chevaux, le roman de Horace McCoy : le marathon de danse, avec son grand prix de 1500 $. Une somme qui assure au couple gagnant un avenir, permet tous les espoirs et justifie tous les excès!

Ce que j'aimais dans le roman, c'est le marathon de danse. Je trouve que se tuer pour avoir 1500 $, c'est formidable comme objectif de show.[[citation auteur="Marie-Josée Bastien" ]]

Hommage à une génération perdue

Marie-Josée Bastien signe non seulement la mise en scène du spectacle, mais aussi une libre adaptation du roman. Elle considère que sa pièce rend hommage aux personnes qui ont vécu la Grande Dépression. Une génération perdue, selon elle.

J'aime raconter l'histoire extraordinaire du monde ordinaire. J'aime récolter les anecdotes, les histoires familiales.[[citation auteur="Marie-Josée Bastien" ]]

Au début de la pièce, il y a la foule, la foule de tous ceux qui s'inscrivent au marathon. Peu à peu on découvre les couples, puis l'individu, avant de plonger dans l'intimité de chacun.

C'est comme un long traveling. J'avais envie de raconter l'histoire de cinq couples, contrairement au roman qui raconte l'histoire d'un couple.[[citation auteur="Marie-Josée Bastien" ]]

Scène extraite de « On achève bien les chevaux », l'adaptation théâtrale de Marie-Josée BastienAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Scène extraite de « On achève bien les chevaux », l'adaptation théâtrale de Marie-Josée Bastien

Photo : Louise Leblanc

Processus de création

Pour créer ces 11 personnages hors roman, l'adaptatrice a d'abord rencontré des gens qui avaient connu la crise. Ensuite, elle engagé un long processus de création des protagonistes en compagnie de ses comédiens. Dans un premier temps, elle leur a demandé de laisser parler le corps, sans dire un mot. Des personnages se sont dessinés, dit-elle.

Après ça, j'ai fait un CV pour tout le monde. Je leur ai donné chacun un CV de personnage.[[citation auteur="Marie-Josée Bastien" ]]

Marie-Josée Bastien a alors demandé aux comédiens d'improviser à partir des CV. Elle a écrit des scènes, avant de les réunir en couple. Ont suivi d'autres improvisations avec le mouvement et la parole.

Je suis arrivée chez nous avec plein de stock, et j'ai écrit la pièce.[[citation auteur="Marie-Josée Bastien" ]]

En fait, avant d'arriver au final, l'auteure a écrit toute l'histoire de chaque couple en une douzaine de scènes avant de choisir quatre ou cinq scènes par couple.

Chez nous, j'ai des caisses de scènes.[[citation auteur="Marie-Josée Bastien" ]]

À la blague, elle affirme, dans un grand éclat de rire, qu'elle pourrait écrire On achève bien les chevaux 2 - La revanche.

Une fille de gang

Ce rire reviendra souvent au cours de l'entrevue avec celle qui ne peut se passer ni de l'enseignement qu'elle dispense au Conservatoire d'art dramatique de Québec, ni du jeu, ni de la mise en scène. Elle se définit comme une fille de gang.

Pour les scènes de danse, cette fille de gang s'est assuré la collaboration du chorégraphe Harold Rhéaume. Créé à Québec en 2006, On achève bien les chevaux a bénéficié de bonnes critiques. Un an plus tard, la pièce partait en tournée et a été jouée 47 fois dans une trentaine de villes du Québec, mais pas à Montréal.

L'invitation du Quat'Sous vient combler cette carence. Après Montréal, les villes de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, Rimouski et Mont-Laurier pourront tomber, elles aussi, sous le charme de la Grande Dépression.

On achève bien les chevaux

Libre adaptation et mise en scène : Marie-Josée Bastien
collaboration aux mouvements : Harold Rhéaume
avec Emmanuel Bédard, Lorraine Côté, Jean-Michel Déry, Vincent Fafard
Hugues Frenette, Érika Gagnon, Annie LaRochelle, Véronika Makdissi- Warren
Valérie Marquis, Sylvain Perron et Réjean Vallée
Théâtre de Quat'Sous, du 4 au 20 mars
Théâtre populaire d'Acadie, Caraquet : le 25 mars
Spect'Art, Rimouski : le 30 mars
Munispec, Mont-Laurier : le 1er avril