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Exclusif

L'étudiante expulsée donne sa version

Naïma Atef Amed

Naïma Atef Amed

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans une entrevue exclusive accordée à Radio-Canada, l'étudiante d'origine égyptienne exclue d'un cours de francisation parce qu'elle refusait d'enlever son voile intégral affirme n'avoir jamais sollicité d'accommodements.

Naïma Atef Amed, l'étudiante d'origine égyptienne qui a été exclue d'un cours de francisation au cégep de Saint-Laurent parce qu'elle refusait d'enlever son voile intégral, a donné sa version des faits, mercredi, lors d'une entrevue accordée à l'émission 24 heures en 60 minutes.

C'est le ministère québécois de l'Immigration qui avait pris cette décision en novembre dernier, intervenant à la demande de l'institution collégiale. Le témoignage de l'étudiante, traduit par une interprète, contredit la version du collège.

Je n'ai pas demandé d'accommodements lors de mon cours. C'est plutôt dans la classe et dans l'école qu'on me demandait beaucoup de choses.

Une citation de :Naïma Atef Amed

Les problèmes ont commencé lorsque l'enseignante lui a demandé de faire une présentation orale à visage découvert, a affirmé en arabe la jeune femme de 29 ans. C'est l'enseignante et non elle-même, a-t-elle soutenu, qui a demandé aux étudiants de sexe masculin de se tourner face au mur.

Naïma Atef Amed dit avoir trouvé cette proposition « insultante et impolie » pour les hommes et elle assure avoir plutôt suggéré de faire son exposé au milieu de la classe de façon à tourner le dos aux hommes présents. Elle affirme en outre avoir répondu à toutes les questions qui ont suivi sa présentation, autant celles posées par les hommes que par les femmes.

Lors de ses cours, elle a déjà enlevé son niqab lorsqu'elle ne pouvait être vue que par des femmes, a-t-elle poursuivi.

Liberté de religion vs égalité hommes-femmes

« Comprenez-vous que ça heurte de front le principe des valeurs d'égalité entre les hommes et les femmes qui prévalent dans la société québécoise? », a ensuite demandé l'animatrice Anne-Marie Dussault.

Naïma a dit ne pas comprendre en quoi le port du niqab en classe posait problème.

J'ai cru comprendre que la société québécoise est une société libre et qui me permettait de m'habiller comme je le voulais. Moi, je vois le niqab comme un vêtement que j'ai choisi de porter, que je veux porter et dans lequel je me sens à l'aise. Qu'une femme choisisse de porter une robe, une jupe ou un pantalon, c'est son choix.

Une citation de :Naïma Atef Amed

Une décision facile à prendre, estime Gérard Bouchard

Gérard BouchardAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gérard Bouchard, lors de son passage à l'émission de Christiane Charette

Photo : Christian Côté

L'ancien coprésident de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, Gérard Bouchard, approuve la décision d'expulser l'étudiante.

« C'est une tempête dans un verre d'eau, en ce sens que la décision était facile à prendre », a-t-il soutenu mercredi matin en entrevue à l'émission Christiane Charette.

Selon lui, les dirigeants de l'établissement d'enseignement auraient dû gérer la situation à l'interne.

Ce qu'on doit retenir, c'est le manque d'assurance des gestionnaires qui ont cru devoir référer cette question au ministère plutôt que de prendre la décision eux-mêmes, alors qu'ils avaient tout ce qu'il fallait pour le faire.

Une citation de :Gérard Bouchard

Québec promet d'agir

La vice-première ministre du Québec, Nathalie Normandeau, a par ailleurs indiqué que le gouvernement Charest poserait prochainement des gestes pour clarifier les situations comme celle qui a mené à l'expulsion de l'étudiante, sans toutefois préciser en quoi ils consisteraient.

« On a pris nos responsabilités, mais dans les circonstances, il faut aller encore plus loin », a-t-elle affirmé.

La ministre Normandeau a rappelé la position énoncée la veille par le premier ministre Jean Charest : les citoyens doivent se présenter à visage découvert pour recevoir des services publics.

La nouvelle, qui n'est sortie que cette semaine dans les médias, a suscité une pluie de réactions, autant dans le milieu politique, que dans celui de l'éducation ainsi qu'au sein des groupes de femmes et de musulmans.

Le débat est loin d'être clos, puisqu'on attend au cours des prochains mois une décision de la Commission des droits de la personne, auprès de laquelle Naïma Atef Amed a déposé une plainte.

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