•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le bilan confirmé est de 300 morts

Dommages à Concepcion

À Concepcion, de nombreux édifices ont été lourdement endommagés.

Photo : La Presse canadienne / AP Photo

Radio-Canada

Plus de 300 personnes ont jusqu'ici perdu la vie lors du puissant séisme qui a frappé le pays, selon le plus récent bilan officiel. Des vagues géantes suscitées par un tsunami ont déferlé dans les rues de Talcahuano.

Le bilan des victimes ne cesse de s'alourdir au Chili après le séisme d'une magnitude de 8,8 qui a secoué le pays pendant une minute et demie, dans la nuit de vendredi à samedi.

La directrice du Bureau national d'urgence (ONEMI), Carmen Fernandez, a confirmé en soirée que plus de 300 personnes avaient perdu la vie. La grande majorité des victimes auraient été tuées dans leur sommeil.

Plus tôt, lors de sa première intervention publique depuis le séisme, la présidente sortante Michelle Bachelet avait fait état d'un bilan inférieur, ajoutant que deux millions de personnes étaient affectées par le séisme. Le nombre des seuls sinistrés est estimé à 400 000.

Selon la ministre du Logement, Patricia Poblete, environ 1,5 million d'habitations ont été endommagées. De ce nombre, le tiers le sont fortement.

De nombreux Chiliens refusent encore de regagner leur maison et passent la nuit dans les rues, par crainte des répliques qui se succèdent les unes aux autres, depuis la première secousse.

L'épicentre du tremblement de terre a été localisé dans l'océan Pacifique, à 325 km au sud-ouest de Santiago, à une profondeur de 35 km.

Ce sont les zones côtières, avec une population de trois millions d'habitants, qui sont les plus touchées. L'état de catastrophe naturelle a été décrété dans le centre du pays.

La ville de Concepcion, la deuxième ville du pays, est plus touchée que la capitale Santiago, située un peu plus à l'intérieur du pays.

À Santiago, des infrastructures routières ont été lourdement endommagées.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À Santiago, des infrastructures routières ont été lourdement endommagées.

Photo : AFP / Telesur

La majorité des édifices de Concepcion se sont effondrés, et de nombreuses personnes se trouveraient encore sous les décombres. Les secouristes poursuivent les fouilles, au coeur de la nuit, en ayant recours à des générateurs.

Concepcion a été totalement isolé du reste du pays pendant plus de dix heures après le séisme. Plusieurs ponts et routes y menant ont été fortement endommagés.

L'électricité et le téléphone sont coupés, ce qui rend difficile une bonne évaluation de la situation. L'alimentation en eau a aussi été coupée.

Le transport par train est impossible et l'aéroport de Santiago du Chili a été fermé pour au moins 24 heures. Même si la piste était intacte, les autorités aéroportuaires croient qu'elles se seront pas en mesure de recevoir de vols commerciaux avant 72 heures parce que le terminal a été lourdement endommagé. Plusieurs vols internationaux ont été déroutés vers Buenos Aires.

Un tsunami frappe le port de Talcahuano

Le séisme a généré un tsunami. Une vague de plus de deux mètres s'est abattue samedi sur la ville côtière de Talcahuano non loin de Conception, rapporte le Centre d'alerte au tsunami du Pacifique.

Les installations portuaires ont été endommagées.

La télévision chilienne a montré des conteneurs à la dérive dans les rues inondées de la ville portuaire.

Les autorités ne savent pas pour l'instant si les dégâts y sont importants et s'il y a des victimes, les communications avec la ville étant coupées.

Le Centre d'alerte au tsunami pour le Pacifique a levé en début de soirée les avertissements émis plus tôt en journée pour les pays bordés par le Pacifique, à l'exception du Japon et de la Russie.

En pleine nuit

Un résidant de Talca, au Chili, marche dans des décombres, après le tremblement de terre.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un résidant de Talca, au Chili, marche dans des décombres, après le tremblement de terre.

Photo : La Presse canadienne / Roberto Candia

C'est à 3 h 34 du matin, heure locale, dans la nuit de vendredi à samedi, que les Chiliens terrorisés sont sortis dans les rues, certains en pyjamas, alors que des jeunes quittaient les discothèques.

Un journaliste de l'Agence France Presse au Chili a raconté que sa maison « s'est mise à trembler comme de la gelée ».

L'institut de surveillance géologique des États-Unis a évalué sa magnitude à 8,8, mais le réseau de surveillance sismique de Strasbourg l'évalue à 8,2.

Onze répliques ont été enregistrées, dont cinq d'une magnitude égale ou supérieure à 6, dans les deux heures et demie qui ont suivi la première secousse.

La présidente du Chili, Michèle Bachelet, a déclaré plus tôt qu'une énorme vague avait touché la partie basse de l'île Robinson Crusoe où habitent 600 personnes. Cinq ont péri et onze sont portées disparues.

Nous avons eu un tremblement de terre énorme, avec des répliques.

Michèle Bachelet

Les Nations unies, l'Union européenne, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et divers pays, comme le Canada et les États-Unis, ont proposé leur aide au Chili, mais sa présidente sortante a indiqué que les autorités chiliennes « n'avaient besoin de rien de spécial » pour le moment.

La secousse sismique enregistrée au Chili a été plus violente que celle qui a ravagé Haïti le 12 janvier dernier, et coûté la vie à au moins 230 000 personnes. Le Chili, l'un des pays les plus développés d'Amérique latine, est toutefois beaucoup mieux préparé à faire face à un tremblement de terre. Le pays dispose d'ailleurs de normes de constructions antisismiques.

Le Chili est situé dans l'une des zones à la plus forte activité sismique au monde, avec la convergence de deux plaques tectoniques majeures, celle de Nazca et celle d'Amérique du Sud.

Le plus violent tremblement de terre jamais enregistré a frappé cette même région du Chili, le 22 mai 1960. La secousse de magnitude 9,5 avait alors fait plus de 1700 morts. Le tsunami engendré avait fait des morts à Hawaï, au Japon et aux Philippines.

Les 10 séismes les plus meurtriers depuis le XXe siècle

12 janvier 2010 : En Haïti, dans la région de Port-au-Prince, un tremblement de magnitude 7 fait plus de 200 000.

26 décembre 2004 : En Indonésie et sur le pourtour de l'océan Indien, un tremblement de terre de magnitude 9 fait 226 000 morts.

28 juillet 1976 : En chine, dans la région de Tangshan, un séisme de magnitude 7,8 à 8,2 donne un bilan officiel de 242 000 morts et un bilan non officiel de 800 000 morts.

31 mai 1970 : Au Pérou, dans la région d'Ancash, un tremblement de terre de magnitude 7,8 fait 66 794 morts.

6 octobre 1948 : Au Turkménistan soviétique, un séisme de 7,3 fait 110 000 morts.

26 décembre 1932 : En Chine, dans la région de Kanzou, un tremblement de terre de magnitude 7,6 fait 70 000 morts.

22 mai 1927 : En Chine, dans la région de T'sing Haï, un séisme de magnitude 8,3 fait 200 000 morts.

1er septembre 1923 : Au Japon, dans les régions de Tokyo et Yokohama, un tremblement de terre de magnitude 8,3 fait 140 000 morts.

16 décembre 1920 : En Chine, dans la région de Tansou, un séisme de magnitude 8,6 fait 100 000 victimes.

28 décembre 1908 : En Italie, dans la région de Messine, un séisme de magnitude 7,5 fait 84 000 morts.

Source : Associated Press

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !