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Querelles autour de lieux saints

Des soldats israéliens tentent d'immobiliser des manifestants palestiniens.

Des soldats israéliens tentent d'immobiliser des manifestants palestiniens.

Photo : Hazem Bader

Radio-Canada

Le projet israélien visant à inscrire au patrimoine national deux lieux saints de Cisjordanie continue de nourrir les tensions à Hébron, pour une cinquième journée consécutive. Il s'attire aussi des critiques internationales.

Le projet d'Israël visant à inscrire à son patrimoine national deux lieux saints de Cisjordanie communs aux trois religions monothéistes continue de s'attirer des critiques et de susciter des tensions. Pour une cinquième journée consécutive, vendredi, la ville de Hébron a été le théâtre d'affrontements entre des manifestants palestiniens et des soldats israéliens.

Comme les jours précédents, des dizaines de jeunes Palestiniens ont mis le feu à des pneus et des poubelles et ont lancé des pierres en direction des soldats israéliens. Ceux-ci ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes. Les incidents n'ont pas fait de blessé.

C'est l'annonce, dimanche, indiquant que le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahu, comptait ajouter à la liste des sites historiques d'Israël le Caveau des Patriarches, à Hébron, et le Tombeau de Rachel, à Bethléem, qui a mis le feu aux poudres. Cette décision, a-t-il dit, s'inscrit dans le cadre d'un programme de restauration.

Lieux saints

Selon la tradition, la matriarche biblique Rachel est enterrée à Bethléem. Son tombeau constitue une enclave israélienne dans cette ville autonome palestinienne.

À Hébron, le Caveau des patriarches serait le lieu où ont été enterrés les patriarches de la Bible Abraham, Isaac, Jacob et leurs épouses. Les musulmans l'appellent mosquée Al-Ibrahimi (nom arabe d'Abraham).

Le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, considéré comme une personnalité modérée, ne croit pas à l'explication du premier ministre israélien. « Le peuple palestinien comprend fort bien que cette décision a un sens politique et qu'elle vise à faire qu'Israël s'approprie des sites qui font partie d'un territoire occupé », a-t-il soutenu vendredi, après avoir participé en guise de protestation à la prière du vendredi à la mosquée d'Ibrahim.

Réaffirmant « le droit inaliénable du peuple palestinien sur sa terre », il a martelé que « ces sites font partie d'un futur État palestinien ». Il a par ailleurs dit vouloir « refuser d'entrer dans une guerre religieuse et de répondre aux provocations des colons [israéliens] par la violence ».

La tension est d'autant plus vive à Hébron que cette semaine marque le 16e anniversaire du massacre de 29 Palestiniens dans une salle de prière du Caveau des Patriarches par un colon israélien, le 25 février 1994. Même si l'armée israélienne s'est en partie retirée de la ville en 1998, elle continue d'être agitée en permanence par des tensions entre Palestiniens et Israéliens.

Plus de 160 000 Palestiniens vivent à Hébron, une des plus grandes villes palestiniennes de Cisjordanie. Quelque 600 colons sont installés au coeur de la cité, tandis que 6500 autres habitent la colonie de Kyriat Arba, située dans la périphérie.

Pluie de critiques internationales

Plusieurs acteurs de la communauté internationale, y compris les États-Unis, alliés traditionnels d'Israël, ont condamné la décision controversée de M. Netanyahu.

Le Tombeau des patriarches (ou mosquée Al-Ibrahimi) à HébronAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Caveau des patriarches (ou mosquée Al-Ibrahimi) à Hébron

Photo : AFP / Jack Guez

Le Caveau des Patriarches et le Tombeau de Rachel ont « une signification historique et religieuse non seulement pour le judaïsme mais aussi pour l'islam et la chrétienté », a souligné l'ONU.

Mercredi, c'était un porte-parole du secrétariat d'État des États-Unis qui qualifiait la décision de provocatrice et s'inquiétait de ses répercussions sur les tentatives de relancer le processus de paix.

L'Égypte et la Jordanie, tout comme l'Organisation de la conférence islamique (OCI) et l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) ont ajouté leurs voix aux critiques.

Du côté palestinien, l'Autorité palestinienne a évoqué un risque de guerre religieuse, tandis que le Hamas a invité les Palestiniens à se soulever pour défendre ces lieux saints.

La presse israélienne s'est elle aussi montrée sévère avec Benjamin Netanyahu, qu'elle a qualifié de « maître pyromane ». Certains journaux l'ont accusé d'avoir une fois de plus cédé aux pressions de l'extrême droite et du lobby des colons.

Le quotidien de gauche Haaretz et le journal à grand tirage de droite Yediot Aharonot ont tous les deux assorti leurs critiques de caricatures du visage du premier ministre israélien sur une boîte d'allumettes.

De son côté, le premier ministre Nétanyahou s'est voulu rassurant, jeudi, promettant de garantir « une liberté complète de culte » à toutes les religions. Il a affirmé que sa décision n'avait rien de politique.

Avec les informations de Agence France-Presse

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