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Un prisonnier politique meurt en détention

Orlando Zapato

Orlando Zapato

Photo : AFP / Adalberto Roque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Orlando Zapata succombe à une grève de la faim qu'il faisait depuis plus de deux mois pour protester contre ses conditions d'incarcération. Il serait le premier détenu politique depuis des décennies à mourir alors qu'il est emprisonné.

Un prisonnier politique cubain, Orlando Zapata Tamayo, a succombé, mardi, à une grève de la faim qu'il faisait depuis plus de deux mois pour protester contre ses conditions de détention. L'homme de 42 ans est mort en après-midi dans un hôpital de La Havane, a déclaré une responsable de cette institution.

La Commission pour les droits de l'homme et la réconciliation nationale (CDHRN) a confirmé son décès auprès de sa famille.

Incarcéré en 2003 dans la foulée d'une campagne de répression massive lancée par le gouvernement cubain, Orlando Zapata Tamayo avait été condamné en 2003 à 18 ans de prison pour « désordre public ». Il était membre d'une organisation de défense civique illégale, le Directoire démocratique cubain. Il était l'un des 65 « prisonniers de conscience » cubains recensés par Amnistie internationale.

Orlando Zapata Tamayo est le premier prisonnier politique cubain « à mourir en détention depuis le début des années 1970 », a indiqué la CDHRN.

Ironiquement, le Front national de résistance civile, un groupe cubain de défense des droits de la personne, avait annoncé le jour même l'organisation d'une campagne destinée à lui sauver la vie.

Elizardo Sanchez, qui est à la tête de la CDHRN (illégale mais tolérée par le pouvoir cubain), accuse les autorités d'avoir tardé à offrir des soins au dissident. Détenu à Camaguey, Orlando Zapata Tamayo a été transféré la semaine dernière dans un hôpital de la capitale.

Il s'agit d'un assassinat virtuel, prémédité.

Une citation de :Elizardo Sanchez, directeur de la CDHRN

« C'est une grande tragédie pour sa famille et une très mauvaise nouvelle pour tous les mouvements de défense des droits de la personne, mais aussi pour le gouvernement qui devra payer le prix politique de cette mort », a déclaré M. Sanchez.

Dans un communiqué, Oswaldo Paya, l'un des principaux dissidents cubains, Prix Sakharov 2002 du Parlement européen, a de son côté accusé les autorités cubaines d'avoir « assassiné lentement » Orlando Zapata Tamayo. Ce dernier, qui était Noir, a selon lui été victime de coups et de violences racistes pendant sa détention.

L'économiste dissident Oscar Espinosa Chepe, un ancien détenu libéré pour des raisons de santé, a pour sa part estimé que ce triste dénouement pourrait se reproduire en raison du « très mauvais état » des prisons cubaines, où aucune organisation internationale n'est admise.

Les autorités cubaines n'ont émis aucun commentaire. Cuba accuse les dissidents d'être des « agents » ou des « mercenaires » à la solde des États-Unis.

Selon un diplomate en poste à Cuba interrogé par l'AFP, la mort d'Orlando Zapata Tamayo, si elle est « bien sûr mauvaise pour l'image de Cuba » ne risque pas d'amener des modifications dans les relations avec le pays, qui jouit du soutien des pays d'Amérique latine. Les présidents Luiz Inacio Lula Da Silva, du Brésil, et Hugo Chavez, du Venezuela, qui sont arrivés en soirée à La Havane, n'ont d'ailleurs pas fait de déclarations.

L'île communiste comptait 201 détenus politiques en début de l'année, selon la dissidence cubaine.

Avec les informations de Agence France-Presse

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