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Exclusif

Les aveux d'Earl Jones

Earl Jones lors de son interrogatoire, en juillet 2009

Earl Jones lors de son interrogatoire, en juillet 2009

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Condamné à 11 ans de prison la semaine dernière, Earl Jones a raconté, lors d'un interrogatoire policier dont Radio-Canada a obtenu la copie vidéo, comment il a escroqué une centaine d'investisseurs.

Condamné à 11 ans de prison la semaine dernière, Earl Jones avait raconté, lors d'une longue séance d'interrogatoire, comment il a commis une fraude de 50 millions aux dépens d'une centaine d'investisseurs qui lui faisaient confiance.

Le soi-disant planificateur financier a fait des aveux complets lorsqu'il s'est livré aux policiers, le 27 juillet 2009, après avoir été recherché pendant trois semaines. Radio-Canada/CBC, qui a obtenu l'intégrale de cet interrogatoire d'une durée de 4 heures et 22 minutes mené par la Sûreté du Québec, en diffuse des extraits.

Earl Jones raconte notamment où il était pendant sa fuite et se dit ruiné.

Il ne reste rien dans le compte, 19 000 $ ou 20 000 $.

Une citation de :Extrait de l'interrogatoire

Earl Jones admet toutes ses magouilles et explique les stratagèmes qu'il utilisait pour flouer les investisseurs. Il semble même plutôt fier de ses affaires florissantes.

Il n'a jamais investi l'argent de ses clients, avoue-t-il, et n'a donc jamais retiré d'intérêt. Il admet par ailleurs avoir incité certains clients à prendre une deuxième hypothèque. Le champ d'activités qui s'est révélé pour lui le plus lucratif, explique-t-il, est celui des successions.

Ces gens-là ont tous 80 ou 90 ans passés, et ils n'en ont plus pour longtemps à vivre. Dès que quelqu'un meurt et que tu prends le testament de ton père [par exemple], c'est mon nom qui apparaît. Dans les deux dernières années, mes affaires allaient très bien.

Une citation de :Extrait de l'interrogatoire

Il explique au policier qui l'interroge qu'il ne manquait pas de clients : le bouche à oreille suffisait, explique-t-il. « Je n'ai jamais fait de publicité, ni frappé aux portes, ni fait d'appels », dit-il, ajoutant que des amis et des parents le conseillaient à ceux qui deviendraient ses clients.

Earl Jones a pleuré à quelques reprises au cours de l'interrogatoire, notamment vers la fin, lorsqu'il dit : « Je suis vraiment désolé pour les gens, ces clients étaient des amis, ils me faisaient confiance ». Des regrets qui n'apaiseront toutefois pas les victimes qu'il a escroquées.

Certains aveux ne concordent toutefois pas avec la réalité.

Je retirais un salaire de 60 000 $, entre 60 et 70 000 $ sur une base annuelle.

Une citation de :Extrait de l'interrogatoire

L'enquête a pourtant révélé qu'il avait retiré plus de 13,5 millions dollars pour mener un grand train de vie.

En janvier dernier, Earl Jones a plaidé coupable à des accusations de fraude et de vol. Il a reconnu avoir floué 158 investisseurs entre 1982 et 2009.

D'après un reportage d'Isabelle Richer

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