•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  • Exclusif
  • Un rapport éclairant

    Rémy Beauregard

    Rémy Beauregard (archives)

    Radio-Canada

    Un document secret, obtenu par Radio-Canada, montre que les membres du conseil d'administration, nommés par Ottawa, militaient pour que l'organisme soit plus favorable à Israël.

    La mort du président de l'organisme Droits et Démocratie, en janvier dernier, a fait éclater au grand jour une querelle interne qui couvait depuis des mois.

    Selon un document secret, obtenu par Radio-Canada, les membres du conseil d'administration, nommés par le gouvernement fédéral, militaient pour un changement de cap de l'organisme, afin qu'il soit plus favorable à Israël.

    Ce rapport, envoyé au bureau de Stephen Harper, en mai 2009, est une charge contre Rémy Beauregard, à l'époque président de Droits et Démocratie, un organisme indépendant, créé par le parlement canadien, pour promouvoir ces deux grands principes dans le monde.

    Monsieur Beauregard est mort d'un arrêt cardiaque dans les heures ayant suivi une réunion houleuse du conseil d'administration de Droits et Démocratie, le 7 janvier dernier.

    Selon plusieurs sources, le conseil lui reprochait d'encourager et de subventionner des groupes critiquant les actions d'Israël, notamment lors de l'offensive contre la bande de Gaza en 2009.

    Un des auteurs du rapport secret d'évaluation est Jacques Gauthier, devenu depuis président intérimaire de l'organisme. Mais pour lui, le conflit était administratif, et non pas politique.

    Toutes vos questions touchent cette question du Moyen-Orient. Et la presse s'intéresse peu au vif du sujet. Et c'est la question de transparence. C'est la question de comptabilité.

    Jacques Gauthier, président intérimaire
    Jacques Gauthier, président intérimaire de Droits et Démocratie.

    Jacques Gauthier, président intérimaire de Droits et Démocratie.

    Le rapport qu'il a cosigné contredit cette interprétation. La bonne gestion des fonds y est certes soulevée, mais c'est souvent en relation avec des interventions liées à Israël.

    Et dans un mémorandum séparé, Jacques Gauthier écrit, à l'intention de membres du conseil d'administration : « J'ai été très surpris d'être informé qu'il n'y a pas d'employé juif au bureau de Droits et Démocratie à Montréal. »

    Avant de mourir, après de long mois de bataille juridique, Rémy Beauregard avait obtenu copie de son rapport secret d'évaluation, grâce à la Loi d'accès à l'information.

    Des proches veulent aujourd'hui faire retirer officiellement ce document des dossiers de la fonction publique car, disent-ils, il entache sa réputation.

    D'après un reportage de Luc Chartrand