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71 journalistes tués en 2009

Radio-Canada

Le « Committee to Protect Journalists » recense un nombre record de journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions l'an dernier. Vingt-cinq autres cas font l'objet d'une enquête.

Un nombre record de 71 journalistes ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions en 2009, selon le plus récent rapport annuel du « Committee to Protect Journalists » (CPJ), un organisme américain voué à la défense de leurs intérêts. La mort de 25 autres journalistes fait l'objet d'une enquête.

Michelle Lang à Kandahar le 12 décembre 2009Michelle Lang à Kandahar le 12 décembre 2009 Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel

Ce lourd bilan est en bonne partie attribuable au massacre de Maguindanao, aux Philippines, où 29 journalistes ont été tués le 23 novembre dernier, après que le convoi de politiciens locaux qu'ils accompagnaient eut été intercepté par des politiciens rivaux. L'affaire s'est soldée par un massacre de masse.

Neuf autres morts ont été recensés en Somalie, où la désintégration de l'État a fait place à un conflit civil à intensité variable qui se poursuit encore aujourd'hui. Le CPJ note que les militants islamistes d'Al-Chabab « terrorisent la presse par la violence, les menaces et la censure », forçant de nombreux journalistes locaux à l'exil.

Quatre autres décès sont survenus en Irak, un nombre élevé, mais tout de même nettement inférieur à celui des années précédentes. Le CPJ y avait recensé 11 décès en 2008 et 32 en 2007. Quatre journalistes sont aussi morts au Pakistan, où l'armée a entrepris une grande offensive contre les talibans pakistanais dans le nord-ouest du pays.

Le CPJ note que 136 autres journalistes, dont 68 blogueurs, étaient derrière les barreaux en date du 1er décembre 2009, soit 11 de plus que 2008. Les États les plus répressifs sont la Chine (24), l'Iran (23), Cuba (22), l'Érytyhrée (19), le Myanmar (9), l'Ouzbékistan (7) et l'Azerbaïdjan (6).

Le CPJ note que de plus en plus de victimes sont des pigistes, puisque les grands médias traditionnels ferment de plus en plus leurs bureaux à l'étranger. Ces pigistes, indique l'organisme, prennent souvent davantage de risques. Au total, 9 pigistes sont morts en 2009 et 60 autres sont détenus.

Tragédies canadiennes

Les journalistes canadiens ont aussi connu leur lot de tragédie en 2009. L'année a été marquée par la mort de Michelle Lang du Calgary Herald en Afghanistan, le 30 décembre. Le véhicule dans lequel elle se trouvait a sauté sur une mine. Elle est la première journaliste canadienne à perdre la vie depuis le début de la guerre en 2001.

Amanda Lindhout en Somalie avant son enlèvementAmanda Lindhout en Somalie avant son enlèvement Photo : Presse canadienne

L'année a aussi été marquée par la détention prolongée et la libération de deux journalistes.

Amanda Lindhout a ainsi été libérée le 25 novembre après qu'une entreprise privée britannique eut négocié sa libération avec ses ravisseurs en Somalie.

La jeune femme raconte avoir été battue et torturée durant sa détention.

Le journaliste irano-canadien Maziar Bahari a pour sa part été emprisonné pendant 118 jours en Iran, où il travaillait pour le magazine américain Newsweek.

Maziar BahariMaziar Bahari a comparu devant un tribunal révolutionnaire de Téhéran en août Photo : La Presse canadienne / AP /Fars News Agency-Hossein Salehi Ara

Il a passé sa détention à la prison d'Evin, après que des Gardiens de la révolution l'eurent cueilli chez lui, à Téhéran, le 21 juin, au plus fort des manifestations contre le régime. M. Bahari a raconté avoir été injurié, giflé, frappé et fouetté avec une ceinture.

Le rapport annuel du CPJ recense les journalistes morts en représailles directes à leur travail, dans des zones de combat ou lors d'autres affectations dangereuses, comme des manifestations violemment réprimées.

La mort de 25 autres journalistes fait l'objet d'enquête. Six d'entre elles sont survenues au Mexique, où une violente guerre entre l'État et les narcotrafiquants fait rage.