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Des bateaux plutôt que des camionnettes

Des tomates dans un marché
Photo: AFP / Mychele Daniau

L'Institut économique de Montréal soutient que l'achat de produits locaux n'est pas une solution pour aider l'environnement.

Selon une étude réalisée pour le compte de l'Institut économique de Montréal, l'achat de produits locaux n'est pas nécessairement une solution pour aider l'environnement.

« La quantité d'énergie requise pour amener les aliments de l'autre côté du globe est vraiment minime. Les gens, quand ils achètent des trucs localement par contre, le fermier va amener des choses dans sa camionnette au marché. Et paradoxalement, souvent, la quantité d'énergie requise pour amener quelques caisses de nourriture produite localement sur quelques kilomètres dans une petite camionnette est souvent plus élevée », affirme l'un des chercheurs, Pierre Desrochers, qui est professeur associé de géographie à l'Université de Toronto à Mississauga.

L'étude avance ainsi que transporter de très grandes quantités de nourriture requiert beaucoup moins d'énergie par aliment, même si la distance parcourue est beaucoup plus grande.

Le chercheur souligne également que, selon une étude américaine, la production est responsable de 83 % des émissions de gaz à effet de serre des aliments, alors que le transport compte seulement pour 11 % des émissions totales.

Plutôt que de se limiter à mesurer la distance entre le lieu de production et l'épicerie, il est donc préférable selon Pierre Desrochers de s'assurer que la nourriture est produite de la façon la plus efficace possible, dans les endroits les plus appropriés, même si ceux-ci sont très éloignés.

« Si l'on veut calculer l'impact environnemental d'une fraise, il faut regarder l'ensemble de son cycle de vie, de la production à son arrivée dans notre assiette. On se rend alors compte que la Californie peut produire presque toute l'année des fraises beaucoup plus efficacement, avec moins d'intrants comme les engrais. Un hectare peut produire 50 000 kg de fruits, contre seulement 7000 à 10 000 kg pour l'Ontario. Il faut se rendre à l'évidence, certains emplacements sont plus favorables à la production de certaines cultures », explique-t-il.

Une analyse qui ne fait pas l'unanimité

Les résultats de l'étude ont fait sursauter le courtier en produits régionaux et agent de développement de Promotions Agro Gyslain Trudel.

« C'est un gros lobbyiste qui est au sein des grandes entreprises, qui veulent contrôler notre alimentation. À partir de là, eux autres c'est sûr qu'ils vont détruire le petit producteur. Ils vont sortir une étude et une autre étude. Ils vont dire aux gens : ‘'Achetez donc directement dans les grandes surfaces. Vous allez économiser'' », répond M. Trudel.

Gyslain Trudel ajoute que l'environnement n'est pas le seul facteur à considérer lorsqu'on choisit quelle nourriture nous désirons consommer. La qualité des aliments produits localement et la création d'emplois qui s'y rattache doivent aussi être prises en compte.

D'ailleurs, pour le 29e mois de la nutrition, les diététistes du Canada ont choisi le thème En matière d'alimentation, achetons local.

L'Institut économique de Montréal se présente comme un organisme de recherche et d'éducation économique indépendant, non partisan et sans but lucratif.

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