•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ottawa freine l'ardeur des emprunteurs

Le ministre des Finances Jim Flaherty

Le ministre des Finances Jim Flaherty

Photo : La Presse canadienne / Pawel Dwulit

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, durcit les critères donnant accès aux prêts hypothécaires.

À partir du 19 avril, tous les emprunteurs devront se qualifier pour un prêt à taux fixe de cinq ans avant d'obtenir tout autre prêt.

Les autres règles pour obtenir un prêt hypothécaire assuré par la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) demeurent. Ainsi, l'emprunteur doit avoir comme mise de fonds initiale 5 % de la valeur d'une propriété et la durée maximale de la période d'amortissement est de 35 ans.

Quant aux propriétaires qui veulent un refinancement hypothécaire, ils pourront obtenir 90 % de la valeur de l'habitation. Cette limite était de 95 %.

De plus, ceux qui désirent acheter une deuxième ou troisième maison devront avoir une mise de fonds de 20 % de la valeur de la propriété achetée. Il s'agit des immeubles dont aucun logement ne sera occupé par le propriétaire.

Un client qui veut avoir une hypothèque à taux variable va voir son pouvoir d'achat réduit. Par exemple, pour un client qui aurait pu s'attendre à une limite de 250 000 $, sa limite oscillera, à la suite de cette mesure, autour de 220 000 $.

Une citation de :Hugo Leroux, courtier hypothécaire Hypotheca

Des mesures bien reçues

Des institutions financières ont réagi à l'annonce. La BMO Banque de Montréal a apporté son soutien aux mesures, qualifiées de « prudentes » compte tenu des hausses prévues des taux d'intérêt cet été et de la hausse des prix des maisons dans plusieurs provinces.

En revanche, la BMO rejette les craintes d'une bulle immobilière au Canada. « Actuellement, nous demandons que les prêts hypothécaires à rapport prêt-valeur élevé soient admissibles en utilisant le taux de cinq ans », a indiqué Frank Techar, président et chef de la direction des services bancaires chez BMO.

De son côté, l'économiste en chef de la Banque TD, Don Drummond, applaudit ces mesures, particulièrement l'augmentation de la mise de fonds pour les acheteurs d'une résidence qu'ils n'habiteront pas.

« Pour la plupart des gens, il faudra de 5000 $ à 8000 $ de plus pour se qualifier, ce qui fait beaucoup de sens en raison des risques de bulle immobilière et de la hausse prévue des taux d'intérêt », juge-t-il.

Un « bon dosage », selon l'Union des consommateurs

Charles TanguayAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Charles Tanguay, Union des consommateurs

Du côté de l'Union des consommateurs, on estime que les mesures relevaient d'un « bon dosage ».

« Ce sont des mesures presque symboliques, affirme son porte-parole Charles Tanguay. Il n'y aura pas de grand changement sur le marché, mais cela lance un signal sur le surendettement des ménages. »

Selon lui, les banques prêtent encore trop facilement des montants qui vont au-delà de la capacité de rembourser des ménages.

Ne pas freiner l'économie canadienne

La semaine dernière, des économistes en chef de plusieurs banques ont toutefois mis en garde le ministre des Finances contre des interventions trop radicales, qui pourraient freiner l'économie canadienne.

L'économiste en chef de la Banque CIBC, Avery Shenfeld, soutenait plutôt que la situation actuelle réclamait une intervention mineure.

Quant à Derek Holt, économiste à la Banque Scotia, il soulignait qu'une intervention radicale provoquerait un effondrement des prix des habitations et fragiliserait la confiance des consommateurs.

Tous s'entendent toutefois sur l'importance d'annoncer un resserrement des règles d'attribution des prêts immobiliers. Les économistes estiment que le prix des logements est de 10 % à 15 % trop élevé au Canada, en raison du ralentissement de la construction résidentielle pendant la récession et des faibles taux d'intérêt qui ont incité de nombreux Canadiens à devenir propriétaires.

Depuis plusieurs mois, Jim Flaherty et le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, s'inquiètent de l'endettement excessif des consommateurs canadiens. Ils craignent que les propriétaires immobiliers ne soient pas en mesure de rembourser leurs dettes lorsque les taux d'intérêt recommenceront à grimper.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Globe and Mail

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !