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Pierre Vadeboncoeur n'est plus

Radio-Canada
Mis à jour le 

Syndicaliste, polémiste et essayiste, Pierre Vadeboncoeur est décédé à l'âge de 89 ans. Il a été l'une des plus grandes plumes du mouvement souverainiste, avant de se consacrer à des questions philosophiques et à la littérature, sa passion des dernières années.

Pierre Vadeboncoeur est décédé à l'âge de 89 ans.

Vieux routier de l'indépendance du Québec, il a inspiré avec ses écrits prolixes des générations de souverainistes avant de se consacrer à la littérature et aux essais philosophiques.

Né à Strathmore en 1920, il a obtenu son diplôme d'avocat à l'Université de Montréal, tout comme son ami d'enfance Pierre Elliott Trudeau avec lequel il a mené quelques actions syndicales, avant que leurs destinées empruntent des chemins différents.

Conseiller juridique à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) pendant 25 ans, Vadeboncoeur a été un socialiste de la première heure. Figure de proue des luttes ouvrières qui ont marqué le Québec durant les années 1960-1970, au côté de son ami Michel Chartrand, il a signé plusieurs textes dans différents journaux et revues : Cité libre, Parti Pris, Liberté, Socialisme, Maintenant, Le Jour, et Le Devoir.

Parallèlement à la lutte syndicale, il embrasse la cause de l'indépendance du Québec pour laquelle il s'est longtemps dédié, forgeant avec ses écrits l'idéologie de milliers de militants et forçant l'admiration de l'élite souverainiste. « C'est sûrement un de nos meilleurs écrivains et en même temps une des consciences agissantes de la société québécoise », disait de lui René Lévesque.

Pierre VadeboncoeurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Vadeboncoeur

Photo : Centre de documentation virtuel sur la littérature québécoise

Dès 1975, Vadeboncoeur se consacre entièrement à l'écriture, intervenant, entre autres, dans le débat sur la souveraineté. « Le nationalisme québécois est par lui-même un non-conformisme, porteur actuel et potentiel de maints défis. Il ne faut pas le bousiller », écrivait-il. S'il constate que le PQ « fonctionne dans une espèce d'abstraction », il garde toutefois intacte son affection pour le Bloc québécois, dont le rôle est irremplaçable, selon lui, d'autant plus que ce parti constitue une opposition désintéressée du pouvoir à Ottawa.

L'appel de la littérature

Lentement, mais sûrement, il se détache quelque peu du débat sur l'indépendance du Québec pour tremper sa plume dans les questions philosophiques, esthétiques, et spirituelles. « Je me souviens d'une époque où je n'écrivais pas, j'étais très jeune, je voulais écrire et je ne savais pas pourquoi je voulais écrire. C'était à l'époque une espèce d'obsession », témoignait-il.

Pourfendeur de l'impérialisme sous toutes ses formes, contemplateur du monde contemporain, de l'ère de « l'implacable et de l'inévitable » (L'humanité improvisée), il nourrit aussi une passion pour l'art, qui se manifeste notamment dans le Bonheur excessif, ouvrage sur la rencontre et l'amour.

Son style, son éloquence et la fermeté de sa pensée en font un auteur incontournable dans le monde littéraire. Son oeuvre est d'ailleurs ponctuée de nombreux prix, dont le Victor-Barbeau en 2001 et l'Athanase-David, décerné quelques jours après l'élection du Parti québécois en 1976.

Malgré l'abondance de ses essais, Pierre Vadeboncoeur demeure jusqu'à la fin de sa vie un homme plutôt effacé, se tenant loin des médias et des mondanités.

Quelques oeuvres de Pierre Vadeboncoeur

La clef de voûte (2008), Les grands imbéciles (2008), L'humanité improvisée (2000), Les deux royaumes (1978-1993), La Ligne du risque (1963-1969-1993-1994), Le bonheur excessif (1992), L'Absence (1985), To be or not to be - that is the question (1980), Chaque jour, l'indépendance... (1978), Un génocide en douce (1976), Indépendances (1972), 366 jours et tant qu'il en faudra (1971), Un amour libre (1970), La dernière heure et la première (1970).

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