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Manifestation sous haute tension

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La police dit avoir arrêté plusieurs personnes soupçonnées d'avoir voulu perturber les manifestations du 31e anniversaire de la République islamique, prévues pour jeudi. Les États-Unis et le Canada évoquent la possibilité d'autres sanctions liées au dossier nucléaire.

En Iran, c'est dans une atmosphère tendue que les autorités se préparent à célébrer le 31e anniversaire de la Révolution islamique, jeudi. Les manifestations officielles prévues à cette occasion fourniront vraisemblablement une nouvelle occasion aux opposants du régime de se faire voir et entendre.

Des dizaines de milliers d'Iraniens se sont rassemblés place Azadi.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des dizaines de milliers d'Iraniens se sont rassemblés place Azadi.

Photo : La Presse canadienne / AP/IRIB via APTN

« Nous surveillons étroitement les activités du mouvement séditieux et plusieurs personnes qui se préparaient à perturber les rassemblements du 11 février ont été arrêtées », a déclaré à l'agence FARS le chef de la police de Téhéran, Esmail Ahmadi Moghaddam.

Selon des propos rapportés par l'agence IRNA, le chef de la police a aussi indiqué que les policiers, les Gardiens de la révolution - un corps militaire relevant du Guide suprême, l'ayatollah Khamenei - et les bassidjis, une milice aux ordres des Gardiens, étaient prêts pour n'importe quel événement. « Ils ne laisseront personne créer de l'insécurité », dit-il.

Malgré les mises en garde répétées du régime, les grandes figures réformatrices du pays, Mohammad Khatami, Mir Hossein Mousavi et Mehdi Karoubi n'en appellent pas moins les Iraniens à descendre dans les rues.

Sur son site Internet, M. Karoubi « invite les gens à prendre part aux rassemblements du 11 février et à faire connaître leurs demandes juridiques, silencieusement, mais aussi fortement qu'avant ». Plus tôt cette semaine, l'ex-président Khatami a invité les Iraniens à manifester, en indiquant que les commémorations « ne sont pas la propriété d'une faction ou d'un camp ».

Mir Hossein Mousavi, donné deuxième à la présidentielle du 12 juin dernier, a soutenu pour sa part que l'opposition doit être présente pour « tenter d'influencer les autres par [son] comportement ». Par « les emprisonnements, passages à tabac et autres tactiques d'affrontements mis en oeuvre au nom de l'islam, le régime islamique fait mal à l'islam », a-t-il dit.

65 journalistes détenus, selon RSF

L'opposition au régime du président Mahmoud Ahmadinejad, qui bénéficie de l'appui du Guide suprême, s'est révélée au monde après la présidentielle. MM. Mousavi et Karoubi, qui était lui aussi candidat, soutiennent que le scrutin a été entaché par des fraudes massives.

Des manifestations monstres réunissant plusieurs centaines de milliers de personnes ont suivi. Le régime a depuis entrepris un grand mouvement de répression, qui s'est traduit notamment par de nombreuses arrestations et des procès de masse.

Interdite de manifester, l'opposition profite maintenant de toutes les occasions officielles pour descendre dans les rues. La dernière manifestation, à l'occasion de la fête de l'Achoura, le 27 décembre, s'est soldée par la mort de huit manifestants, dont un neveu de M. Mousavi, et des centaines d'arrestations.

Selon l'International Campaign for Human Rights in Iran, un groupe de pression basé à New York, les autorités ont emprisonné un millier d'Iraniens au cours des deux derniers mois, grâce à une loi adoptée après la présidentielle, et qui permet aux policiers de détenir n'importe qui. Les journalistes et les mouvements de défense des femmes seraient particulièrement ciblés.

Selon l'ONG française Reporters sans frontières, le nombre de journalistes et blogueurs emprisonnés en Iran vient de dépasser la barre des 65, un chiffre jamais atteint depuis la création de l'organisme en 1985.

Les journalistes étrangers se voient pour leur part interdits de couvrir les défilés commémorant l'anniversaire de la révolution. Ils ne seront autorisés qu'à couvrir le discours que le président Ahmadinejad doit prononcer depuis la grande place Azadi.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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