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Ottawa ne change pas d'idée

Dessin d'Omar Khadr réalisé lors d'une comparution devant un tribunal militaire à Guantanamo, le 19 janvier 2009.

Dessin d'Omar Khadr réalisé lors d'une comparution devant un tribunal militaire à Guantanamo, en janvier 2009.

Photo : La Presse canadienne / AP/Janet Hamlin/Pool

Radio-Canada

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, indique que le gouvernement Harper ne rapatriera pas le dernier détenu occidental à Guantanamo, malgré la décision de la Cour suprême établissant que ses droits ont été bafoués.

Il ne faut pas s'attendre à ce que le gouvernement conservateur de Stephen Harper rapatrie le citoyen canadien Omar Khadr, dernier Occidental toujours détenu à la prison de Guantanamo, malgré la décision de la Cour suprême établissant qu'Ottawa a violé ses droits.

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a affirmé mercredi lors d'un point de presse que la « position [du gouvernement] n'a pas changé », confirmant ainsi les informations communiquées plus tôt par le porte-parole de Stephen Harper, Dimitri Soudas.

« Nous, comme gouvernement, on va suivre la démarche américaine toujours en s'assurant, bien sûr, que M. Khadr a accès à des services qui sont tout à fait normaux [comme les] services consulaires qui sont mis de l'avant par le gouvernement canadien », a déclaré M. Cannon.

Un jugement unanime

Dans sa décision rendue vendredi dernier, le plus haut tribunal du pays n'a pas réclamé le rapatriement du jeune homme, au nom du pouvoir discrétionnaire du gouvernement en matière d'affaires étrangères. Elle a ainsi renversé les décisions des deux tribunaux inférieurs.

La Cours a toutefois reconnu que les droits d'Omar Khadr avaient été bafoués et qu'il continuaient de l'être. Il a été démontré que le jeune homme avait été privé de sommeil, qu'il n'avait pas eu accès à un avocat et que les autorités canadiennes qui l'ont interrogé en 2003 et 2004 étaient au courant de la situation.

« Pour ce qui est des autres éléments par rapport à la décision qui a été rendue par les tribunaux, par la Cour suprême, le ministre de la Justice est en train d'analyser ça », a soutenu M. Cannon.

M. Cannon ne s'est pas aventuré à commenter les possibilités que pouvait envisager son gouvernement pour fournir réparation à Omar Khadr, comme le demande la Cour suprême.

L'opposition s'insurge

Les trois partis d'opposition estiment qu'il est grand temps que le ministre Nicholson clarifie enfin sa position et qu'il discute ouvertement de ce qu'il entend faire du dossier.

« Je ne comprends pas comment le gouvernement peut dire qu'on ne va tout simplement pas essayer de le rapatrier. Alors, qu'est-ce qu'il va faire? » a demandé le libéral Bob Rae. « J'ai l'impression que [les conservateurs] préfèrent prétendre que la Cour suprême du Canada n'existe pas. »

Même son de cloche du côté du Bloc québécois, qui soutient que le gouvernement Harper interprète les décisions des tribunaux à sa guise. « La cour dit: on ne peut se substituer au pouvoir exécutif quant aux décisions des affaires étrangères, mais les droits ont été violés et ça demande réparation », a affirmé le chef bloquiste, Gilles Duceppe.

Le néo-démocrate Paul Dewar a pour sa part soutenu que le gouvernement devrait réclamer immédiatement auprès de l'administration Obama le rapatriement du détenu. Il a en outre déploré que ce soit d'abord M. Soudas, un non-élu, qui ait indiqué que la décision de la Cour n'avait pas infléchi la position du gouvernement.

Maintenant âgé de 23 ans, M. Khadr est accusé d'avoir lancé une grenade ayant tué un soldat américain, en 2002, en Afghanistan, alors qu'il avait 15 ans. Le Torontois fait partie d'un groupe d'une centaine de détenus de Guantanamo dont le transfert dans une prison de l'Illinois, aux États-Unis, est prévu cette année.

Le gouvernement Harper a toujours argué qu'Omar Khadr faisait face à des accusations graves et qu'il revenait aux Américains de décider de son sort.

Avec les informations de La Presse canadienne