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La question de l'amiante resurgit

Le premier ministre du Québec a prononcé un discours à l'Université de Mumbai.

Le premier ministre du Québec a prononcé un discours à l'Université de Mumbai.

Radio-Canada

Un syndicat dénonce les exportations québécoises d'amiante à l'occasion du passage du premier ministre du Québec à Mumbai. Jean Charest répond qu'il revient au gouvernement indien de légiférer.

Jean Charest soutient qu'il revient au gouvernement indien de légiférer de manière à protéger les travailleurs qui doivent travailler avec de l'amiante chrysotile produit dans la province.

« La position que nous avons, les politiques que nous avons mises en place et que nous encourageons, pour ceux qui utilisent le chrysotile, c'est justement d'établir des normes qui vont permettre le contrôle du produit », a-t-il dit. « Une fois que le produit est rendu dans un pays, ultimement, la responsabilité revient au pays ».

Le premier ministre du Québec répondait ainsi aux critiques d'un syndicat représentant 200 000 travailleurs indiens, la Trade Union Centre of India, qui soutient que Québec agit de façon irresponsable en tolérant ces exportations.

Le secrétaire général du syndicat, Sanjay Singhvi, rappelle que l'amiante est un produit cancérigène et qu'en l'absence de mesures de contrôle destinées à protéger les travailleurs, il peut créer des cas d'amiantose, une maladie susceptible d'entraîner la mort.

Le chef syndical a fait part de ces récriminations dans un modeste local de Mumbai, entouré d'une cinquantaine de travailleurs tombés malades, dit-il, après avoir été exposés à l'amiante.

Or, selon M. Singhvi, il est illusoire de croire que les travailleurs indiens puissent être protégés adéquatement. Ces derniers, expliquent-ils, ouvrent les sacs d'amiante en provenance du Québec sans la moindre protection. Selon lui, 20 % des travailleurs indiens exposés à l'amiante souffrent de maladies reliées à leur exposition.

En 2008, le Québec a exporté pour plus de 427 millions de dollars vers l'Inde. Les principaux produits exportés sont le papier journal, les véhicules aériens, l'amiante, les pâtes chimiques de bois, les appareils électriques pour la téléphonie et les articles de robinetterie.

La Banque mondiale prévoit une croissance du PIB indien de l'ordre de 5,4 % en 2009 et de 6,5 % en 2010. (Source : ministère des Relations internationales du Québec)

La Trade Union Centre of India soutient qu'elle a demandé à rencontrer M. Charest, mais que celui-ci n'a pas donné suite à cette requête.

L'Institut de l'amiante se défend

Au Québec, l'Institut de l'amiante, qui défend les intérêts de l'industrie, clame sans cesse que l'amiante chrysotile n'a pas d'incidence sur la santé si certaines mesures élémentaires de protection sont respectées. Il a répété le même argument lundi.

« Le Québec exporte du chrysotile, un produit dont les risques potentiels sont connus et pour lequel des méthodes d'utilisation contrôlée existent conformément d'ailleurs à la Convention 162 de l'Organisation internationale du travail sur l'usage sécuritaire de l'amiante », soutient le président de l'Institut, Clément Godbout, par voie de communiqué.

« L'Institut dispense l'information relative à ce sujet auprès de compagnies, de syndicats et de pays utilisateurs et exportateurs, incluant l'Inde. Ces pays ont donc reçu l'information nécessaire pour prendre leurs responsabilités face au risque », ajoute-t-il.

« L'utilisation sécuritaire du chrysotile est certainement préférable à son bannissement et son remplacement par des fibres et produits dont les risques n'ont toujours pas été évalués et dont l'utilisation est mal réglementée », conclut M. Godbout.

13 ententes signées

La sortie du syndicat indien est venue perturber une journée qui se déroulait sans anicroche pour le premier ministre Charest. Il a notamment prononcé un discours à l'Université de Mumbai et procédé à l'inauguration officielle du bureau du Québec en Inde.

La journée s'est soldée par la signature de 13 ententes entre des entreprises et des établissements d'enseignement québécois et indiens. Les voici, selon les informations fournies par le gouvernement du Québec:

  • H2O Innovation, de Québec, a signé un projet de coentreprise avec son homologue indien Chembond Chemicals. L'entente vise à fournir au marché industriel indien des systèmes de traitement des eaux sur mesure;
  • JMF Grues & Palans a signé avec l'entreprise Safex un contrat évalué à 50M$, qui créera de nombreux emplois pour la fabrication et la mise en marché de ponts roulants et autres équipements de levage;
  • JMF Grues & Palans a également signé avec le Groupe Essar pour la vente de deux ponts roulants de 45 tonnes qui sont destinés à leur nouvelle raffinerie de Gujarati;
  • Innovitech et Piramal Life Sciences Limited ont signé une entente visant à développer des partenariats dans le domaine des sciences de la vie.
  • l'Université Concordia a paraphé deux ententes de coopération et d'échange, l'une avec le Birla Institute of Science and Technology et l'autre avec le National Institute of Design;
  • l'Ecole nationale d'aérotechnique a quant à elle conclu une entente avec l'entreprise Blue Heights Aviation en vue de projets de mobilité étudiante et enseignante;
  • l'École polytechnique de Montréal et l'Indian Institute of Technology se sont entendus pour créer un partenariat dans le but de développer un projet de recherche dans le domaine de la photonique;
  • l'Université Laval a conclu une entente de mobilité étudiante et enseignante avec le célèbre H&R College of Commerce and Economics.

Quatre projets de coopération entre les représentants des gouvernements du Québec et du Maharashtra ont aussi été signés dans les secteurs suivants:

  • Développement durable: l'utilisation innovatrice des nanoparticules pour purifier l'eau potable, par l'Université McGill et l'Indian Institute of Technology de Mumbai;
  • Recherche et innovation: recherche sur des nouvelles stratégies de traitement contre le VIH-1, par l'Université du Québec à Trois-Rivières et le Bhabha Atomic Research de Mumbai;
  • Enseignement supérieur: gestion des maladies infectieuses dans les quartiers pauvres de Mumbai, par le Tata Institute of Social Sciences, l'Université McGill et l'Institute of the Anusandhan Trust;
  • Culture et arts: une exposition croisée Québec-Maharashtra, par les artistes Shilpa Gupta et Alain Paiement.

Le premier ministre du Québec a entamé dimanche une mission commerciale de sept jours en Inde. Il est accompagné de deux de ses ministres, Pierre Arcand et Clément Gignac, et de 130 gens d'affaires et du milieu de l'éducation.

Avec les informations de La Presse canadienne