•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des amputés par milliers

Une jeune fille amputée en Haïti.

Une jeune fille amputée en Haïti.

Photo : AFP / Roberto Schmidt

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ONG française Handicap International estime que 2000 personnes ont été amputées depuis le séisme. L'OMS parle pour sa part de « milliers d'amputés ».

L'organisation non gouvernementale française Handicap International estime que 2000 Haïtiens ont été amputés d'un bras ou d'une jambe depuis le tremblement de terre qui a secoué le pays le 12 janvier.

L'ONG indique que 500 amputations ont eu lieu dans les huit hôpitaux de Port-au-Prince que visitent deux équipes mobiles. Le chiffre de 2000 amputés est une extrapolation faite à partir de ce constat.

Si certains Haïtiens ont perdu un membre au moment du séisme, la plupart d'entre eux ont tout simplement eu le malheur d'être restés coincés sous les décombres pendant trop longtemps, entraînant la nécrose d'un bras ou d'une jambe.

Une trentaine de personnes réparties en six équipes mobiles de soins travaillent présentement pour Handicap International en Haïti. L'ONG compte toutefois faire passer son effectif à une centaine de personnes d'ici deux ou trois semaines.

Lors d'un point de presse tenu mardi à Genève, un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé, Paul Garwood, a brossé un portrait encore plus sombre de la situation des amputés. « Des milliers de personnes ont été amputées en raison de la catastrophe. Dans certains hôpitaux, nous avons vu 30 à 100 amputations par jour », a-t-il affirmé.

À Jacmel, un nourrisson rescapé fait figure de miraculé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À Jacmel, un nourrisson rescapé fait figure de miraculé.

La directrice américaine de Handicap International, Wendy Batson, a déclaré à l'Agence France Presse que les mutilations subies par les Haïtiens « dépassent tout ce que nous avons pu voir ailleurs ». La proportion d'amputés, de paraplégiques et de tétraplégiques dans la population haïtienne devrait exploser, dit-elle.

« Dans l'urgence, les médecins n'ont souvent d'autre choix que l‘amputation », indique un spécialiste de la prise en charge des blessés lors des séismes au sein de Handicap International, Thomas Calvot.

« Lors des puissants séismes en Chine en 2008 ou au Pakistan en 2005, la situation était bien moins critique, du fait de la présence d'hôpitaux performants. En Haïti, aucune organisation ne peut se prévaloir de pouvoir couvrir tous les besoins dans ce secteur. »

Douze jours sous les décombres

Un homme a été retiré vivant des ruines d'un immeuble après douze jours sous les décombres.

Il aurait été pris au piège lors d'une des nombreuses répliques qui ont frappé Haïti, dans la foulée du puissant tremblement de terre du 12 janvier, selon l'armée américaine. L'homme de 31 ans, il souffre d'une jambe cassée et de déshydratation.

Besoins considérables en appareillage

Handicap International tente de ne pas perdre la trace des amputés haïtiens, qui reçoivent leur congé de l'hôpital beaucoup plus rapidement que lors de situations plus normales, ce qui peut compromettre le processus normal de guérison.

« Nous sommes en train de monter une base de données [des personnes amputées] et de livrer le matériel médical nécessaire, de telle sorte que, dès que les moignons cicatrisent, nous posons des prothèses [...] qui ont une durée de vie comprise entre quatre et six mois », soutient Wendy Batson.

Une jeune Haïtienne a dû être amputée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une jeune Haïtienne a dû être amputée.

Un correspondant de Radio-Canada qui a visité l'hôpital du Sacré-Coeur de Port-au-Prince a constaté que du personnel de Handicap International était présent sur les lieux. Ils se préoccupent de la rééducation des amputés.

Ce travail revêt une grande importance. Remettre des amputés sur pied et leur réapprendre à marcher fait partie d'un processus de guérison psychologique, d'autant plus important que les handicapés ne sont pas toujours reconnus comme des personnes à part entière dans la société haïtienne.

« Les besoins en appareillage vont être considérables », affirme Handicap International. L'ONG compte produire de 300 à 400 prothèses d'urgence au cours des six premiers mois, mais prévient que ces prothèses devront ensuite être remplacées par des prothèses définitives.

Handicap International affirme que son objectif est « de créer et de coordonner une capacité de réadaptation et d'appareillage sur le long terme, en formant du personnel haïtien pour en assurer la pérennité. »

Selon l'AFP, Handicap International voudrait mettre sur pied une fabrique de prothèses permanentes en Haïti. Un producteur de propylène, un matériau généralement utilisé dans leur fabrication, a déjà été trouvé.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !