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L'impasse après un an de lock-out

Employés en lock-out du <i>Journal de Montréal</i>
Employés en lock-out du Journal de Montréal

Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal, en lock-out depuis le 24 janvier 2009, fait porter à Quebecor la responsabilité de l'impasse dans les négociations. Un spectacle est prévu dimanche pour marquer une année de bras de fer avec l'employeur.

Le Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM), en lock-out depuis le 24 janvier 2009, a fait le point mercredi sur le conflit qui l'oppose à Quebecor depuis maintenant une année.

Les négociations entre les deux parties sont au point mort et n'ont pas repris depuis le 11 décembre dernier. Le président du STIJM, Raynald Leblanc, a fait remarquer que c'est Quebecor qui détient la clé de la fin du conflit de travail, et non pas le syndicat.

« On n'a pas la clef de ce conflit-là. Il y a une personne qui l'a, la clef, c'est M. Péladeau (le président et chef de la direction de Quebecor Media). Nous, la seule clef qu'on a, c'est l'ouverture à vouloir négocier [...] », a lancé M. Leblanc.

Un lock-out, c'est extrêmement difficile à vivre. Dans un lock-out, on perd notre identité, on perd notre job, on perd notre revenu, on perd notre lien avec le fonds de retraite. On perd plein de choses. Pour tout le monde, c'est extrêmement difficile à vivre. Le moral des troupes, il est étonnamment correct. On n'est pas en fête; on n'est pas contents de ce qui se passe, mais on est toujours déterminés, on est toujours unis et déterminés à aller au bout de ce conflit-là.

Le président du STIJM, Raynald Leblanc

La direction réplique

La direction refuse de porter le blâme, estimant qu'elle n'est pas la seule à détenir la clef et que « tout ça se décide à deux ». Quebecoir soutient que les changements préconisés au Journal de Montréal sont dictés par les profonds chamboulements que connaît le monde de la presse et auxquels l'entreprise doit s'adapter.

La vice-présidente aux affaires publiques de Quebecor Média, Isabelle Dessureault, affirme que pour que les négociations reprennent, il faudrait que le syndicat accepte « la possibilité pour l'employeur de faire des mises à pied pour s'adapter » à la nouvelle conjoncture économique et médiatique.

« En deux ans, juste du côté des petites annonces, ça a été une chute d'activité, de revenus, de 40 pour cent. Or, on a toujours un plancher d'emplois qui est le même que nous avions dans les années 1980-1990 dans ce seul secteur. L'impossibilité de s'adapter de ce côté-là, c'est le nerf de la négociation. Il faudra pouvoir davantage en discuter, ce qui n'est pas le cas présentement », affirme la porte-parole de Quebecor.

L'employeur veut maintenant faire aussi des mises à pied au sein de l'équipe de rédaction.

Un spectacle pour souligner un an de lock-out

Pour marquer une année de bras de fer avec l'employeur, les syndiqués en lock-out organisent dimanche prochain un spectacle donné au cabaret La Tulipe, à Montréal, avec, à l'affiche, des artistes comme Loco Locass, Richard Desjardins et Louise Forestier. Le syndicat attend 760 personnes à cette soirée qui sera animée par Christian Vanasse, des Zapartistes.

Âpres négociations

Les négociations cycliques entre la partie syndicale et l'employeur n'ont pas permis de dénouer le conflit. Un médiateur appelé à la rescousse n'a pas réussi non plus à faire aboutir les discussions.

Les travailleurs en lock-out, inquiets devant l'impasse dans les pourparlers, n'ont cessé d'occuper la rue pour manifester leur mécontentement et demander à Quebecor de poursuivre le dialogue.

Le 22 juillet dernier, ils ont pénétré dans les locaux du journal, contrevenant ainsi à une interdiction formulée par le juge dans ce sens. Le syndicat a dû plaider coupable d'outrage au tribunal.

En dépit de ce conflit, le Journal de Montréal continue de paraître avec la contribution des cadres et grâce aux textes des autres plateformes médiatiques de Quebecor, qui lui sont acheminés par l'agence de nouvelles QMI.

Une vision web du quotidien est mise en ligne depuis peu. Les employés en lock-out ont lancé pour leur part ruefrontenac.com, un site Internet d'information.

Profondes divergences

De profondes divergences divisent le syndicat et l'employeur. Les représentants des travailleurs refusent, entre autres, de souscrire à la « convergence illimitée », qui permettrait aux articles du journal gratuit 24 heures, du magazine 7 jours, du site Internet Canoë, du Journal de Montréal et du Journal de Québec de circuler dans tout le réseau du groupe de presse. Une telle pratique réduirait le nombre de journalistes requis.

C'est aussi par crainte du licenciement de quelque 87 employés que le syndicat s'oppose à la possibilité évoquée par l'employeur de recourir à la sous-traitance pour les employés de bureau et des petites annonces.

Le différend porte aussi sur le nombre d'heures de travail que Quebecor veut porter de 30 à 37,5 par semaine. Cela entraînerait la suppression de la semaine de quatre jours pour tout nouvel employé.

Le syndicat est d'autant plus opposé aux « concessions » demandées par l'employeur que le Journal de Montréal jouit d'une bonne santé financière. Il estime que le quotidien a enregistré des profits de quelque 50 millions en 2008, pour un chiffre d'affaires de 200 millions.

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