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Québec réclame une approche adaptée à la crise

Des victimes du tremblement de terre en Haïti à l'hôpital Choscal.

Des victimes du tremblement de terre en Haïti à l'hôpital Choscal.

Photo : AFP / Julie Rémy

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Haïtiens du Canada réclament du fédéral des assouplissements aux critères d'accueil pour faire venir leur famille élargie au pays. Du même souffle, Québec réclame pour Haïti une approche taillée sur mesure en matière d'immigration.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, soutient qu'Ottawa doit assouplir ses règles en matière d'immigration afin de permettre au Québec d'accueillir un plus grand nombre de rescapés du séisme en Haïti.

Le premier ministre Charest réitère que la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, est en discussion avec le gouvernement fédéral à ce sujet.

Est-ce que le Québec verra arriver demain matin des dizaines de milliers de réfugiés haïtiens? La réponse est non.

Sam Hamad, ministre du Travail et ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale du Québec

Jean Charest et Sam Hamad font toutefois une mise en garde quant à la capacité d'accueil du Québec. Jean Charest explique qu'il ne suffit pas d'accueillir les gens, encore faut-il préparer leur arrivée.

À Ottawa, le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe a lancé un appel en faveur d'une intervention rapide du Canada pour rescaper les Haïtiens. « Nous appuyons les mesures d'urgence prises par le gouvernement canadien. Je demande au premier ministre de tout faire pour accélérer et intensifier les efforts du Canada en ce qui a trait à l'aide humanitaire. »

De son côté, la formation politique Québec solidaire demande aussi que des mesures exceptionnelles soient mises en place par le gouvernement fédéral en matière d'accueil et d'immigration. Et selon sa chef Françoise David, Jean Charest doit accentuer ses pressions auprès de Stephen Harper en ce sens.

Le gouvernement fédéral doit cesser de faire la sourde oreille et procéder à un élargissement et à une accélération de l'étude des dossiers. Nous sommes tout à fait d'accord avec tous les intervenants qui disent d'une seule voix : « à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. »

Françoise David

Les Haïtiens du Canada en colère contre Stephen Harper

En lançant son appel au gouvernement du Canada, le premier ministre Charest se fait l'écho de nombreux groupes qui réclament du gouvernement fédéral de pouvoir faire venir leur famille au Canada, et ce, dans les plus brefs délais.

Les gens d'abord, la paperasse ensuite.

Ninette Piou, présidente du Conseil national de la communauté haïtienne du Canada
Ninette PiouAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La présidente du Conseil national des citoyens d'origine haïtienne, Ninette Piou

Ninette Piou demande au Canada d'ouvrir plus grandes ses frontières. Elle affirme que les mesures annoncées jusqu'ici par le gouvernement Harper « déçoivent entièrement la communauté haïtienne » du Canada.

Le Conseil national de la communauté haïtienne du Canada veut qu'il soit possible de faire venir les frères et soeurs. En ce moment, les mesures implantées par Ottawa font en sorte d'ouvrir la porte aux pères, mères, enfants et conjoints.

Pour les groupes qui viennent en aide aux immigrants, c'est insuffisant. Ces groupes demandent à pouvoir faire venir aussi les nièces, neveux, oncles et tantes.

On sait que le Canada est capable de faire plus.

Ninette Piou, présidente du Conseil national de la communauté haïtienne du Canada.

Des règles très restrictives

De son côté, le Conseil canadien pour les réfugiés demande plus de flexibilité. « Comment quelqu'un qui a vu sa maison être détruite pourrait-il fournir tous les documents exigés par le ministère de l'Immigration? » demande Janet Dench, directrice du Conseil canadien pour les réfugiés.

Janet Dench appelle aussi le gouvernement du Canada à faire preuve de bon sens. Janet Dench fait ainsi référence à la crainte de faire venir des criminels ou des prisonniers évadés au Canada. « Les petits enfants ne peuvent être des terroristes ou des criminels », plaide-t-elle.

Pour Stéphane Handfield, avocat spécialisé dans les questions d'immigration, les Haïtiens qui arriveraient au Canada en vertu de procédures assouplies ne constitueraient pas un fardeau.

Je connais peu d'Haïtiens qui bénéficient de l'aide sociale. On fait fausse route en pensant le contraire. Car la première chose que ces gens-là demandent lorsqu'ils arrivent, c'est de pouvoir travailler.

Maître Stéphane Handfield, spécialisé dans les questions d'immigration

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