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Le GIEC dans l'embarras

Rajendra Pachauri
Rajendra Pachauri Photo: AFP / Attila Kisbenedek
Radio-Canada

Après le Climategate, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat lance une enquête relativement à la publication d'une information qui annonçait la fonte des glaciers de l'Himalaya d'ici 2035.

Le président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), Rajendra Pachauri, a annoncé lundi le lancement d'une enquête relativement à la publication dans un de ses rapports d'une information erronée relativement à la fonte des glaciers de l'Himalaya.

En 2007, dans son 4e rapport, le GIEC avait prévenu que les glaciers de la chaîne de l'Himalaya reculaient plus vite que les autres glaciers du monde et qu'ils « pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant ».

Or, le Sunday Times a révélé dimanche que cette échéance n'était fondée sur aucune recherche valide.

Le Groupe avait utilisé une information de l'organisation environnementale World Wildlife Fund (WWF), qui, elle, s'était basée sur une entrevue accordée par le chercheur indien Syed Hasnain au New Scientist en 1999.

Le GIEC a été créé en 1988 par l'ONU pour évaluer les informations scientifiques pertinentes à la compréhension du phénomène des changements climatiques. Un millier de scientifiques du monde entier y participent.

Le scientifique responsable du chapitre du rapport sur les glaciers, Murari Lal, a avoué au Sunday Times sa méconnaissance des glaciers.

« Je ne suis pas un expert des glaciers et je n'ai pas visité la région. Je dois donc me baser sur les recherches crédibles. [...] Il était raisonnable de supposer que [M. Hasnain] savait de quoi il parlait », peut-on lire dans le quotidien britannique.

L'information, qui n'était finalement qu'une spéculation, sera retirée du rapport et ne sera plus utilisée par le GIEC.

Une coquille?

Interrogé par l'AFP, le glaciologue autrichien Georg Kaser avance l'hypothèse qu'il s'agirait d'une coquille, faisant référence à une étude russe qui, en 1996, prédisait une disparition des glaciers de l'Himalaya « d'ici 2350 ». M. Kaser affirme d'ailleurs avoir prévenu, sans succès, ses pairs de l'erreur.

Cette affaire s'avère malencontreuse pour le GIEC, déjà confronté au Climategate, une affaire de courriels piratés qui avait fortement perturbé l'ouverture de la conférence de Copenhague.

À l'époque, des milliers de courriels de chercheurs avaient été publiés sur Internet. Ces courriels laissaient entendre que la communauté scientifique avait manipulé les données pour confirmer le réchauffement planétaire.

Cette affaire avait alimenté le scepticisme et la contestation des conclusions du GIEC par certains groupes politiques et groupes de pression.

Avec les informations de Agence France-Presse