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Prison à vie pour le cerveau du complot

Zakaria Amara

Zakaria Amara

Radio-Canada

Le cerveau de la cellule terroriste qui planifiait des attentats au centre-ville de Toronto, Zakaria Amara, écope de la prison à vie.

Amara, maintenant âgé de 24 ans, est au coeur du complot, qui visait à faire sauter des camions piégés devant la Bourse et l'édifice du SCRS vers 9 h, le 11 septembre 2006. L'homme avait appris sur Internet comment fabriquer des bombes à l'aide de fertilisant. Son groupe ciblait également une base militaire située en territoire ontarien.

Le juge déclare que Zakaria Amara était l'auteur d'un plan qui, s'il s'était réalisé, aurait été le crime le plus horrible jamais commis au Canada. Il estime qu'Amara doit être surveillé pour le reste de ses jours, ce que prévoit une peine de prison à vie.

Selon les autorités, le complot de Toronto aurait pu faire des centaines de victimes s'il n'avait pas été déjoué à l'aide de deux agents doubles infiltrés dans le groupe. Le groupe planifiait en effet faire sauter trois bombes d'une tonne de nitrate d'ammonium.

Une bombe d'une tonne de nitrate d'ammonium a fait 168 morts lorsqu'elle a explosé dans un immeuble fédéral à Oklahoma City, aux États-Unis en 1995.

Zakaria Amara a reconnu sa culpabilité en octobre à des accusations de participation à un groupe terroriste et de conspiration pour faire exploser une bombe pour une organisation terroriste en octobre 2009. La semaine dernière, Amara a présenté ses excuses pour son extrémisme passé, tout en précisant qu'il ne mérite que le mépris de Canadiens.

Après sa condamnation à la prison à vie, lundi, Zakaria Amara s'est levé et a déclaré à la cour qu'il maintient sa promesse de devenir un meilleur citoyen.

L'homme ne pourra être libéré avant d'avoir purgé 10 ans de sa peine: compte tenu du temps passé en prison depuis son arrestation en juin 2006, Amara pourra demander une libération conditionnelle dans six ans et demi, ce qui ne signifie pas qu'elle lui sera accordée. Même s'il était libéré à ce moment, il vivrait tout de même sous surveillance jusqu'à la fin de ses jours.

12 ans pour Gaya

Saad GayaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Saad Gaya

Photo : Alex Tavshunsky

Un homme accusé relativement au complot terroriste qui visait le centre-ville de Toronto, Saad Gaya, écope d'une peine de 12 ans de prison pour le rôle qu'il a joué. Sept ans et demi sont toutefois retranchés de cette peine par le juge pour tenir compte du temps que l'homme a passé en prison depuis son arrestation. Saad Gaya, qui avait 18 ans au moment de son arrestation, pourrait ne pas servir les quatre ans et demi de prison qui restent à sa peine et être libéré dans un an et demi.

Dans un rapport psychiatrique, Gaya a été décrit comme un jeune homme naïf, immature et dépourvu de débrouillardise. Mais le juge indique que le contrevenant est intelligent et qu'il aurait dû comprendre les dangers des bombes planifiées.

L'ancien étudiant de l'Université McMaster a reconnu en septembre avoir pris part au complot qui visait à faire exploser deux bombes au centre-ville de Toronto. Saad Gaya n'a toutefois pas joué un rôle central dans le complot. Il a déclaré à la cour qu'il ignorait que le groupe ciblait la Bourse et l'édifice du SCRS au centre-ville de Toronto. Il affirme avoir obtenu l'assurance que personne ne serait blessé par les attentats.

« Même si le contrevenant ne connaissait pas l'importance des bombes qui allaient être assemblées, il a été aveugle de ne pas imaginer la possibilité qu'elles causent des morts ou des blessures graves », a déclaré le juge Bruce Durno lundi.

« Son degré de responsabilité reste relativement élevé, mais il n'est pas pas aussi important que d'autres accusés impliqués dans le complot », a ajouté le magistrat.

Saad Gaya a été arrêté en juin 2006 tandis qu'il déchargeait un camion rempli de nitrate d'ammonium destiné à la fabrication de bombes.

Réhabilitation possible

Pour le juge Durno, la possibilité que Saad Gaya puisse être réhabilité apparaît excellente.

Une évaluation psychiatrique de Gaya a conclu que le jeune homme ne présente aucun risque dans un proche avenir, mais affirme que, compte tenu de son comportement passé, un risque à plus long terme ne peut être exclu.

Le juge Durno déclare que cette évaluation ne peut être ignorée, mais dit constater que Gaya, aidé par sa famille et la communauté, a déjà fait de grands pas vers la réhabilitation.

Durant son incarcération, Saad Gaya a suivi des cours par correspondance. Ses proches ont également réuni 60 000 $ dans une fiducie destinée à ses études. Le juge a également reçu trois lettres d'employeurs souhaitant embaucher le jeune homme dès sa libération.

L'avocat de Saad Gaya, Paul Slansky, a affirmé à l'extérieur du tribunal que son client n'est pas « méchant », mais qu'il s'est égaré et a fait confiance à des gens qui étaient eux-mêmes égarés.

Parmi les 18 personnes arrêtées dans cette affaire en 2006, quatre ont plaidé coupables, sept ont vu leurs accusations abandonnées ou suspendues, un jeune contrevenant a été reconnu coupable au terme de son procès, un procès est en cour et le procès des cinq autres accusés doit débuter en mars.