•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un investissement vert et un désaccord

Radio-Canada

L'annonce d'un investissement conjoint dans une première usine québécoise de biométhanisation à Cacouna n'empêche pas le premier ministre du Québec de réitérer la position critique qu'il a prise à l'égard d'Ottawa au sommet de Copenhague.

Stephen Harper et Jean Charest à Rivière-du-LoupAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Ce n'est pas l'annonce du financement d'une première usine de biométhanisation québécoise qui guérira la plaie laissée par le sommet de Copenhague dans les relations Québec-Ottawa.

Les premiers ministres Jean Charest et Stephen Harper en ont fait la démonstration, mardi, lors d'une conférence de presse conjointe à Rivière-du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent, au sujet d'une usine de traitement des déchets organiques qui sera construite à Cacouna.

Rappelons qu'en décembre dernier, le premier ministre du Québec avait profité de sa présence au sommet international sur les changements climatiques pour reprocher au gouvernement conservateur de M. Harper de ne pas avoir tenu compte des objectifs plus ambitieux du Québec en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES) au moment de déterminer l'objectif canadien. Québec veut réduire ses GES de 20 % d'ici 2020, par rapport à leur niveau de 1990, tandis qu'Ottawa, parce qu'il a choisi 2006 comme année de référence, ne vise en réalité que 3 % de réduction par rapport à 1990.

De plus, Jean Charest avait laissé entendre que tout engagement pris par Ottawa dans le cadre de la conférence de Copenhague aurait pu être contesté, puisque le gouvernement fédéral n'aurait pas obtenu l'aval des provinces.

Interrogé mardi sur ces propos, le premier ministre du Québec a dit qu'il ne regrettait rien. « Il n'y a pas une chose que je changerais à ce que j'ai fait et dit à Copenhague. Pas un mot! Je cherche toujours, dans ceux et celles qui nous reprochent d'avoir présenté des positions qui ne faisaient pas leur affaire, exactement ce qu'on aurait pu dire qui ne faisait pas l'affaire », a déclaré M. Charest.

Si parler et défendre les intérêts du Québec, ça dérange du monde, bien tant pis!

Jean Charest

Pour sa part, le premier ministre Stephen Harper semblait mal à l'aise d'aborder ce sujet de discorde entre les deux gouvernements. Son inconfort était palpable dans une réponse qu'il a donnée en anglais.

Les positions des gouvernements du Canada et du Québec sont bien connues. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'élaborer sur ce sujet ici.

Stephen Harper

Le projet de Cacouna

Ottawa investira 4 millions de dollars dans les nouvelles installations de traitement des déchets, tandis que Québec fournira 4,7 millions. Les 11 municipalités du secteur et l'entreprise privée investiront 5 millions dans le projet, pour un total de 14,7 millions de dollars. L'usine sera d'ailleurs gérée par une société composée de partenaires publics municipaux et de l'entreprise privée Envirogaz.

Construite à Cacouna, l'usine pourra traiter annuellement 20 000 tonnes de déchets de table provenant de Rivière-du-Loup et des environs. Les restes de fruits, de légumes et de viande seront convertis en biocarburant et en engrais. Le biocarburant servira aux véhicules des municipalités de la région. L'engrais, du compost, sera vendu.

Le premier ministre Jean Charest a fait valoir que le combustible permettra de faire rouler 30 camions qui, autrement, consommeraient 45 000 litres de diesel par année. Il a aussi ajouté que l'usine créera 100 emplois directs et indirects.

Cinq projets semblables ont aussi fait l'objet d'une entente fédérale-provinciale. Ottawa y injectera 170 millions de dollars, pris à même le Fonds pour l'infrastructure verte qui s'élève à 1 milliard de dollars pour l'ensemble du Canada.

En novembre dernier, Québec avait fait connaître son intention de bannir l'enfouissement des matières organiques d'ici 10 ans.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !