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L'enquête prend une tournure internationale

L'avion de Delta Air Lines

L'avion de Delta Air Lines

Photo : AP/J.P. Karas

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Londres et Abuja collaborent à l'enquête américaine sur l'attentat avorté contre un avion de Delta Air Lines. Le suspect a été inculpé devant un tribunal fédéral à Détroit pour avoir essayé de faire exploser un avion.

Un passager à bord d'un avion de la compagnie américaine Delta Air Lines a été maîtrisé vendredi après avoir vraisemblablement tenté d'actionner un petit engin explosif dans ce qui semble être une tentative d'attentat.

Le suspect, un jeune Nigérian, a été inculpé pour avoir essayé de faire exploser un avion. Il est actuellement soigné dans un hôpital de Détroit pour de graves blessures.

L'appareil, qui transportait 278 passagers, assurait la liaison entre Amsterdam, aux Pays-Bas, et la ville américaine de Détroit. L'incident est survenu aux environs de 12 h, heure locale, une vingtaine de minutes avant l'atterrissage de l'avion à Détroit.

Un responsable de la Maison-Blanche, cité par CNN, a parlé d'une tentative d'acte de terrorisme. La thèse de l'attentat a été évoquée aussi par un haut responsable de l'administration américaine qui en a parlé à l'AFP sous couvert de l'anonymat. Associated Press a cité pour sa part un haut responsable des services de lutte antiterroriste selon lequel ce passager prévoyait de faire sauter l'avion.

Peter King, un élu républicain de la Chambre des représentants et membre de la commission de la sécurité intérieure, a déclaré à des chaînes de télévision américaines que le suspect avait utilisé « un engin relativement sophistiqué ». Il aurait été brûlé au deuxième degré quand il a tenté de le faire détonner. Des passagers ont été également légèrement blessés.

Fausse alerte

Signe que l'incident de vendredi incite à davantage de vigilance, un avion de la compagnie allemande Lufthansa reliant Francfort à Détroit a atterri d'urgence samedi en Islande en raison de la présence à bord d'un bagage dont le propriétaire n'avait pas embarqué.

Une équipe de démineurs a inspecté l'Airbus 380-300 qui transportait environ 200 passagers à l'aéroport international de Reykjavik. L'avion est reparti à destination de Détroit après cette escale forcée.

Un jeune Nigérian qui aurait agi au nom d'Al-Qaïda

La Montréalaise Shama ChopraAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Montréalaise Shama Chopra était assise dans l'avion à quelques mètres du présumé terroriste.

Selon plusieurs médias, l'auteur des faits est un Nigérian de 23 ans. Son nom serait soit Abdul Farouk Abdulmutallab, soit Umar Farouk Abdulmutallab. On ignore pour le moment ce qui a motivé son geste. Le FBI mène une enquête sur cet incident.

La police britannique a annoncé samedi qu'elle effectuait des perquisitions à Londres dans le cadre d'une collaboration avec les autorités américaines.

Condamnant la tentative présumée d'attentat, la ministre nigériane de l'Information, Dora Akunyili, a affirmé qu'Abuja avait ouvert sa propre enquête et que le gouvernement allait collaborer avec les autorités américaines.

Fils d'un riche banquier

L'auteur de l'attentat déjoué est un jeune musulman du nord du Nigeria qui a étudié à Londres et dont le père, un riche banquier et ancien ministre, avait, selon les médias, alerté les autorités américaines sur le radicalisme religieux de son fils.

Des médias américains affirment que le suspect a avoué être un membre du réseau terroriste Al-Qaïda. CNN avance même qu'il aurait dit aux enquêteurs avoir acheté les explosifs au Yémen, où il aurait aussi appris à s'en servir.

Selon l'Associated Press, qui cite une source officielle au fait de l'enquête, les autorités savaient depuis au moins deux ans que le suspect était susceptible d'avoir des contacts avec des terroristes.

Comme le rapportait plus tôt le New York Times, le nom du suspect figure sur une liste des services de renseignement américains qui regroupe les noms de personnes ayant eu, ou étant soupçonné d'avoir eu, des contacts ou des liens avec un terroriste ou une organisation terroriste.

Cette information ne manquera pas de soulever des questions quant à la fiabilité des mesures de sécurité sur les vols américains, qui ont pourtant été considérablement resserrées depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Informé de l'incident, le président Barack Obama a donné l'ordre de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour renforcer la sécurité aérienne, un renforcement qui s'applique à tous les vols internationaux entrant aux États-Unis.

Le 22 décembre 2001, le Britannique Richard Reid avait été maîtrisé par des passagers et membres de l'équipage à bord d'un vol Paris-Miami de la compagnie American Airlines. Il tentait alors d'allumer des explosifs dissimulés dans ses chaussures. Condamné à perpétuité, il purge sa peine dans une prison américaine.

Un vol mouvementé

Ce sont des passagers et des membres de l'équipage qui ont maîtrisé le suspect. Syed Jafri, qui était à bord de l'avion, a raconté à CNN que l'incident s'est produit environ 20 minutes avant l'atterrissage.

« Il y a eu un boum, et tout le monde a été un peu surpris. Après quelques secondes, il y a eu un peu de lumière, comme venant d'une flamme, et puis on a vu du feu. Les gens ont presque commencé à paniquer. Tout le monde s'est rué vers la zone (du feu) en essayant d'utiliser de l'eau, une couverture, un extincteur. [...] Ce qui a été merveilleux, c'est que tout le monde s'est impliqué », a-t-il dit.

Le passager a ajouté que le présumé terroriste « avait l'air choqué, surpris par tout ça », expliquant qu'« il n'y a eu de la panique que dans les six ou sept rangées autour. Mais le reste de l'avion, je ne crois pas qu'ils savaient. »

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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