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Harper défend son approche

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, prend une pause lors d'une rencontre avec les journalistes à la fin du sommet de Copenhague, le 18 décembre 2009.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, prend une pause lors d'une rencontre avec les journalistes à la fin du sommet de Copenhague, le 18 décembre 2009.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Malgré les critiques sur son inaction dans la réduction des gaz à effet de serre et le rôle limité du Canada à Copenhague, le premier ministre maintient que ses objectifs suivront ceux des États-Unis et tiendront compte de l'économie.

Le premier ministre du Canada a fait vendredi soir sa première déclaration publique depuis son arrivée à Copenhague, tandis que prenait fin la conférence internationale visant à trouver un nouvel accord de réduction des gaz à effet de serre (GES).

Stephen Harper a martelé que les cibles de réduction des GES du Canada seront harmonisées avec celles des États-Unis dans un cadre nord-américain. M. Harper a répété qu'un accord sur les changements climatiques devra être global et réaliste, et tenir compte de l'impact des gestes posés sur l'économie.

M. Harper semblait satisfait que le résultat du sommet de Copenhague, un accord timide et obtenu à l'arraché, implique à la fois les pays industrialisés et les pays en développement.

Le premier ministre Harper s'est défendu de ne pas avoir été présent à toutes les tables de discussions à Copenhague, en disant que les intérêts du Canada y étaient représentés par des alliés, des joueurs clés, une allusion claire aux États-Unis.

Il a affirmé que l'approche conservatrice s'éloignait de celle du précédent gouvernement libéral, qui, en signant le protocole de Kyoto, établissait des cibles de réduction de GES avant que les États-Unis aient fait de même.

M. Harper a aussi défendu l'approche de son gouvernement quant aux sables bitumineux, devenus symbole du problème des GES au Canada, en soulignant qu'ils ne représentent que 4 % des émissions de GES au pays. Le premier ministre a affirmé que les changements dans l'exploitation des sables bitumineux faisaient partie de la solution, mais n'étaient pas la seule solution.

Absent lors des derniers pourparlers

Le Canada ne faisait pas partie du dernier blitz de négociations réunissant une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement du monde.

Si plusieurs chefs d'État et de gouvernement se sont succédé au micro cette semaine, Stephen Harper a choisi de ne pas exprimer lui-même la position canadienne. Il a plutôt décidé de confier cette responsabilité à son ministre de l'Environnement, Jim Prentice.

Le ministre Prentice a expliqué cette décision par le fait que c'est lui qui a mené les négociations cette semaine et qu'il travaille sur ce dossier depuis des mois.

Dans son discours, prononcé en anglais et en français, il a notamment cherché à expliquer l'objectif canadien, qui vise à réduire les émissions de GES de 20 % d'ici 2020, mais par rapport au niveau de 2006.

Cela équivaut à une baisse de 3 % des GES depuis 1990, année de référence du protocole de Kyoto, utilisée comme balise par la majorité des pays. L'objectif canadien est l'un des moins ambitieux de tous les pays industrialisés présents à la conférence de Copenhague.

« Les actions qui seront prises par le Canada devront tenir compte de la grandeur et de la diversité de notre territoire, de notre population croissante et de l'importance que représente notre secteur énergétique », a-t-il déclaré. Il a omis de mentionner que des provinces comme le Québec et l'Ontario avaient des cibles plus ambitieuses.

Le Canada reçoit le prix Fossile de l'année à la conférence de CopenhagueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le prix Fossile a été remis à une personne déguisée en premier ministre Stephen Harper.

Fossile de l'année

Le Canada s'est vu décerner vendredi le prix « Fossile de l'année » par un regroupement d'organisations non gouvernementales réunies à l'occasion de la conférence internationale visant à trouver un nouvel accord de réduction des GES.

L'ONG Avaaz, qui en a fait l'annonce, a dit que le Canada a été choisi en raison de sa « position inacceptable » dans le dossier du réchauffement climatique.

Le prix a été accordé après un vote des délégués d'ONG rassemblés pour suivre les dernières tractations en cours au centre des conférences de Copenhague.

L'opposition déçue

Au Canada, l'absence de Stephen Harper à la dernière assemblée plénière a été vertement critiquée.

Le député libéral David McGuinty et le chef libéral Michael IgnatieffAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

David McGuinty et Michael Ignatieff

En point de presse à Ottawa, le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a déploré le rôle mineur qu'a joué le Canada à la conférence de Copenhague.

Le chef de l'opposition officielle a déclaré que contrairement au gouvernement de Stephen Harper, il voyait le sommet au Danemark comme une belle occasion pour le Canada, plutôt qu'un défi difficile. Michael Ignatieff a ajouté qu'il croyait que des mesures pour réduire les émissions de GES stimuleraient la création d'emplois, et ne nuiraient pas à l'économie canadienne, contrairement aux craintes exprimées par les conservateurs.

« On ne sait pas pourquoi M. Harper est allé à Copenhague, parce qu'il était presque exclu de toutes les discussions. Il n'était pas consulté par M. Obama, ni par les Chinois ni par quiconque. Il y avait 19 pays et le Canada n'était pas même mentionné, c'est dommage », a résumé M. Ignatieff.

Pour le chef libéral, le Canada ne peut laisser des enjeux aussi importants aux seules mains des États-Unis.

Malgré tout, Michael Ignatieff s'est dit prêt à travailler avec le gouvernement Harper si celui-ci arrivait avec des propositions sérieuses. M. Ignatieff a souhaité la conclusion d'un accord qui pourrait être peaufiné lors des sommets du G8 et du G20, respectivement à Huntsville et à Toronto, en Ontario, l'an prochain.

Tout comme son chef, le porte-parole libéral en matière d'environnement, David McGuinty, qui était présent à Copenhague, s'est dit déçu que le Canada reparte avec le prix Fossile de l'année.

M. McGuinty a souligné que le fait que le Canada n'a pas été invité à la dernière réunion de travail était très surprenant. David McGuinty a ajouté qu'il n'avait jamais vu autant d'inquiétude au sujet de la position canadienne, et qu'il en ressortait l'impression que le Canada a abandonné son rôle passé de leader.

Le député d'Ottawa-Sud a critiqué l'approche agressive du Canada envers le protocole de Kyoto, en réclamant son abolition et son remplacement. M. McGuinty a rappelé que le Canada était le seul pays à avoir dit qu'il n'aurait pas de plan national de réduction des émissions de GES avant qu'un accord international soit conclu.

« C'est une décision injustifiable, inqualifiable et qui démontre l'absence de leadership canadien dans la lutte aux changements climatiques », a déploré Bernard Bigras, porte-parole du Bloc québécois en matière d'environnement, en parlant de l'absence du Canada lors des pourparlers ultimes. « Jim Prentice n'a pas été à la hauteur », a-t-il ajouté.

Même son de cloche du chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, qui a soutenu que le gouvernement Harper venait une fois de plus de prouver que la réduction des émissions de GES ne lui tenait pas à coeur. « Je pense qu'il représente surtout les intérêts des grandes pétrolières, qui ne veulent pas d'action », a-t-il commenté.

Visitez le blogue d'Étienne Leblanc sur les changements climatiques

Les critiques se multiplient

Le premier ministre ne trouve pas davantage grâce aux yeux du coordonnateur adjoint de l'organisation Équiterre, Steven Guilbeault. « Je pense que ça en dit long sur le peu d'intérêt que le premier ministre canadien porte à la question des changements climatiques et à cette conférence », a-t-il dit.

Plus tôt cette semaine, le gouvernement minoritaire conservateur de Stephen Harper a été la cible de critiques de la part de certaines provinces, dont le Québec et l'Ontario, qui estiment, elles aussi, qu'Ottawa n'en fait pas assez pour lutter contre le réchauffement de la planète.

Pour l'heure, le Canada ne respecte pas l'objectif qui lui avait été fixé par Kyoto, soit une réduction des GES de 6 % en 2012 par rapport à 1990.

Depuis le début de la conférence de Copenhague, le Canada a reçu trois prix Fossile soulignant son incurie dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique. Il a aussi été victime d'un canular sophistiqué visant à attirer l'attention sur ses politiques environnementales.

Avec les informations de Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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