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Héritiers de Slava

Semianyki

Photo : Roman Beliaevski

Lili Marin
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après sept ans de tournée un peu partout dans le monde, le Teatr Licedei, de Russie, arrive à la TOHU avec Semianyki, un spectacle de clowns qui décoiffe. Littéralement.

Le public montréalais connaît bien le fondateur du Teatr Licedei, de Russie. S'il n'a pas vu son fameux Slava's Snowshow, il a au moins aperçu les images floconneuses des publicités, qui font partie du paysage médiatique québécois depuis 10 ans.

C'est toutefois la première fois que les membres actuels de la troupe de Saint-Pétersbourg viennent à Montréal. Après sept ans de tournée un peu partout dans le monde, ils amènent à la TOHU Semianyki, un spectacle de clowns qui décoiffe. Littéralement.

La chevelure de certains de leurs personnages donne l'impression qu'ils ont tenté l'expérience de mettre une fourchette dans une prise de courant, et ils sont tous aussi disjonctés les uns que les autres. Père alcoolique, mère enceinte jusqu'aux oreilles, enfants pour le moins turbulents: Semianyki évoque le quotidien d'une famille explosive, mais néanmoins unie.

À mille lieues du spectacle de l'an dernier, la production qu'a choisie la Cité des arts du cirque pour le temps des fêtes fait dans la farce (et dans les attrapes), sans complexe. L'humour devient parfois méchant, notamment dans quelques scènes qui pourraient inspirer de vilaines idées à des petits chenapans ou effaroucher les plus angéliques. Pas politiquement correcte du tout, cette famille passe son temps à se taper dessus, de manière souvent fort inventive, mais quand même...

Dans le rôle de la mère, Olga Eliseeva s'avère impressionnante. Elle danse presque tout le temps, malgré son état, et joue le jeu de la séduction de manière outrancière, en dépit de son inélégance totale. Elle n'hésite pas à prendre le public à partie.

Quelques trouvailles visuelles truffent le spectacle, dont un tricot qui bouge comme un oiseau. Sur le plan musical, on est loin de l'univers traditionnel du cirque. Mon ange, d'Éric Lapointe, que le vieux poste de radio recrache brièvement au début, fait grimacer toute la marmaille. Assez éclectique, la trame sonore comprend même un morceau de Björk.

Le Teatr Licedei de 1968 à aujourd'hui

Les premiers sketches montés par le Teatr Licedei paraissent suspects aux yeux des autorités soviétiques. Bercés par des mélodies occidentales, ils ne vantent pas les mérites de la grande URSS. Cela plaît au public. La troupe a le privilège de voyager. Après l'explosion de Tchernobyl, le spectacle Katastroph, qui était inspiré d'un accident d'avion, prend un autre sens. Avec la chute du communisme, la troupe se disloque, avant de revivre avec des jeunes.

Pour compléter le programme, la TOHU propose dans son hall une exposition d'affiches de cirques en langue russe. Des troupes de plusieurs anciennes républiques soviétiques sont représentées, avec de jolies inscriptions en alphabet cyrillique, un graphisme coloré et des dessins de chiens savants, notamment.

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