Vous naviguez sur le nouveau site

Aide à la navigation
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Naissance du Réseau de l'information

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2010 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.


Le 1er janvier 1995, à 9 h, alors que la nouvelle année commence, Radio-Canada lance la première chaîne d'information continue de langue française en Amérique du Nord.

Bonne et heureuse année mesdames, messieurs, bienvenue à RDI, le Réseau de l'information, qui, à partir de maintenant, en ce jour historique, sera là sans interruption à toute heure du jour et de la nuit, avec vous, pour vous informer.

Geneviève Asselin

C'est Geneviève Asselin qui présente le premier bulletin de l'histoire de la chaîne, mais aussi de sa carrière. « J'étais extrêmement nerveuse, se rappelle-t-elle. Je me retrouvais à devoir briser la glace pour tout le navire qui était derrière et les équipes qui préparaient cette ouverture depuis très longtemps. »

Geneviève Asselin anime le premier bulletin de nouvelles de RDI le 1er janvier 1995.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Geneviève Asselin anime le premier bulletin de nouvelles de RDI le 1er janvier 1995.

L'idée d'un réseau d'information continue en français a germé une décennie plus tôt, avec notamment la création de CNN en 1980. La mise en ondes de Newsworld par CBC, le 31 juillet 1989, a accentué la pression pour qu'un équivalent en français soit créé.

« Les francophones étaient en train de s'alimenter à une télévision qui s'exprimait en anglais. Notre objectif était de leur offrir un service dans leur langue », explique Renaud Gilbert, qui a été le premier directeur de RDI.

Il se rappelle que plusieurs ont douté, au départ, de la capacité de Radio-Canada de mener un tel projet à terme. Toutefois, la chaîne a réussi à s'imposer dès ses premières années en couvrant comme jamais auparavant les évènements marquants.

RDI rejoint maintenant 3 millions de francophones et un demi-million d'anglophones chaque semaine.

Louis Lemieux, qui est aujourd'hui à la barre de RDI Matin week-end, se souvient de l'importance qu'a prise la chaîne lors du déluge du Saguenay, à l'été 1996.

« C'était la première fois qu'une catastrophe se passait chez nous et c'était la première fois qu'on en rendait compte en direct. Quelqu'un m'a dit: "Vous êtes devenus le CNN du Québec." »

Révolution en direct

Renaud Gilbert, premier directeur de RDIAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Renaud Gilbert, premier directeur de RDI

L'arrivée des réseaux d'information continue, comme RDI, a radicalement changé la façon de produire l'information, constate Florian Sauvageau, directeur du Centre d'études sur les médias de l'Université Laval.

« Les journalistes sont obligés de mettre leur reportage à jour plusieurs fois dans une même journée. Comme ils le disent eux-mêmes, il faut alimenter la bête. »

Une autre révolution s'est tranquillement produite dans les foyers canadiens. « La naissance de RDI a marqué les débuts d'une nouvelle façon de consommer l'information », dit-il, un changement qui s'est accéléré avec le développement d'Internet.

Le site web de nouvelles de Radio-Canada fêtera aussi ses 15 ans cette année.

« Auparavant, il y avait les grands rendez-vous d'information. Le Téléjournal de 22 h était un évènement quasi sacré qu'on écoutait chaque soir en famille. Maintenant avec l'information en continu, et plus récemment avec les nouvelles plateformes, les gens s'informent n'importe quand et n'importe où, explique celui qui a co-réalisé Derrière la Toile: le quatrième Pouvoir, un documentaire sur le journalisme à l'ère d'Internet. On réalise mal à quel point les choses ont changé en une quinzaine d'années. »

L'envers de la nouvelle

Pour Florian Sauvageau, l'information continue, à la télévision ou sur le web, a ses effets pervers. « On a le sentiment qu'on est super-informé, mais on ne l'est peut-être pas tant que ça, parce que ce qu'on consomme à longueur de journée, ce sont des nouvelles très brèves. »

« Si tout ce que vous savez c'est qu'il y a 150 soldats canadiens morts en Afghanistan depuis l'arrivée des troupes, vous ne savez pas grand-chose sur la présence militaire dans le pays, sur le conflit, ses raisons, etc., illustre-t-il. La nouvelle ne suffit pas. »

Il déplore aussi que les contraintes du direct limitent le temps qu'ont les journalistes pour approfondir leur sujet.

Malgré tout, il croit qu'il existe un bassin d'information d'une très grande richesse. Selon lui, c'est la responsabilité des citoyens de se donner la peine de la trouver, plutôt que de « grignoter » des bribes de nouvelles.

Nouveaux concurrents

Par ailleurs, les chaînes comme RDI ou LCN, au Québec, ne sont plus les seules à faire de l'information continue, fait valoir M. Sauvageau. Les grands journaux qui investissent le web, comme La Presse le fait avec Cyberpresse, deviennent des concurrents.

Pour Renaud Gilbert, qui parle toujours avec passion de son bébé, RDI doit continuer d'évoluer. « Je ne suis pas un nostalgique. On voit que les gens aujourd'hui vont beaucoup sur Internet pour s'informer, alors il faut que RDI trouve sa place. »

D'ailleurs, Radio-Canada a récemment annoncé que RDI en direct sera disponible sur iPhone après la période des Fêtes. Une évolution technologique qui en annonce certainement beaucoup d'autres au cours des 15 prochaines années.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !