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La réplique méthodique de Richard Colvin

Richard Colvin

Richard Colvin lors de sa comparution devant le comité parlementaire sur le traitement des détenus afghans.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le diplomate qui dit avoir prévenu le gouvernement Harper et les Forces canadiennes du risque de torture encouru par les prisonniers remis aux autorités afghanes réfute point par point tous les arguments avancés pour nuire à sa crédibilité.

Dans une lettre envoyée mercredi au comité parlementaire spécial sur l'Afghanistan, le diplomate Richard Colvin réfute point par point tous les doutes soulevés par des responsables du gouvernement Harper et des Forces canadiennes depuis son témoignage percutant du 18 novembre.

Ce jour-là, M. Colvin avait expliqué qu'au cours de son séjour de 18 mois en Afghanistan, en 2006-2007, il avait prévenu les autorités canadiennes à maintes reprises des risques de torture encourus par les prisonniers remis aux autorités afghanes par les Forces canadiennes.

Dans sa lettre, M. Colvin réfute en fait 17 affirmations visant à le discréditer qui ont été avancées dans la foulée de son témoignage. Il nomme les rapports qui prouvent ses dires et les cite même à plusieurs reprises.

La lettre intégrale de Richard Colvin (Nouvelle fenêtre)

Le diplomate, aujourd'hui en poste à Washington, réaffirme notamment que les autorités canadiennes ont été prévenues du risque, contredit les affirmations selon lesquelles les allégations de torture étaient peu crédibles et réitère que le gouvernement a tardé à agir dans ce dossier.

Malgré le témoignage de M. Colvin, le gouvernement Harper a maintenu qu'il n'avait pas eu d'informations crédibles au sujet de ces cas de tortures. Les hauts responsables de l'armée de l'époque, dont le chef d'état-major Rick Hillier, ont aussi affirmé dans leur témoignage qu'ils n'ont jamais eu aucune information à ce sujet.

Le successeur du général Hillier, le général Walter Natynczyk, a depuis reconnu qu'au moins un prisonnier remis aux Afghans par l'armée canadienne a été torturé. Il a admis que l'individu en question a été photographié avant d'être transféré, pour que l'armée détienne une preuve qu'il a été torturé si cela devait s'avérer.

La convention de Genève stipule qu'il est interdit de transférer un prisonnier s'il court le risque d'être torturé. Agir de la sorte constitue un crime de guerre.

Dans une entrevue à la télévision de Radio-Canada, le député bloquiste Claude Bachand a sommé le gouvernement de cesser d'entraver les travaux du comité parlementaire sur l'Afghanistan.

L'opposition accuse les membres conservateurs du comité d'avoir forcé la suspension de ses travaux en ne se présentant pas, empêchant l'atteinte du quorum nécessaire à son fonctionnement.

Le président du caucus conservateur au Québec, Steven Blaney, accuse pour sa part l'opposition de chercher à ternir la réputation des militaires. Il estime par ailleurs que la lettre de Richard Colvin n'apporte rien de neuf.

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