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Démission en bloc de 20 médecins

Centre hospitalier régional de Sept-Îles

Le Centre hospitalier régional de Sept-Îles

Radio-Canada

Une vingtaine de médecins du Centre hospitalier de Sept-Îles remettent leur démission pour protester contre la réalisation d'un projet de mine d'uranium sur la Côte-Nord.

Un groupe de 20 médecins du Centre hospitalier de Sept-Îles ont remis leur démission. Ils ont aussi annoncé qu'ils quitteront la région. Certains d'entre eux ont même l'intention de quitter la province.

Dans une lettre adressée au ministre de la Santé, Yves Bolduc, les médecins indiquent qu'ils ont pris cette décision pour protester contre la réalisation d'un projet de mine d'uranium sur la Côte-Nord.

Ces médecins s'opposent depuis plusieurs mois à l'exploration d'uranium au nord de Sept-Îles, mais le ministre des Mines, Serge Simard, n'a pas acquiescé à leur demande d'imposer un moratoire sur tous les projets d'exploration et d'exploitation des gisements d'uranium au Québec.

La nouvelle Loi sur les mines prévoit qu'une région pourrait se soustraire à de nouveaux projets d'exploration d'uranium, mais les entreprises détenant déjà des droits sur des sites pourront continuer leurs activités.

La position du gouvernement est inacceptable pour des médecins de Sept-Îles. Ils craignent pour la santé de la population et pour leur santé personnelle. Ils déplorent l'effet qu'aura leur départ sur le système de santé de la région et sur les effectifs médicaux restants.

Toutefois, ils considèrent qu'il serait contraire à leur code de déontologie de ne pas en avertir les autorités compétentes. Ils se disent conscients que ce premier départ massif entraînera d'autres départs et nuira à tout recrutement futur.

Le pneumologue et porte-parole du groupe de médecins, Bruno Imbeault, invite aussi la population à se manifester pour obtenir le moratoire.

Projet au lac Kachiwiss

Dans la région, l'entreprise Terra Ventures détient une propriété d'uranium au lac Kachiwiss, au nord de Sept-Îles. Des forages effectués en 2008 confirment la présence d'oxyde d'uranium à faible teneur au lac Kachiwiss, au nord de Sept-Îles. Le gisement à faible teneur s'étendrait sur près de 3 kilomètres carrés. Terra Ventures prétend que le site du lac Kachiwiss s'apparente au gisement Rossing d'où Rio Tinto puise 7 % de l'uranium mondial.

Les médecins, dont 12 spécialistes et 8 généralistes, ne précisent pas quand ils ont l'intention de mettre en branle leur décision. Le centre hospitalier de Sept-Îles compte 56 médecins, dont 33 médecins spécialistes.

Les élus sous le choc

Cette décision des médecins du Centre hospitalier de Sept-Îles préoccupe les élus. Le responsable du dossier de l'environnement au conseil municipal, Gervais Gagné, demande à la Ville de convoquer une rencontre avec les médecins et la direction de l'hôpital. Selon lui, la décision des médecins soulèvera des inquiétudes au sein de la population.

La députée de Duplessis, Lorraine Richard, est sous le choc et a fait part de son indignation à l'Assemblée nationale, vendredi matin. Selon elle, le départ de ces médecins est une catastrophe pour le système de santé de Sept-Îles. Elle ne comprend pas pourquoi le ministère de l'Environnement délivre des permis d'exploration d'uranium même si la population se dit clairement contre l'implantation éventuelle d'une mine d'uranium dans la région.

Elle ajoute que l'exploration d'uranium se fait à proximité du lac qui fournit l'eau potable à la ville de Sept-Îles.

Le ministre de la Santé Yves Bolduc appelle au calme.

Il estime qu'il est prématuré pour les médecins de démissionner. Il rappelle que la Direction de la santé publique a déjà indiqué qu'il n'y avait pas de danger au stade de l'exploration.

La ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau a, de son côté, réitéré la position du gouvernement en affirmant qu'il n'est pas question de décréter un moratoire.

Le Collège des médecins brandit des sanctions

Le président du Collège des médecins, le Dr Yves Lamontagne, est estomaqué par la menace de démission des 20 médecins du Centre hospitalier de Sept-Îles. La décision du groupe contrevient entre autres à l'article 13 du Code de déontologie des médecins qui interdit à ceux-ci de mener une action concertée pouvant mettre en danger la sécurité de la population.

Le Dr Lamontagne précise que le service des enquêtes du Collège des médecins suit l'évolution du dossier, et que l'exécution d'une telle menace pourrait mener à des sanctions.

« On a interprété ça un peu comme un coup d'éclat qu'on veut faire pour vraiment choquer un peu, si vous voulez, l'opinion publique. Si c'est le cas, bien c'est réussi. Si ça va plus loin, je pense que le Collège va être obligé de prendre des mesures », affirme-t-il.

En vertu du Code de déontologie des médecins du Québec, si les 20 médecins veulent remettre leur démission, ils doivent en aviser la direction de l'hôpital 60 jours à l'avance.

Selon l'Organisation mondiale de la santé  (Nouvelle fenêtre)(OMS), le radon est un gaz naturel inerte et radioactif, dépourvu d'odeur, de couleur ou de goût. Il est issu de la désintégration radioactive naturelle de l'uranium, que l'on trouve dans les roches et dans les sols. On peut également trouver du radon dans l'eau.

Le radon serait la principale cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Présent dans l'air libre, il peut s'avérer dangereux s'il s'accumule dans une habitation.

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