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Lindhout sauvée par une firme privée

Radio-Canada

La journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan ont été libérés des griffes de leurs ravisseurs somaliens grâce au travail de la firme britannique AKE, dont les services ont été retenus et payés par les familles des victimes.

Les circonstances exactes entourant la libération de la journaliste canadienne Amanda Lindhout et du photographe australien Nigel Brennan demeurent nébuleuses, mais les informations publiées par les médias australiens et canadiens révèlent que le dénouement heureux de cette histoire est le résultat des efforts déployés par les familles plutôt que par les gouvernements.

Amanda Lindhout en Somalie avant son enlèvementAmanda Lindhout en Somalie avant son enlèvement Photo : Presse canadienne

Mme Lindhout et M. Brennan sont actuellement soignés à l'hôpital Aga Khan de Nairobi, au Kenya. Ils ont été transportés à cet endroit après avoir été libérés mercredi à Mogadiscio, après 15 mois de captivité dans des conditions très difficiles. Ils avaient été enlevés le 23 août 2008, alors qu'ils tentaient de réaliser un reportage sur les camps de déplacés somaliens.

« Leur condition n'est pas bonne », a déclaré à CanWest News Service un porte-parole d'une association de défense des journalistes somaliens, Daud Abdi Daud Dhimbil. « Ils ont besoin de se reposer et de recevoir de l'aide médicale. Ils ont été torturés et battus », poursuit-il. En entrevue au réseau CTV mercredi, Mme Lindhout a elle-même dit avoir été torturée.

Il appert maintenant que cette libération a été essentiellement obtenue grâce au travail de la firme de sécurité privée AKE. La société britannique a été embauchée par la famille de M. Brennan, grâce entre autres au soutien financier de la famille de Mme Lindhout et de mécènes australiens, après que les gouvernements des deux pays se soient pratiquement retirés du dossier.

Nul ne connaît le montant de la rançon versée pour obtenir la libération des deux reporters. Selon diverses déclarations, il semble que la somme se situe entre 500 000 $ et 1 000 000 $. Associated Press a cité deux sources selon lesquelles leur libération a été obtenue pour 700 000 $. L'argent aurait d'ailleurs été le seul motif des ravisseurs.

Les familles embauchent un négociateur

Selon la chaîne publique australienne ABC News, la famille de M. Brennan a décidé de prendre les choses en main après que le photographe eut appelé son frère en Australie, au mois de juillet. Il lui aurait décrit ses conditions de détention très difficiles et aurait laissé planer le spectre de son assassinat si les ravisseurs ne recevaient pas la rançon convoitée.

C'est à ce moment que la famille Brennan a contacté la famille de Mme Lindhout, qui réside à Sylvan Lake, en Alberta. Les deux familles se seraient entendues pour embaucher un négociateur privé, payé 3000 $ la journée. Les deux familles ont ensuite fait des pieds et des mains pour récolter de l'argent, celle de Mme Lindhout réhypothéquant sa maison, celle de M. Brennan organisant diverses collectes de fonds.

Malgré ces initiatives personnelles, l'argent s'est mis à manquer cet automne. La famille Brennan a alors réussi à convaincre deux mécènes australiens de verser de l'argent, soit le millionnaire australien Dick Smith et le chef du Parti vert australien, Bob Brown. La somme recueilli a permis d'assurer la poursuite des efforts de la firme AKE.

Selon le quotidien australien The Age, un groupe de trois hommes du groupe AKE a travaillé pendant 120 jours sur le dossier. Le groupe aurait été dirigé par un ancien agent de la CIA, John Chase, qui aurait eu l'aide d'un ex-agent des forces spéciales néo-zélandaises Shaun Howell. Le Globe and Mail a aussi révélé cette semaine que le chef de la société de gestion des risques de Calgary, Daniel Clayton, a joué un rôle dans cette affaire.

Le quotidien torontois soutient que les négociations avec les ravisseurs ont été facilitées par quatre parlementaires du clan Dudule, dont ils sont issus. Le premier ministre somalien Ali Sharmarke, qui a la citoyenneté canadienne, a pour sa part déclaré au Toronto Star que les négociations ont impliqué des chefs tribaux, des hommes d'affaires et des proches des ravisseurs.

Le Star a également parlé au ministre somalien de la Sécurité nationale, qui affirme que les négociations ont été très ardues, les ravisseurs maintenant longtemps une demande de rançon beaucoup plus élevée. Des sources font état de demandes allant de 1,5 à 2,5 millions de dollars.

Avec les informations de The Globe and Mail, Toronto Star, The Age, ABC News, et CanWest News Service