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La Déportation vue par un soldat

Déportation des Acadiens
Le journal du milicien Jeremiah Bancroft
Radio-Canada

La découverte du journal personnel d'un milicien de l'armée britannique qui avait exécuté l'ordre de déportation en 1755 jette une nouvelle perspective sur cette tragédie.

Un document unique sur la déportation des Acadiens de Grand-Pré, en Nouvelle-Écosse, a été dévoilé jeudi à l'University St. Mary's, à Halifax. Il s'agit d'une copie du journal personnel de Jeremiah Bancroft, un soldat du Massachusetts qui a exécuté l'ordre de déportation en 1755.

Ce document de 9 pages donne un visage humain à ceux qui ont été longtemps considérés comme les tortionnaires des Acadiens. Ces pages montrent aussi quelles ont été les souffrances des Acadiens lors de cette déportation.

À cette époque, le Massachusetts faisait toujours partie de l'Empire britannique. Jeremiah Bancroft écrit avoir vu en 1755 la peur, la honte, la confusion et la colère des futurs déportés. Le soldat raconte aussi sa peur des Autochtones, son travail quotidien et les problèmes de conscience qu'il éprouvait.

Victor Tétrault, directeur général de la Société de promotion Grand-Pré, explique que le soldat Bancroft était simplement là pour faire son travail. « Puis, il est arrivé là comme une personne humaine. N'oublions pas que ce sont des miliciens, ces gens-là. La milice, ce sont des gens qui ont quitté leurs terres. C'étaient des fermiers, du monde qui vivaient comme les Acadiens vivaient sur leurs terres », explique M. Tétrault.

Earle Lockerby, un historien amateur, a découvert cette copie. Le manuscrit original est introuvable à ce jour. Ce document apporte une perspective différente de la déportation des Acadiens de Grand-Pré, selon l'archéologue de l'Université St. Mary's, Jonathan Fowler.

L'Acadien Neil LeBlanc, consul du Canada à Boston, au Massachusetts, a changé sa perception de la déportation de ses ancêtres. Avant, dit-il, il a toujours pensé que les Anglais s'acharnaient contre les Acadiens. Maintenant, il ne voit plus ces soldats anglais du même oeil.

Le consul Neil LeBlancLe consul Neil LeBlanc

« Ils ont vu que peut-être c'était injuste, mais là, il y avait des ordres qu'ils étaient obligés de suivre. C'est touchant pour moi de voir les résultats, la peine qui était faite aux Acadiens, parce que même il y a une section qui dit qu'il ne pouvait point décrire comment triste il était quand les hommes ont [appris] qu'ils étaient prisonniers et qu'ils avaient perdu tout », affirme Neil LeBlanc.

Le soldat Bancroft parle aussi du viol d'Acadiennes, mais il raconte que des Acadiens ont su se défendre, qu'ils ont blessé des soldats anglais et que dans certains cas, ils ont réussi à échapper à leurs geôliers.

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