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Le journaliste Ben Brik condamné à la prison

Le journaliste Taoufik Ben Brick lors d'une conférence de presse au Parlement européen en 2006
Le journaliste Taoufik Ben Brick lors d'une conférence de presse au Parlement européen en 2006 Photo: AFP / Franck Fife
Radio-Canada

Le journaliste dissident tunisien Taoufik Ben Brik est condamné à six mois de prison ferme. Il est accusé de coups et blessures volontaires, dégradation des biens d'autrui et atteinte aux bonnes moeurs, ce qu'il nie.

Le verdict est tombé. Le journaliste dissident Taoufik Ben Brik a été condamné à six mois de prison ferme, jeudi en Tunisie. Il a été reconnu coupable des délits de coups et blessures volontaires, dégradation des biens d'autrui et atteinte aux bonnes moeurs.

M. Ben Brik était poursuivi à la suite d'une plainte déposée contre lui par une femme qui l'accusait de l'avoir agressée physiquement, en proférant à son égard des propos portant atteinte aux bonnes moeurs et d'avoir délibérément endommagé sa voiture.

Le journaliste a rejeté ces accusations et a affirmé être victime d'une affaire montée de toutes pièces par les autorités en représailles à ses articles virulents contre le régime, publiés dans la presse française, à l'occasion des élections présidentielles qui ont eu lieu en octobre dernier.

Son avocat, Me Trifi, a qualifié de « très sévère » le verdict prononcé contre le journaliste, d'autant, selon lui, qu'il s'agit d'un « procès politique par excellence ».

Il envisage « sûrement » d'interjeter appel après consultation de son client.

« Criminalisation de la dissidence »

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé le verdict, estimant dans un communiqué que M. Ben Brik paie là « le prix de son engagement et de sa liberté de ton ».

« La justice tunisienne vient d'adresser un signal inquiétant aux journalistes tunisiens. Tous ceux qui critiquent le président Ben Ali peuvent se retrouver à la prison [...] aux côtés de Taoufik Ben Brik », souligne RSF, qualifiant cette condamnation de « criminalisation de la dissidence ».

Le journaliste avait été écroué le 29 octobre dernier à la suite de la présentation par la plaignante d'un certificat médical.

Le président Ben Ali n'a pas exclu l'éventualité d'une grâce une fois l'affaire tranchée par la justice, en écho à un appel à la clémence lancé par le président fondateur du Nouvel Observateur, Jean Daniel.

Avec les informations de Associated Press